Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Toutes mises à mort en fin de procédure pour prélever leur cerveau, 3 520 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, cette version révisée du projet relevant l’effectif. Privées d’abri et de matériel de nid à partir de huit semaines et pendant six à dix semaines, elles reçoivent selon les groupes une hormone de stress dans l’eau de boisson, deux gavages qui exposent à une blessure de l’œsophage, des injections et un antidépresseur, avant une chirurgie sans réveil. Une partie d’entre elles passe des tests comportementaux mesurant l’anxiété, la dépression, l’activité générale et l’anhédonie, de cinq minutes à vingt-quatre heures, jusqu’à deux par jour et parfois répétés à trois semaines d’intervalle, sans que le porteur nomme ces tests. Il écrit que le stress ainsi produit est « nécessaire pour révéler les effets anxiolytiques et antidépresseurs des composés ».

NTS-FR-232549v2
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système nerveux ·
Mots-clés
Neurosciences, Microglie, Dépression, Sérotonine, Récepteur
Souris : 3520

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La dépression et l’anxiété sont les troubles psychiatriques les plus fréquents. Les traitements appartiennent à la famille des inhibiteurs sélectifs de la recapture de sérotonine (ISRS), mais leur efficacité est variable et 1/3 des personnes traitées y sont insensibles pour des raisons encore inconnues. Les ISRS augmentent les concentrations de sérotonine ce qui provoque une diminution de l’anxiété et une augmentation de la neurogenèse adulte chez la souris. Cette neurogenèse adulte est diminuée dans les modèles murins de dépression et elle est nécessaire pour permettre les effets anxiolytiques des ISRS. Les cellules immunitaires du cerveau (microglie) sont impliquées dans la régulation de la neuro-inflammation. Elles peuvent adopter un phénotype pro-inflammatoire en situation de stress ou un phénotype anti-inflammatoire qui favorise la neurogenèse adulte. Toutefois, une persistance de l’état pro-inflammatoire peut se produire, qui pourrait contribuer à la pathophysiologie de la dépression. Corrélativement, il a été montré que des ISRS peuvent réduire l’activation pro-inflammatoire de la microglie, suggérant une régulation de ces cellules par la sérotonine. Ce lien entre neuro-inflammation et dépression oriente la recherche vers des traitements ciblant la microglie et l’inflammation cérébrale, en particulier pour les patients résistants aux antidépresseurs classiques. La modulation de la microglie, sans supprimer son activité essentielle dans l’immunité, pourrait représenter une stratégie pour améliorer les symptômes de la maladie. Dans ce cadre, nous nous intéresserons à des récepteurs de la sérotonine, exprimés par la microglie afin de déterminer s’ils sont nécessaires aux effets des ISRS sur l’anxiété et la neurogenèse adulte. Le cas échéant, nous étudierons les modifications à l’échelle transcriptomique, induites par le traitement antidépresseur selon que l’expression de ces récepteurs est bloquée ou non dans la microglie. MODIFICATION : Les effets chroniques des antidépresseurs ne sont observables que sur des animaux stressés. Pour générer un stress, notre projet teste déjà un protocole de retrait des enrichissements des cages. Nous sollicitons une modification de projet pour ajouter un groupe témoin à ce protocole, tester une seconde méthode de stress, valider ces protocoles dans des tests comportementaux, et évaluer d’autres antidépresseurs. Ceci va augmenter le nombre de souris dans le projet.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet vise à comprendre le rôle de la microglie, et de sa régulation par la sérotonine, dans les effets des antidépresseurs qui modulent les niveaux de sérotonine dans le cerveau. Cette étude permettra de mieux comprendre comment la sérotonine, un neurotransmetteur clé dans la régulation de l’humeur, influence la microglie, et donc d’apporter de nouvelles connaissances sur les interactions neurones – cellules immunitaires dans le cerveau. Elle pourrait également permettre d’identifier, de nouvelles cibles thérapeutiques dans la dépression, notamment pour les patients qui présentent des résistances aux traitements pharmacologiques classiques.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Différentes interventions sont réalisées sur des animaux adultes vigiles (conscients) : – deux gavages oraux à 48h d’intervalle d’un composé pharmacologique pour bloquer l’expression d’un gène dans un type cellulaire spécifique sur des animaux de 4 à 6 semaines L’acte dure moins de 30 secondes. – MODIFICATION : induction d’un stress modéré par le retrait de l’enrichissement des cages (absence d’abri et de matériel pour faire un nid), associé ou non à l’ajout d’une hormone de stress dans le biberon pour une durée totale de 8 à 10 semaines – MODIFICATION : un traitement chronique dans le biberon (antidépresseur, 6 à 8 semaines), ou un traitement aigu via 1 injection intrapéritonéale (antidépresseur, ou anxiolytique). MODIFICATION : Un prélèvement sanguin sur animal vigile sera également réalisé, qui dure une minute. Une partie des animaux effectuera soit un seul, soit plusieurs tests comportementaux (MODIFICATION) : des tests mesurant l’anxiété ou la dépression (entre 5 et 30 min dans des cages inconnues), l’activité générale (de 30 min dans une cage inconnue à 2h dans la cage d’hébergement), l’anhédonie (sur 24h dans la cage d’hébergement). Les tests seront réalisés à raison de 2 maximum par jour avec un intervalle minimum de 2h, et certains seront répétés 2 fois à 3 semaines d’intervalle. L’autre partie des animaux recevra soit une seule injection intrapéritonéale d’un marqueur de division cellulaire (geste durant moins de 20 secondes), soit 2 injections à 2h d’intervalle en alternant les côtés de l’animal pour limiter les douleurs répétées au même site d’injection. Enfin, une chirurgie sans réveil sous anesthésie générale et analgésie sera réalisée en fin de procédures, pendant laquelle un second prélèvement sanguin sera réalisé (MODIFICATION). Ce geste dure moins de 5 minutes.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

