Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Les souris utilisées ne produisent pas de myopalladine, donc naissent avec une force musculaire diminuée, une perte de masse musculaire et des muscles structurellement altérés. 64 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Traitées deux mois au nicotinamide riboside ou au tamoxifène par la boisson ou la nourriture, elles passent un test d’agrippement de trente minutes avant que leurs muscles soient prélevés. Le porteur retient quatre souris par condition et renonce aux tests statistiques, tandis que tous les effets annoncés des deux traitements restent au conditionnel.

NTS-FR-245240v1
Types de recherche
· Recherche appliquée · Troubles musculosquelettiques ·
Mots-clés
myopathie congénitale, myopalladine, traitement, nicotinamide riboside, tamoxifène
Souris : 64

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les myopathies congénitales constituent un groupe hétérogène de troubles neuromusculaires héréditaires dont les symptômes incluent une faiblesse musculaire et des déformations squelettiques, impactant fortement la survie et la qualité de vie des patients. Ces pathologies apparaissent généralement dès la naissance ou durant la petite enfance et sont parfois associées à des atteintes respiratoires et/ou cardiaques. Parmi ces myopathies, la myopathies congénitale liée à un défaut de production de la myopalladine se distingue par sa rareté et est causée par des mutations dans le gène MYPN, qui code pour la myopalladine, une protéine spécifiquement exprimée dans les muscles et essentielle à l’intégrité musculaire grâce à ses interactions avec plusieurs partenaires clés. L’absence totale ou la diminution de la quantité de protéine MYPN fonctionnelle dans le muscle altère l’intégrité du tissu musculaire, conduisant à des atteintes musculaires sévères observées chez les patients. Actuellement, aucun traitement spécifique n’est disponible pour cette pathologie, ce qui justifie l’exploration de nouvelles stratégies thérapeutiques. Dans ce contexte, le projet vise à évaluer les effets du traitement au nicotinamide riboside (NR) et au tamoxifène sur des souris atteintes qui n’expriment pas la MYPN. Nous savons que le poids et la force des souris atteintes sont diminués par rapport aux souris exprimant la MYPN, et leurs muscles présentent des anomalies structurales. Ces traitements ont été sélectionnés sur la base de leur potentiel à améliorer la fonction musculaire montré dans des études précédentes dans d’autres pathologies musculaires. L’objectif est d’évaluer l’impact du NR et du tamoxifène sur différents paramètres : nous évaluerons la force musculaire des souris afin de voir s’il y a une restauration de cette force chez les souris atteintes, nous regarderons si le poids et les muscles des souris sont restaurés. Cette étude préclinique vise ainsi à déterminer si ces approches pharmacologiques permettent d’améliorer la fonction musculaire et de limiter la progression des atteintes myopathiques associées à l’absence de MYPN.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

À court terme, l’administration du NR et du tamoxifène pourrait entraîner une amélioration de la fonction musculaire (notamment de la force musculaire et de l’intégrité de la structure des muscles). Le NR pourrait stimuler le métabolisme énergétique et limiter la fatigabilité musculaire. De son côté, le tamoxifène pourrait améliorer la contractilité musculaire. Ces effets pourraient se traduire rapidement par une restauration du poids des souris, de leur force musculaire et de la structure des muscles des souris atteintes. À long terme, ce projet pourrait démontrer que ces traitements permettent de préserver la fonction musculaire et de ralentir la progression des symptômes liés à l’absence de MYPN. Le NR pourrait limiter l’atrophie musculaire et améliorer la résistance à l’effort. Le tamoxifène, quant à lui, pourrait aider les muscles à se renforcer et à reprendre du volume. Si ces approches montrent un bénéfice préclinique significatif, elles pourraient être considérées pour des essais cliniques, ouvrant ainsi la voie à des traitements pharmacologiques accessibles pour les patients atteints de déficits en MYPN.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Tous les animaux seront traités (ou non) pendant 2 mois (du sevrage à 3 mois), puis seront soumis à une étude de leur force musculaire par un test de force non invasif de très courte durée (30min par souris). Les muscles seront ensuite prélevés pour des analyses plus approfondies de la structure des muscles.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Au cours des tests d’agrippement, les souris pourront subir un léger stress lorsqu’elles seront manipulées hors de leur cage. Concernant les traitements, ils se feront par la boisson ou par la nourriture, donc aucun effet indésirable n’est attendu. En effet, une étude a montré que le NR est stable pendant 6 jours dans l’eau et que sa présence dans l’eau n’affecte pas la consommation d’eau des souris. Concernant la prise de nourriture contenant du tamoxifène, une étude récente ne rapporte pas de réduction significative de la consommation alimentaire, suggérant que le tamoxifène n’altère pas fortement l’appétence de la nourriture lorsqu’il est bien formulé. Dans tous les cas, nous surveillerons les consommations d’eau et de nourriture régulièrement en pesant la boisson et la nourriture chaque semaine, ainsi que les souris.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

