Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’objectif de ce projet est de mieux comprendre comment se développent certains cancers de la peau appelés carcinomes épidermoïdes cutanés, afin d’identifier de nouvelles possibilités de traitement. Les cellules cancéreuses ont besoin de beaucoup d’énergie et de nutriments pour se multiplier rapidement. Pour y parvenir, elles modifient leur fonctionnement interne et utilisent différemment les ressources disponibles dans l’organisme. Cette capacité d’adaptation leur permet de continuer à croître et parfois de résister aux traitements existants. Notre travail vise à identifier ces mécanismes d’adaptation et à déterminer s’il est possible de les bloquer à l’aide de médicaments ciblant spécifiquement le métabolisme des cellules tumorales.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet permettra de mieux comprendre comment certains cancers de la peau se développent et progressent. En particulier, il vise à étudier la manière dont les cellules cancéreuses produisent et recyclent les éléments indispensables à leur multiplication. Nous testerons différentes stratégies thérapeutiques, administrées seules ou en association, afin d’évaluer leur capacité à freiner la croissance tumorale. Ces essais seront réalisés dans des modèles reproduisant au mieux les conditions réelles d’une tumeur dans l’organisme, incluant son environnement, sa vascularisation et ses interactions avec les tissus voisins. Les résultats attendus permettront d’identifier des approches thérapeutiques potentiellement plus efficaces, en ciblant spécifiquement les mécanismes essentiels à la survie des cellules tumorales. À moyen et long terme, ce projet pourrait contribuer au développement de nouveaux traitements pour les cancers de la peau, avec l’objectif d’améliorer la prise en charge des patients tout en limitant les risques de résistance aux thérapies

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux anesthésiés subiront une greffe de cellules tumorales (1 fois, 5 min,sur 360 animaux), ou de fragments tumoraux humains (1 fois, 15 minutes, sur 370 animaux) . Croissance tumorale sur animaux vigiles par mesure au pied à coulisse , à raison de 1 à 2 fois par semaine en fonction de la croissance tumorale. 1 minute, 8 à 10 fois par animal, 730 animaux. Toutefois, le nombre de mesure ne peut être déterminée avec précision a priori, car elle dépend de variables tels que la prise de greffe, la cinétique de croissance tumorale, l’atteinte d’un volume tumoral suffisant pour la poursuite des expérimentations ou l’atteinte des critères d’arrêt. Suivie de la croissance par imagerie sous anesthesie ,20 minutes par animal, 3 fois sur 240 animaux, et 7 fois sur 120 animaux. Administration des traitements par gavage oral sur animaux vigiles, 40 fois par animal, 1 minute, sur 660 animaux. Avant chaque imagerie, une injection intrapéritonéale sur animal vigile (1 min, 3 fois sur 240 animaux, 7 fois sur 120 animaux. Intervention Chirurgical sur animaux anesthesiés (15 min, 1 fois, 120 animaux).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

L’induction et la manipulation peuvent entraîner un stress léger transitoire. La croissance tumorale peut provoquer une gêne locale en fin d’experimentation. Les traitements administrés quotidiennement par voie oral peuvent induire un stress et comporte dans de trés rares cas un risque d’irritation œsophagienne, de fausse route ou de perte de poids en cas de complication. Les inhibiteurs métaboliques utilisés peuvent entraîner des effets généraux modérés tels qu’une perte de poids, une altération transitoire de l’état général ou des troubles digestifs. À l’issue du traitement, la chirurgie peut entraîner une douleur post-opératoire transitoire ainsi qu’un risque limité d’infection ou de retard de cicatrisation. Les injections peuvent induire une gêne transitoire.Dans de rares cas, la présence de micrométastases non détectées au moment du suivi tumoral ne peut être totalement exclue et pourrait conduire à l’apparition secondaire de foyers tumoraux

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Mise à mort pour analyse post mortem des tumeurs.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Des approches in vitro ont été utilisées en amont du projet afin d’identifier et de caractériser les cibles métaboliques étudiées, ainsi que pour évaluer l’efficacité des inhibiteurs seuls ou en combinaison sur la prolifération et la viabilité cellulaire. Cependant, ces modèles ne permettent pas de reproduire la complexité d’un organisme entier, notamment les interactions avec le microenvironnement tumoral, la vascularisation, la biodistribution des molécules, la pharmacocinétique. À ce jour, aucun modèle alternatif in vitro ou ex vivo ne permet d’évaluer de manière intégrée l’efficacité antitumorale, la tolérance et la dynamique de progression tumorale ou métastatique. Le recours aux modèles de xénogreffes constitue donc une étape indispensable pour valider in vivo les stratégies thérapeutiques proposées.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux à été determiné en utilisant un test de puissance et des tests statistiques seront utilisés post expérimentation pour évaluer la significativité des résultats.L’approche expérimentale est séquentielle. Les premières études seront réalisées sur les lignées cellulaires avec un ou deux inhibiteurs. Le recours aux xénogreffes dérivées de patients et à l’ajout d’un troisième inhibiteur ne sera envisagé qu’en cas de résultats antitumoraux significatifs. Cette approche permet de limiter l’utilisation d’animaux supplémentaires si les premières combinaisons s’avèrent inefficaces. Le suivi longitudinal par mesures répétées et par imagerie bioluminescente permet de diminuer le nombre d ‘animaux par groupe.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Toutes les manipulations invasives seront réalisées sous anesthésie générale à l’isoflurane. Les animaux seront installés sur tapis chauffant thermostatable pendant toute la durée des procédures et jusqu’au réveil complet afin de prévenir l’hypothermie. Une analgésie préventive sera administrée avant toute intervention chirurgicale. L’imagerie par bioluminescence seront réalisées sous anesthésie et espacées dans le temps afin de limiter le stress lié aux manipulations répétées. Des points limites prédéfinis seront appliqués afin d’éviter toute souffrance excessive. En cas d’atteinte d’un point limite, des mesures conservatoires seront immédiatement mises en place. Un arbre décisionnel interne sera appliqué par le personnel formé, permettant de décider de la poursuite, de l’adaptation du traitement ou de l’euthanasie en fonction de l’évaluation clinique quotidienne. L’ensemble des procédures est conçu conformément aux principes de raffinement et aux bonnes pratiques de bien-être animal, afin de limiter au maximum la douleur, le stress et l’inconfort.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris (Mus musculus) est le modèle le plus approprié pour ce projet pour plusieurs raisons : La souris permet de recréer un environnement physiologique proche de celui des mammifères, notamment en termes d’absorption digestive, de métabolisme des médicaments, ainsi que de la manière dont les médicaments sont absorbés, circulent dans l’organisme, sont transformés puis éliminés. Elle permet également de reproduire le microenvironnement tumoral. De plus, la greffe de cellules tumorales humaines nécessite l’utilisation d’animaux immunodéficients. Les souris seront incluses dans les protocoles expérimentaux à l’âge de 8 à 10 semaines, soit l’équivalent de l’âge adulte chez la souris, afin que l’étude reflète au mieux le développement et le traitement du cancer chez l’adulte