L’hébergement sans enrichissement environnemental, MODIFICATION associé ou non à l’administration d’une hormone de stress dans l’eau de boisson MODIFICATION, va provoquer un stress modéré, nécessaire pour révéler les effets anxiolytiques et antidépresseurs des composés pharmacologiques, qui sont donnés en médecine humaine. MODIFICATION : Les tests comportementaux vont provoquer un stress léger à modéré. Lors de l’administration d’un composé pharmacologique par gavage, il y a un stress lié à la contention de l’animal, un risque de blessure au niveau de l’œsophage lors de l’insertion de la sonde de gavage, et un risque mineur de “fausse route”. Le traitement pharmacologique dans l’eau de boisson peut entraîner une baisse de la consommation hydrique. MODIFICATION : Le prélèvement de sang induit une douleur légère et transitoire à l’endroit de la piqûre. L’injection IP peut générer une douleur légère et transitoire au point d’injection, avec un risque de péritonite si l’acte est répété. L’anesthésie peut induire dans de rares cas une hypothermie, une détresse respiratoire voire un arrêt cardiorespiratoire.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Nous devons euthanasier les animaux à l’issue de la procédure pour pouvoir prélever leurs organes (ici, le cerveau) et réaliser des analyses qui sont nécessaires à la compréhension des mécanismes de plasticité cérébrale et du lien entre microglie et effets des antidépresseurs et anxiolytiques.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Ce projet vise à étudier les modifications des cellules microgliales, induites par un traitement antidépresseur, sur la neurogenèse adulte et sur le comportement. De manière à réduire le nombre d’animaux utilisés, leur remplacement par une approche cellulaire est toujours privilégié, comme des cultures primaires de neurones lorsque la question scientifique posée le permet. Nous pourrions envisager de mettre en place des cultures in vitro composées de microglies (cellules immunitaires du cerveau), de neurones sérotoninergiques et de cellules souches neurales (cellules peuvent donner naissance à des nouveaux neurones), afin d’observer l’effet des antidépresseurs sur ces différents types cellulaires, mais cette méthode ne permettrait pas de reproduire la complexité des interactions entre cellules et des circuits impliqués dans les effets des antidépresseurs, surtout au stade adulte. Par ailleurs, l’anxiété est un état qui se mesure par le comportement d’un animal éveillé, qui doit pouvoir bouger ou rester immobile, et se servir de ses sens (odorat, toucher…). Au niveau cérébral, il s’agit d’un phénomène complexe faisant intervenir, via les hormones de stress, plusieurs types de cellules, dont neurones et microglie, mais on ne peut modéliser fidèlement les interactions ni in vitro ni in silico. Le travail sur l’animal éveillé est donc indispensable pour comprendre comment la microglie participe aux effets des antidépresseurs de type ISRS.

