
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 31/05/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-225658)
Les uretères sectionnés après ouverture de l’abdomen, un cathéter poussé dans la vessie par les voies naturelles et un autre dans la veine jugulaire, puis des agents contractants injectés pour faire se contracter la vessie : l’intervention dure une trentaine de minutes. 600 rats vont être utilisés, tous tués sous anesthésie sans réveil, pour tester des candidats médicaments contre l’hyperactivité vésicale. Le porteur écrit ne connaître ni la nature ni les effets secondaires des molécules confiées par ses clients, ce qui l’empêche d’anticiper les nuisances. Ces procédures sont pourtant déclarées d’un niveau de souffrance léger, seule catégorie renseignée pour les 600 animaux.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet est d’évaluer, chez le rat, l’effet de candidats médicaments, sur l’amplitude des contractions vésicales induites par un agent contractant en dose unique ou en doses croissantes, mais aussi sur l’augmentation de la salivation, effet secondaire observé chez les patients traités par des médicaments contre l’hyperactivité vésicale.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le projet permettra de tester de nouveaux candidats médicaments pour trouver de nouvelles molécules plus efficaces et avec moins d’effets secondaires que les molécules utilisées actuellement pour traiter les patients atteints d’hyperactivité vésicale.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront traités par des candidats médicaments via des gestes classiques (per os, intrapéritonéal, sous-cutané ou autre) ou via l’implantation de cathéter lors de la chirurgie. Ces gestes sont rapides (environ 1 min) et seront réalisés par du personnel compétant pour limiter le stress des animaux et réduire le temps de manipulation. Les animaux seront anesthésiés (sans réveil) et au minimum un cathéter veineux sera implanté dans une veine jugulaire. D’autres cathéters pour administrer les composés à tester pourront être implantés (intragastrique, intrapéritonéale…). Après une laparotomie, les uretères seront sectionnés, un cathéter vésical sera inséré via les voies naturelles et fixé au méat urinaire. Dans son ensemble, la chirurgie durera environ 30 minutes. Ensuite, la vessie sera perfusée avec du liquide physiologique pour atteindre une pression particulière et des agents contractants seront administrés afin de provoquer des contractions vésicales. Les animaux recevront plusieurs séries d’administration de produits contractants pour pouvoir évaluer un effet moyen des candidats médicaments. De plus, de la salive sera récupérée à différents temps à l’aide d’une pipette par exemple (méthode non invasive).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Nous testons des molécules clients dont nous ne connaissons ni la nature ni les effets secondaires possibles, il nous est, pour cette raison, difficile d’anticiper les nuisances pour les animaux dues aux candidats médicaments. Toutefois, des manipulations, administrations répétées (jusqu’à 3 semaines), prélèvements de sang, anesthésies et chirurgie sur les animaux peuvent provoquer du stress et une douleur.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A l’issue de chaque procédure, les animaux seront euthanasiés car ils seront sous anesthésie irréversible sans réveil.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Aujourd’hui il n’existe pas de thérapie pharmacologique efficace pour le traitement de l’hyperactivité vésicale. Actuellement, aucun modèle in silico, in vitro ou ex vivo ne peuvent mimer la pathologie dans son ensemble et dans sa complexité. Ces limitations rendent incontournables le recours à l’expérimentation animale pour tester l’efficacité de nouveaux candidats médicaments.
2. Réduction
Nous avons établi une stratégie d’expérimentation nous permettant dans la mesure du possible, de mesurer la valeur basale de chaque animal (l’animal est son propre contrôle) pour certains paramètres. Ce modèle est déjà établi dans notre laboratoire. De par notre expérience et en accord avec la littérature, un nombre de 12 animaux par groupe est le minimum nécessaire afin d’obtenir des résultats statistiquement différents et interprétables). Nous pensons réaliser 2 études par an pour ce modèle.
3. Raffinement
En accord avec la règle de raffinement, les procédures chirurgicales seront réalisées sous anesthésie générale sans réveil avec maintien de la température corporelle via l’utilisation de plaque chauffante thermo-régulée et l’utilisation d’antalgique pour diminuer la douleur. Dès leur arrivée dans la zone d’exploration fonctionnelle, les animaux seront hébergés dans des conditions définies par la directive européenne 2010/63/UE et auront une phase d’acclimatation de 3-4 jours minimum avant d’être manipulés. Un enrichissement (type tunnel, igloo, aspen brick, nestlet…) sera introduit dans l’hébergement des animaux. L’état des animaux sera suivi quotidiennement par du personnel compétent afin de s’assurer de leur bien-être et de l’absence de point limite à savoir prostration, perte de poids, difficulté à se mouvoir, s’alimenter, boire, piloérection, présence de blessure, … . Si un animal présentait un point limite, il serait isolé dans un premier temps et hydraté et mis en présence de nourriture dans la litière si besoin. Si son état ne s’améliorait pas dans les 72h, les expérimentateurs compétents excluraient l’animal de l’étude et l’euthanasieraient.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Ce modèle est bien décrit chez le rat dans la littérature. Les animaux utilisés seront au moins âgés de 7 à 8 semaines afin d’avoir des animaux sexuellement matures permettant de mimer au mieux les conditions cliniques humaines.