Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

1 530 souris immunodéficientes vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent une greffe sous la peau de cellules tumorales de prostate humaine, 180 d’entre elles subissant en outre une castration, avant l’administration répétée de composés de thérapie génique pendant onze semaines et le prélèvement terminal du sang et des tumeurs. Le porteur décrit une technologie « prometteuse » relevant de la médecine de précision, dont les bénéfices pour les patients sont renvoyés au futur, l’étape immédiate étant de mesurer l’efficacité de composés déjà criblés in vitro. Sur le remplacement, il affirme qu’aucune méthode ne peut se substituer à la souris pour cette phase préclinique.

NTS-FR-243088v1
Types de recherche
· Oncologie · Recherche fondamentale · Système endocrinien ·
Mots-clés
Cancerologie, Cancer de la prostate résistant à la castration, Oligonucléotides antisens, Thérapie
Souris : 1530

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le cancer de la prostate est l’un des cancers les plus courants dans les pays développés. Les patients atteints d’un cancer localisé peuvent être traités par chirurgie ou radiothérapie, tandis que la castration est utilisée comme traitement initial pour les patients atteints d’une maladie avancée. Bien que la plupart des patients répondent initialement à cette thérapie hormonale, une résistance peut apparaître dans les deux ans, ce qui signifie que le cancer de la prostate devient résistant à la castration. Les chimiothérapies actuelles ne permettent qu’une survie de 12 à 18 mois, provoquant 9000 décès par an et faisant de ce cancer l’un des plus mortels. Par conséquent, il est nécessaire de développer de nouvelles stratégies thérapeutiques pour les patients atteints de cancer de la prostate résistant à la castration. Une stratégie appelée thérapie d’acides nucléiques ou thérapie génique peut améliorer les traitements actuels en ciblant les gènes actifs après la castration pour retarder ou empêcher l’apparition de la résistance aux traitements. La thérapie génique présente un intérêt thérapeutique pour notre laboratoire. Nous avons développé des composés qui ont été utilisés pour induire la mort des cellules tumorales in vitro et pour réduire la progression tumorale in vivo chez la souris. Notre laboratoire souhaite réaliser des tests précliniques chez la souris afin d’évaluer l’efficacité de nos composés de troisième génération. Les modèles que nous utiliserons sont basés sur la transplantation de cellules de prostate humaines résistantes aux traitements à des souris immunodéficientes, capables de mimer la maladie observée en clinique. Il n’existe actuellement aucune autre méthode satisfaisante qui pourrait se substituer à l’expérimentation animale durant cette étape préclinique.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

La thérapeutique génique est de plus en plus considérée comme une solution prometteuse pour la prise en charge des cancers de la prostate. Elle s’intègre dans la médecine de précision et permet de fabriquer un traitement individualisé en quelques semaines, pour une guérison plus rapide et efficace. Contrairement aux médicaments classiques, qui peuvent prendre jusqu’à dix ans pour être développés et cibler spécifiquement la mutation génétique responsable de la tumeur, la technologie génique agit directement sur des gènes impliqués dans la prolifération tumorale. Notre technologie est conçue pour contourner les principales limites de l’expansion du marché des composés géniques, notamment la faible biodisponibilité, la toxicité et la difficulté à atteindre les tissus cibles. En utilisant des lipides comme vecteurs de délivrance des composés géniques, nous sommes en mesure d’augmenter la stabilité, la solubilité et la spécificité de nos composés. De plus, notre technologie offre également la possibilité de co-délivrer sélectivement des agents diagnostiques ou thérapeutiques, ce qui ouvre de nouvelles perspectives pour la médecine personnalisée. En résumé, notre technologie représentent une avancée majeure dans la lutte contre les cancers de la prostate, en offrant une approche plus ciblée, efficace et personnalisée pour le traitement de cette maladie complexe.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les interventions sont les suivantes : a) Xénogreffe sous-cutanée : Les 1530 animaux de ce projet seront injectés sous-cutanément avec des cellules tumorales prostatiques sous anesthésie. Cette procédure dure environ 3 minutes par animal. b) Castration : Cette procédure concerne un groupe de 180 souris. Elle sera réalisée directement après la xénogreffe pour les animaux concernés, sous anesthésie. La durée maximale de la castration est de 30 minutes par souris. c) Suivi par imagerie : Cette procédure sera effectuée pour un groupe de 180 souris. La fréquence des imageries dépendra de la vitesse de croissance tumorale : une fois par semaine les deux premières semaines, puis une imagerie tous les 15 jours pendant 11 semaines de traitement. Le temps d’imagerie sera adapté à chaque modèle de tumeur. d) Traitement : L’administration des composés thérapeutiques se fera pendant 7 jours consécutifs pour les 450 souris dans la procédure d’évaluation de la spécificité des composés, et 3 fois par semaine pendant 11 semaines pour les 1080 souris dans la procédure d’évaluation de l’efficacité thérapeutique. Nous utiliserons l’injection intrapéritonéale, qui ne durera que quelques secondes par souris et ne nécessitera pas d’anesthésie. À la fin de l’étude, ainsi qu’en cours d’étude si nécessaire en fonction des critères limites, les souris seront euthanasiées et le sang ainsi que les tumeurs de tous les individus seront collectés.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