2. Réduction

3R / Réduction :

La taille des groupes expérimentaux est optimisée de manière à réduire au maximum le nombre d’animaux utilisés pour le projet, tout en conservant une puissance statistique suffisante pour pouvoir obtenir des résultats reproductibles. Pour l’analyse des résultats, nous utiliserons des tests statistiques adéquats afin de comparer nos différents groupes de génotypes et de traitement. Sur la base de résultats d’expériences et de publications utilisant des techniques similaires, nous pouvons déterminer la taille des groupes. Le nombre d’animaux utilisé pour ce projet est de 3520 (MODIFICATION) sur la durée totale du projet.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Conditions d’hébergement : Dans nos expériences, les enrichissements seront retirés à l’âge de 8 semaines (MODIFICATION) et ce pendant une durée de 6 à 10 semaines selon la procédure (MODIFICATION), pour générer un stress permettant d’obtenir un effet antidépresseur ou anxiolytique des composés pharmacologiques qui font l’objet de notre étude. Procédures : Les expérimentateurs sont sensibilisés à l’importance du bien-être animal, à la fois pour les animaux et pour la qualité des résultats. Les manipulations des animaux sont donc réalisées en limitant au maximum la douleur et/ou le stress en termes de durée et d’intensité. Avant chaque geste, l’état général de l’animal est vérifié afin de s’assurer qu’il est compatible avec la poursuite de l’expérimentation (cf points limites ci-dessous). Les administrations sont effectuées conformément aux bonnes pratiques vétérinaires. (MODIFICATION) Concernant les traitements chroniques (hormone de stress, antidépresseur), nous avons pris l’initiative d’administrer notre traitement dans l’eau de boisson (prise hydrique volontaire de l’animal), au lieu de l’injecter par voie intra-péritonéale, ce qui diminue considérablement la manipulation des animaux et évite les actes douloureux. Concernant la perfusion intracardiaque, les animaux sont injectés avec l’anesthésique et l’analgésique dans une pièce séparée de la salle de perfusion, et apportés dans la salle juste pour la perfusion, après avoir vérifié leur état de sédation par pincement de la patte. Points limites : Le bien-être des animaux sera surveillé régulièrement conformément aux réglementations, et de manière rapprochée pendant le déroulement de la procédure. Des critères d’arrêt sont définis si une souffrance ne peut pas être soulagée. La détection d’une possible souffrance est basée sur un suivi quotidien (posture, aspect du pelage, poids corporel, avant/après intervention), de sorte à administrer un traitement adapté si besoin (nourriture plus appétante, injection de solution saline et/ou glucosée), et à sortir un animal de l’étude en cas d’atteinte des points limites. Notamment, en cas de douleur manifeste ou blessure, persistant 3 jours, les animaux seront euthanasiés pour être utilisés dans les mises au point.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris est un modèle pertinent pour nos études car en tant que mammifère, son système nerveux présente des homologies importantes avec l’homme. En effet, l’organisation des structures cérébrales et des différentes voies qui les connectent sont similaires entre ces 2 espèces. Les voies sérotoninergiques ainsi que les récepteurs à la sérotonine, sont bien décrites chez la souris, et comparables avec ceux décrits chez l’homme. La souris adulte est le modèle standard pour l’évaluation des effets neurobiologiques des antidépresseurs de type ISRS et les paradigmes comportementaux sont validés. Utiliser la souris est essentiel pour garantir la comparabilité et la reproductibilité avec des études effectuées précédemment. De plus, il existe dans cette espèce des lignées modifiées génétiquement, qui permettent d’étudier le rôle de certains gènes et de certaines cellules de manière précise. On peut en effet invalider des gènes précis spécifiquement dans un type cellulaire donné et à un stade ou âge donné. Dans notre étude, les animaux auront un développement normal, puis nous induirons à l’âge de 4 semaines, l’invalidation d’un gène spécifiquement dans la microglie. Cela nous permet d’élever les animaux dans un état où les modifications génétiques sont silencieuses, sans effet, jusqu’au moment de l’expérience. Les animaux seront ensuite traités à partir de 10 semaines avec un antidépresseur, classiquement donné en médecine humaine pour soigner les troubles dépressifs et anxieux.