
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 05/08/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-229667)
692 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance léger à modéré, dont 632 tuées à l’issue. Elles subissent une irradiation du cerveau sous anesthésie, une injection de vésicules dans le nez, cinq tests comportementaux que le porteur rattache à la mémoire et à la locomotion sans les nommer, puis un prélèvement de sang et une perfusion intracardiaque. Il attend de l’irradiation une perte de mémoire et un manque de sociabilité, et décrit chez les souris irradiées à 15 Gy des signes d’agressivité, un pelage hérissé et des blessures qui conduisent à une mise à mort. 60 souris seront proposées à l’adoption, celles passées par les tests comportementaux d’après le porteur, les 632 autres étant tuées pour des analyses histologiques ou moléculaires.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’irradiation des tissus cérébraux sains peut entraîner une forte toxicité cérébrale et avoir pour conséquence des altérations neurocognitives sévères, comme observées à la suite des radiothérapies des tumeurs cérébrales. Deux mécanismes expliquent ces effets secondaires : la barrière protectrice du cerveau devient plus perméable, laissant passer des substances toxiques et une inflammation excessive s’installe, aggravant les lésions et perturbant le fonctionnement normal du cerveau. Une piste prometteuse pour moduler la réponse immunitaire induite par les rayonnements consiste à utiliser des vésicules dérivées de cellules souches embryonnaires du mésenchyme (VE-CSM) qui transportent des molécules actives biologiquement. Ces vésicules, capables de franchir la barrière cérébrale, s’administrent simplement de façon ciblée par voie nasale. Elles ont la propriété de bloquer la production de molécules activant l’inflammation, de limiter la suractivation des cellules immunitaires et gliales souvent à l’origine de lésions secondaires.Elles stimulent la régénération des neurones et la réparation des neurones et créent un environnement favorable à la récupération. Les vésicules enrichies en HLA-G, une molécule aux propriétés anti-inflammatoires et immunorégulatrices, offrent un contrôle accru de la réponse immunitaire excessive dans le cerveau et un effet prolongé grâce à une élimination plus lente par le système immunitaire. Des VE-CSM enrichies de molécules qui régulent le système immunitaire ont été démontrées comme possédant des propriétés immunosuppressives plus importantes que les VE-CSM classiques L’objectif de ce projet est d’évaluer l’efficacité de vésicules extracellulaires chargées en HLA-G, mais également de prévenir la dégradation des fonctions cognitives chez les patients irradiés. En agissant tôt sur l’inflammation et la réparation neuronale, ces vésicules pourraient stabiliser les capacités cognitives existantes, réduire le risque de déclin lié aux traitements et améliorer la qualité de vie à long terme, en limitant l’impact des séquelles neurocognitives. En résumé, ces vésicules, surtout lorsqu’elles contiennent HLA-G, ouvrent la voie à une prise en charge plus globale des patients sous radiothérapie : protéger le cerveau, réparer les lésions et préserver les fonctions cognitives.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettrait de développer une nouvelle thérapie non invasive après une exposition aux rayonnements ionisants, accidentelle ou liée à la radiothérapie, afin de réduire les troubles cognitifs, notamment les troubles de l’attention et de la mémoire, et d’améliorer la qualité de vie des patients.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Une irradiation cérébrale sous anesthésie, durée 15 minutes Injection intranasale de vésicules sous anesthésie, durée 15 minutes L’ensemble des tests comportementaux (au nombre de 5) sera réalisé (mémoire, locomotion) une seule fois par souris (2 mois après irradiation), 5-10 minutes par test. Le prélèvement sanguin et la perfusion intracardiaque sous anesthésique, durée 20 minutes
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
1/ irradiation des animaux De façon rare, l’anesthésie peut avoir un effet sur certaines variables physiologiques, entraînant notamment une hypothermie, une hypotension ou une hypoxie. . Un problème d’anesthésie peut entrainer dans de rares cas la perte d’un animal. A plus long terme, les animaux irradiés à 15Gy peuvent présenter des signes d’agressivité (pelage hérissé et signes de blessures). Dans ce cas, les animaux blessés, seront euthanasiés. 2/ Traitement intra-nasal des animaux avec des vésicules extracellulaires Les animaux seront légèrement anesthésiés : il est possible de noter un inconfort qui devra être transitoire (24h) après l’administration. Les effets indésirables observés peuvent être un écoulement nasal important et/ou une tête penchée, difficultés à se déplacer, amaigrissement de l’animal. 3/Analyse du comportement et de la cognition Les signes cliniques attendus dans notre modèle concernent essentiellement une perte de mémoire, un manque de sociabilité associés à un dysfonctionnement cognitif. L’anxiété générée par ce type d’analyse peut entrainer de l’agressivité.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A la fin de la procédure les animaux seront euthanasiés afin de permettre la réaslisation des analyses histologiques (analyses de tissus) ou moléculaires excepté les souris utilisées pour les tests de comportement, ces dernières seront proposées à l’adoption.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’étude de l’impact de l’irradiation sur l’altération de la neurocognitionne peut être abordé dans des modèles in vitro mais uniquement in vivo. . Il n’existe pas d’alternative non animale permettant ce type d’étude.
2. Réduction
Compte tenu de la variabilité des réponses des souris au sein d’un même groupe dans les tests de comportement, nos expériences précédentes (et celles d’autres laboratoires) montrent qu’un nombre de dix animaux par lot est un minimum requis pour assurer des résultats statistiquement significatifs. le nombre d’animaux a été adapté en fonction des besoins nécessaires à chacune des analyses réalisées et afin de permettre d’obtenir des résultats statistiquement significatifs.
3. Raffinement
Les animaux reçoivent un dispositif de nidification périssable chaque semaine au moment du change des cages. Les souris sont irradiées sous anesthésie générale afin de limiter le stress lié au confinement de l’animal dans l’irradiateur. Pour limiter la baisse de la température corporelle sous anesthésie, les animaux seront placés sur une couverture chauffante ou dans une cage elle-même placée sur une plaque chauffante jusqu’au réveil de l’animal. Les animaux sont suivis quotidiennement. Avant les phases de tests de comportement, une phase d’adaptation des souris est effectuée pendant deux semaines. Pendant cette phase d’adaptation, les animaux sont familiarisés à la manipulation quotidiennement par l’expérimentateur dans la pièce où se dérouleront les tests. Des points limites ont été définis à l’aide d’une grille de score permettant d’évaluer régulièrement l’état général et le bien-être des animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous avons décidé de travailler chez la souris pour deux raisons majeures : 1) La souris est une espèce couramment utilisée en recherche fondamentale, qui possède une structure neuro-anatomique comparable à celle du cerveau humain. 2) La souris est une espèce sociale, qui présente notamment des niveaux élevés d’interactions sociales réciproques. Ceci permet d’utiliser des tests de comportement et de mettre en évidence un déficit social radioinduit. 3) Le choix d’animaux adultes permet d’étudier les effets de l’irradiation sur un cerveau mature, correspondant à la situation rencontrée chez l’homme adulte.