L’injection de cellules tumorales chez les souris peut causer des effets indésirables tels que des douleurs, une faiblesse générale et une perte de poids. De même, l’injection d’oligonucléotides peut également provoquer des réactions indésirables telles que des inflammations et des douleurs au site d’injection. En outre, la castration peut également avoir des effets négatifs sur le comportement et la santé des souris, tels que des changements hormonaux et des modifications de l’activité locomotrice. Les modalités d’imagerie choisi n’entrainent pas d’algie chez l’animal. Cependant, l’induction anesthésique est une source de stress potentiel avant et pendant l’imagerie et l’acte chirurgical.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

À la fin de l’étude, les souris seront euthanasiées. Le sang et les tumeurs de tous les individus seront collectés pour des analyses post-mortem afin de contrôler la toxicité de nos composés et de valider la spécificité de chaque composé testé.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Afin de vérifier la pertinence des composés développés dans le laboratoire, le premier criblage sera effectué in vitro sur des modèles cellulaires en culture. Seules les composés positives démontrant leur efficacité in vitro seront utilisées dans les études in vivo du présent projet. Cependant, le projet nécessite l’utilisation d’une espèce de la classe des mammifères proche de l’homme pour sa physiologie. La souris immunodéficiente est un modèle de choix puisqu’elle permet le développement et le suivi de lignées tumorales humaines, de mimer la maladie observée en clinique. L’induction des tumeurs par xénogreffes chez la souris est une technique maîtrisée et documentée. Il n’existe actuellement aucune autre méthode satisfaisante qui pourrait se substituer à l’expérimentation animale durant cette étape préclinique.

2. Réduction

3R / Réduction :

Pour chacun des composés, nous nous limiterons au nombre minimum d’animaux tout en restant une statistique fiable permettant de caractériser leur efficacité sur les modèles de xénogreffes de cellules tumorales de cancer de la prostate. Nos approches pour évaluer l’efficacité de chaque composé étudié comprendront des groupes témoins. Afin de réduire au minimum le nombre d’animaux et dès que cela sera possible, ces groupes témoins seront communs à plusieurs tests d’efficacité. Par ailleurs, nous réaliserons des études pilotes sur un petit nombre d’animaux par groupe afin de garantir une bonne tolérance aux molécules et d’adapter les doses à administrer avant de passer aux tests d’évaluation d’efficacité thérapeutique sur un nombre plus important d’animaux.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Nos études in vivo seront réalisées de manière séquentielle pour déterminer l’action des drogues sur le développement tumoral. Des études pilotes seront menées sur un petit nombre d’animaux afin de vérifier leur tolérance aux molécules et d’ajuster les doses à administrer à notre souche de souris. De plus, le suivi du développement tumoral se fera par des mesures cinétiques utilisant des méthodes non invasives sur les animaux. Enfin, nous améliorerons les conditions d’hébergement des animaux en proposant de la litière enrichie (copeaux de bois compactés et/ou coton) et en maintenant les souris en groupe de 4 à 5 individus pour éviter le stress lié à l’isolement. Les souris seront hébergées dans des cages ventilées, dans une pièce avec des cycles de lumière obscurité de 12 heures, où la température et l’hygrométrie seront constamment contrôlées. Elles auront un accès libre à la nourriture et à l’eau. Le bien-être des animaux sera surveillé quotidiennement par du personnel qualifié, ce qui nous permettra d’intervenir rapidement dès le moindre signe de souffrance. Pour minimiser la souffrance et le stress des animaux, les manipulations pourront être effectuées sous anesthésie gazeuse pour un endormissement et un réveil rapides, et une analgésie sera administrée en cas de signes de douleur. Tout signe ou comportement anormal tels que des difficultés respiratoires, une souris prostrée ou en retrait, ou une perte de poids supérieure à 20% du poids initial des animaux entraînera la fin de l’expérimentation et leur euthanasie immédiate afin d’éviter toute souffrance.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le projet nécessite l’utilisation d’une espèce de la classe des mammifères proche de l’homme pour sa physiologie (ici le cancer de la prostate). Sur cette base, en adéquation avec nos objectifs, le modèle murin apparaît le plus pertinent. La xénogreffe désigne la transplantation d’un greffon d’un individu ou d’une lignée d’une espèce donnée chez un individu hôte d’une espèce différente. L’accessibilité à des lignées murines immunodéficientes constitue un avantage déterminant pour le développement de nos approches. En effet, un contexte immunitaire permissif est essentiel pour favoriser la prise tumorale et éviter la réaction de l’hôte vis-à-vis du greffon. Pour la réalisation de xénogreffes de lignées tumorales humaines, cette espèce constitue le modèle in vivo le plus adapté : la maîtrise zootechnique (élevage/confinement); la praticabilité chirurgicale (technicité, accessibilité du site sous-cutané ou orthotopique); les connaissances actuelles et la diffusion dans le domaine scientifique (littérature, collaborations). Les animaux utilisés dans ce projet sont des souris mâles âgées de 6 semaines qui ont atteint leur maturité sexuelle, afin de garantir la sécrétion d’hormones masculines qui ont une influence sur le développement du cancer de la prostate chez l’homme.