Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Dans le cadre de ses opérations, l’armée française demande à ses nageurs de combat d’effectuer des plongées à l’oxygène pur, or ce gaz lorsque respiré à une pression supérieure à 1.7 atmosphère peut provoquer des crises hyperoxiques susceptibles de compromettre la mission et faisant courir un risque de noyade au plongeur. Les effets neurologiques de l’oxygène hyperbare sont connus depuis la fin du XIX siècle et les travaux de Paul Bert ; ils se traduisent par l’apparition de convulsions similaires à celles observées lors de crises épileptiques. Ces crises, indolores, se résolvent rapidement si la pression d’oxygène est réduite. Elles ont été caractérisées chez l’homme et l’animal (sans que le mécanisme en soit clairement identifié) mais la question de l’acclimatement à de fortes pression d’oxygène reste non étudiée. L‘hypothèse d’un acclimatement à l’oxygène hyperbare a été suggérée dans quelques articles scientifiques sans qu’aucune étude n’ait encore permis de le confirmer. Si elle s’avérait fondée, elle pourrait constituer une avancée pour améliorer la sécurité des nageurs de combat. La présente étude a pour objectif de déterminer, chez le rat, : 1- si un acclimatement à l’oxygène hyperbare est possible et 2- d’étudier les mécanismes physiologiques à l’origine des crises hyperoxiques.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les résultats obtenus permettront de vérifier l’existence d’un acclimatement à l’oxygène hyperbare ainsi que de mieux comprendre les mécanismes physiopathologiques impliqués dans la crise hyperoxique. Ces travaux pourront être bénéfiques pour les forces armées françaises dans le cadre opérationnel de la plongée à l’oxygène pur. Il aura aussi un intérêt en santé humaine dans le cadre de l’oxygénothérapie hyperbare utilisée en clinique humaine. L’oxygénothérapie hyperbare consiste à faire respirer de l’oxygène pur à un patient placé dans une chambre où la pression est supérieure à celle atmosphérique normale (généralement entre 2 et 3 atmosphères). Dans ces conditions il existe un risque de déclenchement de crise hyperoxique chez le patient, or l’oxygénothérapie hyperbare est indiquée dans de nombreuses pathologies. Une meilleure compréhension du déclenchement de la crise hyperoxique permettrait une meilleure prise en charge de ces patients.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les rats seront manipulés une fois pour être anesthésiés/analgésiés (durée 1 min) afin de subir un prélèvement sanguin unique (durée 1 à 2 min). Dans la seconde partie du projet, les animaux seront acclimatés à l’oxygène en étant placés dans le caisson hyperbare pour des durées de 30 à 110 minutes à des pressions partielles d’oxygène comprises entre 0.21 (Pression d’oxygène dans l’air ambiant) et 3.5 atmosphères selon les groupes expérimentaux. Trois groupes de rats seront soumis à une plongée simulée en oxygène pur jusqu’à des pressions de 4, 5 ou 6 atmosphères (selon les groupes). A 14 semaines, tous les animaux seront exposés à une plongée simulée en caisson hyperbare en oxygène pur après 30 min d’acclimatement au caisson.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les effets indésirables attendus sont : (1) : le stress lié à la pesée hebdomadaire (acte de gravité légère, d’une durée de 1-2 min/pesée). (2) : le stress lié à la réalisation des prélèvements sanguins au niveau du sinus rétro-orbitaire (acte de gravité légère, d’une durée estimée à 1-2 minutes, réalisé 1 fois sur l’ensemble du projet à l’âge de 12 semaines) (3) : le stress et l’angoisse liés à la plongée simulée (acte de gravité légère, d’une durée totale maximale de 2h30 correspondant au temps de l’exposition hyperbare) (4) : La désorientation induite par l’apparition de la crise hyperoxique (cette nuisance sera sévère mais brève, moins de 10 minutes, et l’expérience humaine nous apprend que les crises sont indolores et n’induisent pas de lésion neurologique après une seule crise).

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les 82 animaux sont mis à mort à l’issue de la procédure afin de procéder aux prélèvements de sang et de tissus pour les analyses prévues dans le projet.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Notre travail cherche à déterminer s’il existe une possibilité d’acclimatement à la crise hyperoxique hyperbare. Les connaissances actuelles ne nous permettent pas de travailler sur un modèle cellulaire car il n’existe pas encore de biomarqueur fiable permettant de définir une sensibilité à la crise hyperoxique

2. Réduction

3R / Réduction :

Dans un premier temps, l’objectif est de déterminer le couple pression – durée qui sera utilisé par la suite, le nombre d’animaux par groupe a été réduit à 6 animaux par groupe. Ensuite, les comparaisons de sensibilité des animaux (acclimatés ou non acclimatés à l’oxygène) seront effectuées en utilisant des tests statistiques adaptés. Les effectifs nécessaires pour obtenir une puissance statistique suffisante ont été calculés ; 16 animaux par groupe sont nécessaires pour mettre en évidence une différence de résistance de 50 % à la crise hyperoxique (il faudrait 61 animaux pour mettre en évidence une différence de 30 %).

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Tout au long des procédures le remplissage quotidien d’une grille de score et l’identification de points limites prédictifs et spécifiques au projet permettront de satisfaire au bien-être de l’animal. Avant de démarrer le protocole d’exposition hyperbare, les animaux seront maintenus pendant 30 minutes dans le caisson hyperbare afin de les habituer à l’environnement et de réduire le stress. Le protocole utilisé limite au maximum la durée des crises hyperoxiques en décomprimant les animaux dès l’apparition des premiers symptômes.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le rat est un modèle très utilisé pour l’étude des effets de l’oxygène hyperbare. De ce fait, nous disposons d’un certain nombre de données nous permettant de cibler les pressions et temps d’exposition et ainsi de réduire le nombre de groupes utilisés. Nous possédons en outre des données biologiques concernant les effets de l’exposition hyperbare. Cette expertise acquise au cours des projets précédents permettra une meilleure gestion du projet et de ces résultats. Le contexte de cette étude est le maintien opérationnel des nageurs de combat en condition de plongée à l’oxygène pur. Les plongeurs concernés sont de jeunes adultes. Nous souhaitons donc utiliser des animaux mâles au stade de « jeunes adultes », matures sexuellement.