Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Ce projet présente plusieurs objectifs. L’objectif principal est de tester de nouvelles sondes échographiques pour améliorer le diagnostic et/ou traitement des patients souffrant de pathologies du foie. Actuellement, la détection des pathologies du foie (fibroses, cirrhose) se fait tardivement, notamment par une survenue tardive des symptômes cliniques qui conduisent les patients à passer une IRM, avec souvent des temps d’attente long, pour obtenir un diagnostic. L’échographie est un moyen accessible et rapide à mettre en œuvre et pourrait constituer une alternative intéressante au diagnostic des pathologies du foie, qui représentent un enjeu de santé majeur. En effet, les maladies chroniques du foie touchent des centaines de millions de personnes. Parmi elles, la fibrose hépatique, la cirrhose et le carcinome hépatocellulaire (CHC) constituent des stades successifs d’un même continuum pathologique, objet de ce projet.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet permettra d’explorer les mécanismes biologiques précoces de la fibrose et de l’évolution vers la cirrhose et ses complications, en identifiant les signaux échographiques exploitables pour un diagnostic en amont. Il offrira également une base robuste pour évaluer la sensibilité, la spécificité et la fiabilité de nouvelles technologies de détection échographique, afin d’améliorer le diagnostic des patients atteints de pathologies hépatiques, et d’adapter leur prise en charge le plus tôt possible. En effet, la détection tardive des maladies du foie constitue un obstacle majeur à une prise en charge efficace. Il représente ainsi une avancée concrète à la fois pour la recherche, le diagnostic médical et la santé publique.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Un lot d’animaux aura une première chirurgie qui permettra d’induire une maladie du foie sous anesthésie générale. Dans le cas où le développement de cette maladie se ferait correctement, les animaux auront toutes les deux semaines, sous anesthésie générale, un contrôle (biopsies, prise de sang, échographie) permettant de vérifier l’évolution de la maladie et de tester des dispositifs médicaux. Enfin après 8 semaines, les animaux auront une chirurgie finale permettant de tester un autre dispositif dans les conditions cliniques similaires chez l’humain. Un second lot d’animaux aura une chirurgie finale sous anesthésie générale permettant de tester un dispositif de guidage lors d’une résection du foie.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les effets indésirables pour les animaux sans réveil sont liés à l’induction de l’anesthésie : stress à la contention, injection intramusculaire (douleur transitoire au niveau du site d’injection). Les effets indésirables pour le modèle chronique peuvent être en plus de l’induction à l’anesthésie : le réveil qui peut s’accompagner de nausées, désorientation, hypothermie, irritation trachéale. Les effets indésirables liés au développement du modèle peuvent être : une inflammation locale, une diminution transitoire de l’appétit et de l’activité, ainsi qu’un inconfort abdominal (ascite), fièvre, diarrhée, jaunisse.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux sont euthanasiés en fin de procédure pour des analyses macroscopiques des organes ou encore des analyses histologiques. De plus, le modèle ayant pour but de rendre les animaux malades, cela ne serait qu’augmenter leur souffrance inutilement de les maintenir en vie.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Il n’existe pas de modèle alternatif permettant de reproduire les différents stades de pathologies du foie autre que le modèle animal vivant. De plus, l’objectif du projet est de pouvoir tester des dispositifs médicaux permettant de détecter de façon précoce les signes de survenue des différents stades et d’éventuellement les traiter. Le modèle doit donc évoluer de façon à reproduire les pathologies humaines. Seul le modèle animal offre actuellement cette possibilité.

2. Réduction

3R / Réduction :

Des tests préliminaires seront réalisés sur des cadavres de porc, ainsi que des organes explantés, afin de tester l’ergonomie des sondes et identifier les emplacements adéquats au préalable des tests sur modèles vivants. Les animaux ne répondant pas favorablement au traitement d’induction de la pathologie seront réaffectés à une autre partie du projet, réduisant ainsi le nombre total d’animaux utilisés. Le nombre d’animaux donné est un nombre maximal. Dans le cas où la quantité de données est récoltée plus tôt, les animaux ne seront pas tous utilisés. Lorsque cela sera possible, des animaux issus d’autres projets pourront être réutilisés pour celui-ci après une récupération complète validée par la vétérinaire.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Toutes les procédures sont effectuées sous anesthésie générale avec couverture antalgique. Pour le modèle de cirrhose, les animaux seront surveillés très rigoureusement en animalerie afin de ne pas dépasser les points limites déterminés en amont. Les animaux sont surveillés quotidiennement, une grille d’évaluation de l’état de santé de l’animal est établie avec la conduite à tenir. Une vidéosurveillance 24h/24 permet un suivi des comportements en animalerie et une intervention rapide du vétérinaire en cas d’anomalie. Des points limites sont définis pour arrêter la procédure en cas de souffrance. Les porcs sont maintenus en groupe social dans un environnement contrôlé en température et hygrométrie. Ils reçoivent des jouets et dispositifs favorisant leurs comportements naturels comme le fouissage et mâchouillement. Un temps d’acclimatation avec douche tiède, promenade et distribution de récompenses permet l’habituation des animaux à l’homme et aux manipulations. La Structure en charge du bien-être animal accompagne la mise en œuvre des procédures. Avec le vétérinaire désigné, elle conseille les responsables du projet dans l’amélioration de leurs pratiques en faveur du bien-être des animaux et de l’application des 3R. Le protocole pourra être raffiner en fonction des résultats obtenus sur les premiers animaux. Les doses d’agents irritants, pourront par exemple être diminuée dans le cas où le traitement serait trop agressif pour les animaux.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le porc charcutier représente un modèle animal très intéressant pour la mise en place de ce type de modèle car : – Sa taille et son anatomie montre de nombreuses similitudes à celle de l’Homme, ce qui rend les procédures compatibles avec les dispositifs médicaux existant. La vascularisation hépatique et portale est très comparable à celles de l’humain. Un porc charcutier de 3 à 4 mois, qui pèse entre 30 et 50 Kg, nous permet d’avoir un modèle hépatique et vasculaire pertinent pour réaliser différentes interventions dans les mêmes conditions que chez le patient (taille des instruments, volumes des organes, voies d’abord, ergonomie, orientation…) Pour des raisons de poids et de manutentions à la fin de la procédure, les animaux engagés dans la procédure 1 seront de l’ordre de 30 kg à J0. La croissance de jeune porcs charcutiers étant continue et rapide, des animaux trop lourds à J0 ne seraient plus transportable à la fin de la procédure.