A l’issue de chaque procédure, incluant le traitement au nicotinamide riboside ou au tamoxifène ainsi que le test d’agrippement pour évaluer la force musculaire des souris, nous procèderons aux prélèvements des muscles de toutes les souris afin de pouvoir analyser l’intégrité des tissus musculaires.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Les animaux utilisés seront des souris n’exprimant pas la myopalladine et qui présentent des caractéristiques similaires au patients déficients en myopalladine (diminution de la force musculaire, perte de masse musculaire, altération de la structure des muscles). Dans ce projet, le recours au modèle murin est indispensable, car aucun modèle in vitro ou in silico ne permet de reproduire les altérations musculaires liées à l’absence de MYPN de manière physiologiquement pertinente et proche de l’homme dans un contexte physiologique global. Le but final de ce projet étant la potentielle mise en place de ce type de traitement chez l’homme.

2. Réduction

3R / Réduction :

Nous utiliserons un nombre de 4 souris par condition car il s’agit d’une preuve de concept. Des tests statistiques ne seront donc pas réalisés.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux sont dans des cages ventilées dans des zones dont la température et l’hygrométrie sont contrôlées et monitorées. Les souris ont en permanence accès à l’eau et à la nourriture et ne sont jamais isolées, elles restent avec leurs congénères et sont uniquement séparées par sexe afin d’éviter les accouplements non contrôlés. Les souris sont dans un environnement avec un cycle d’éclairage de 12h par jour. Les animaliers sont formés à procéder à l’amélioration des conditions d’hébergement par ajout de papier et d’abris en carton dans les cages. Les animaux sont régulièrement surveillés et manipulés par du personnel qualifié afin de s’habituer à l’homme et éviter tout stress lors des procédures animales. Des points limites appropriés sont également définis pour assurer la détection précoce d’éventuels signes cliniques anormaux et garantir, si nécessaire, l’arrêt anticipé des procédures dans le respect du bien-être animal.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris atteintes présente des similarités cliniques avec les patients avec un déficit en MYPN (diminution de la force musculaire, perte de masse musculaire, altération de la structure des muscles). La courte durée de gestation de la souris est compatible avec la durée de nos expériences, et est particulièrement utile pour les mise en place de traitements car c’est un modèle de petite taille, ce qui est essentiel pour les preuves de concept avant un éventuel passage à une étude pré-clinique chez un modèle animal plus gros comme le chien, puis à une étude clinique chez l’homme. Les traitements au NR ou au tamoxifène commenceront dès le sevrage (vers 4 semaines) et se termineront à l’âge de 3 mois, moment où les souris présentent déjà des faiblesses musculaires et des altérations de la structure des muscles, elles feront alors un test d’agrippement, puis nous procèderons aux prélèvements des muscles pour les analyses de la structure des muscles.