Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Il s’agit de trouver la dose à partir de laquelle un additif alimentaire destiné à réduire le méthane des ruminants devient toxique. 24 brebis vont être utilisées pour cela, dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance légers à modérés. Elles reçoivent des doses croissantes, au moins deux fois la dose commerciale, logées onze jours en case individuelle, avec quatre prises de sang à la jugulaire sur animal vigile. Le porteur admet que ces doses peuvent provoquer une baisse d’ingestion, une perte de poids, des troubles digestifs et des atteintes du foie et des reins, et toutes les brebis sont tuées à la fin pour prélever leur rumen, leur caillette, leur foie et leurs reins.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La production de méthane entérique par les ruminants est une problématique environnementale croissante au niveau mondial. Ainsi, des solutions nutritionnelles (mélange d’ingrédients d’origine naturelle autorisés en alimentation animale) ont été développées afin de limiter cette production. Après validation par des études in vitro de ces solutions nutritionnelles, la validation in vivo de la tolérance des animaux aux produits est nécessaire. L’objectif de ce projet est d’ : 1. Evaluer la tolérance des animaux face à l’élévation de la dose supplémentée d’une solution nutritionnelle. 2. Observer les effets indésirables éventuels et déterminer la dose maximale tolérable. Ce projet servira d’étape préliminaire afin d’assurer la sécurité des solutions nutritionnelles en vue de leur utilisation à grande échelle.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Cette étude permettra de déterminer la dose maximale de la solution nutritionnelle supplémentée tolérable par les petits ruminants afin de déterminer les doses testables sur un plus grand nombre d’animaux sans effet délétère sur leur santé.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Une prise de sang aura lieu 24h, 7 jours et 14 jours après le démarrage de la supplémentation avant la prise alimentaire, sur chaque brebis, ainsi qu’une prise de sang avant l’administration des produits. Ces prises de sang seront réalisées sur animaux vigiles à la veine jugulaire. Chaque prise de sang aura une durée inférieure ou égale à 5 minutes.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les prélèvements sanguins peuvent induire un stress lors de la manipulation des animaux ainsi qu’une douleur transitoire au moment de l’introduction de l’aiguille. Un hématome et/ou une inflammation locale peuvent apparaitre à la suite du prélèvement. La période durant laquelle les animaux sont en case individuelle peut entrainer un stress. Les doses supérieures à la dose commerciale peuvent entrainer une baisse d’ingestion, une perte de poids, des problèmes digestifs et avoir des conséquences sur certains organes dont le foie et les reins.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux seront euthanasiés à la fin de la procédure en vue de réaliser des prélèvements de tissus.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Des tests in vitro ont préalablement été réalisés pour déterminer quels ingrédients ou combinaisons d’ingrédients avaient un effet significatif sur les gaz émis et sur la production d’acides gras volatils. Cependant, l’effet de l’élévation de l’apport journalier d’une solution nutritionnelle sur les organes vitaux et le comportement des animaux ne peut pas être évalué à l’aide de méthode in vitro. L’intérêt de cette étude repose sur les biomarqueurs sanguins en lien avec les systèmes immunitaires, la santé hépatique et rénale et des prélèvements de tissus cibles (rumen, caillette, foie et reins), ce qui n’est pas mesurable autrement que directement sur l’animal.

2. Réduction

3R / Réduction :

L’objectif de cet essai est d’évaluer si l’augmentation de l’apport d’une solution nutritionnelle est tolérée par les animaux. Deux essais (12 animaux par essai donc un total de 24 animaux) seront réalisés dans le cadre de ce projet (répétition de l’unique procédure de ce projet). Dans chaque essai, nous considérons qu’un minimum de 3 animaux par groupe est suffisant pour avoir une réponse sur la tolérance de la solution nutritionnelle supplémentée. L’objectif de cette étude étant d’observer si la solution nutritionnelle apportée à forte dose (à au moins 2 fois la dose recommandée) provoque une élévation des paramètres biologiques en lien avec le fonction du foie, des reins et du système immunitaire au-delà ou en dessous des seuils normalement observés pour l’espèce étudiée (ovins), le nombre de 3 animaux par traitement est suffisant afin d’observer ces variations. Toute valeur en dehors des plages normales pour les paramètres biologiques étudiées montera l’effet délétère de la dose sur l’animal.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

La salle hébergeant les cases individuelles est équipée d’un système permettant la diffusion de musique (douce), comme enrichissement auditif et limitation des potentiels stress induits par les bruits extérieurs. Une brosse sera installée par case. Pendant la procédure expérimentale, les animaux seront logées dans des cases individuelles de 3,8 m2 à parois ajourées et sur litière sciurée, volontairement peu appétente pour limiter les interférences avec la solution nutritionnelle supplémentée. Ces cases permettent une interaction sociale via la vue et le contact physique possibles avec l’animal voisin. Les animaux seront observés et suivis tous les jours par du personnel qualifié. Des points limites spécifiques au projet seront définis et appliqués pendant la durée prévue pour ce projet. Une perte de poids supérieure à 15 % par rapport à la pesée en période d’adaptation, une perte d’appétit prolongée (absence d’alimentation pendant plus de 24 heures), une altération du comportement, des changements de la température corporelle (inférieure à 37°C ou supérieure à 40°C) entraîneront l’exclusion de l’animal de l’expérimentation.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les animaux choisis sont des brebis adultes. L’espèce Ovine est fréquemment utilisée comme modèle pour prédire les effets sur les ruminants (par exemple pour prédire la digestibilité de la matière organique en ruminant). De plus, les comportements alimentaires et la physiologie des ovins est similaire à celle de l’espèce cible (vaches laitières). Les phénomènes physiologiques, biomarqueurs sanguins et prélèvements de tissus (rumen et caillette) que nous souhaitons étudier sont spécifiques aux ruminants. Les brebis de réforme, possèdent une flore microbienne ruminale stable (contrairement à celle d’animaux en croissance), optimisant ainsi la fiabilité des résultats.