Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Le cæcum est ligaturé puis perforé pour déclencher un sepsis, ce qui provoque une douleur abdominale sévère dès le réveil. 2 160 souris vont subir ce protocole, 1 980 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère et 180 un niveau léger, toutes tuées à l’issue pour prélever des tissus. Chaque animal reçoit jusqu’à 28 administrations de composés sur quatorze jours et jusqu’à trois prises de sang sur animal vigile, avant un prélèvement terminal. Le porteur rappelle qu’aucune thérapie nouvelle du sepsis n’a abouti en vingt ans et que le seul médicament autorisé a été retiré en 2011, puis indique que ses clients s’engagent à recourir au modèle animal faute d’autre moyen d’évaluer leurs molécules.

NTS-FR-261817v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système immunitaire ·
Mots-clés
Sepsis, souris
Souris : 2160

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le sepsis est une réponse immunitaire dérégulée à une infection (qu’elle soit d’origine bactérienne, virale, fongique ou parasitaire), entraînant un dysfonctionnement d’organes souvent fatal. Le sepsis s’accompagne d’une production exacerbée de médiateurs inflammatoires. Le choc septique est un sous-ensemble du sepsis dont la mortalité est accrue de manière significative par des anomalies graves de la circulation et/ou du métabolisme cellulaire. Le choc septique comprend une hypotension persistante. Environ 25% des patients qui survivent à un sepsis présentent des altérations cognitives plus de 3 mois après. Le sepsis affecte principalement les individus déjà fragilisés, les nouveau-nés, les femmes enceintes et les personnes âgées, mais peut atteindre des personnes sans affection préalable. Au niveau mondial, on estime à 11 millions le nombre de décès par an des suites d’un sepsis. Les projections dans l’avenir suggèrent un doublement du nombre de cas d’ici cinquante ans, en particulier en raison du vieillissement de la population. La phase préclinique qui consiste à étudier l’action des agents pharmacologiques in vivo chez le rongeur est une étape essentielle dans le développement de nouveaux antibiotiques ou médicaments à visée anti-inflammatoire. Bien qu’ils ne reflètent pas entièrement la complexité clinique, les modèles animaux restent une approche précieuse pour développer de nouvelles stratégies thérapeutiques. Le modèle CLP (« Cecal Ligation and Puncture » Ligature et perforation du caecum) est le modèle le plus largement utilisé pour le sepsis expérimental et est actuellement considéré comme une référence en recherche car il imite la nature et l’évolution du sepsis sévère chez l’homme. L’objectif ici est donc de tester dans ce modèle, chez la souris, de nouvelles molécules thérapeutiques.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les patients atteints de sepsis sont généralement admis en soins intensifs, où ils reçoivent des antibiotiques et les supports nécessaires au maintien des fonctions vitales. Depuis plus de vingt ans, malgré des progrès considérables accomplis dans la compréhension de la physiopathologie associée au sepsis, aucune nouvelle thérapie spécifique au sepsis n’a vu le jour. De très nombreux essais cliniques coûteux se sont achevés par des échecs, et le seul nouveau médicament autorisé spécifiquement dans cette indication a été finalement retiré en 2011, faute d’une démonstration convaincante de son efficacité. Ce projet a pour but de tester de nouveaux médicaments antibiotiques et/ou anti-inflammatoires dans un modèle animal de sepsis afin de proposer aux patients de nouveaux traitements à moyen terme. Nous espérons dans ce nouveau projet pouvoir identifier de nouvelles molécules prometteuses.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux vont être soumis à une chirurgie (15 min/souris), des administrations de composés (maximum 28 administrations/souris, d’une durée de 30 secondes, répété 1-2 fois/jour durant 14 jours) ainsi que maximum 3 prélèvements de sang sur animaux vigiles durant l’étude et un prélèvement terminal sous anesthésie (30 secondes/prélèvement).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

La ligation et perforation du caecum induit une douleur abdominale sévère au réveil qui va conduire à des douleurs inflammatoires aiguës, une diminution de la mobilité et une perte de poids liées au développement de la pathologie. L’administration des traitements n’entrainent qu’un stress léger (quelques secondes) lié à la contention des animaux. Le prélèvement de sang n’induira qu’une douleur légère liée à la piqure de l’aiguille ainsi qu’un stress léger lié à la contention.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Mise à mort de tous les animaux à la fin de la procédure afin de prélever des tissus biologiques permettant de réaliser des analyses pour vérifier l’efficacité des candidats médicament sur la maladie.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Dans ce projet nous mettons en place un modèle de sepsis induit par ligature et la perforation du caecum chez la souris afin de pouvoir tester in vivo l’efficacité de nouvelles thérapies dans le cadre d’une monothérapie/combinaison thérapeutique. Ces nouvelles thérapies sont en premier lieu testées et validées sur des lignées cellulaires in vitro afin de sélectionner les doses à appliquer in vivo pour l’étude d’efficacité. Cependant, les méthodes substitutives à l’expérimentation animale ne peuvent être utilisées ici puisque nous testons des molécules candidat médicament, tests nécessaires avant l’initiation d’une phase clinique. Aucun modèle expérimental in vitro ou aucune modélisation informatique n’est à même de remplacer l’animal entier pour étudier l’efficacité de molécules thérapeutiques et les interactions entre les différents acteurs cellulaires et moléculaires des réponses inflammatoires. Nos clients s’engagent à ce que la toxicité des composés et du véhicule fourni soit validée in vitro sur des modèles pertinents avant leur passage en étude in vivo. Ils s’engagent également à recourir au modèle animal car il n’existe pas d’autre modèle à même d’évaluer l’efficacité de leur molécule.

2. Réduction

3R / Réduction :

Compte tenu de la variabilité intrinsèque du modèle CLP (liée notamment au geste chirurgical et à la réponse individuelle au sepsis) et du risque de pertes expérimentales, une majoration raisonnée de l’effectif (ajout limité d’animaux au nombre théorique obtenu par le calcul de puissance statistique, afin de tenir compte des spécificités du modèle expérimental CLP) a été appliquée afin de garantir une puissance statistique suffisante tout en évitant de répéter l’expérimentation. Ainsi, le nombre total d’animaux par groupe a été fixé à maximum N = 22, ce qui représente le nécessaire pour répondre à l’objectif scientifique de l’étude. Le calcul de puissance a été réalisé sur la base des hypothèses suivantes : risque alpha (α) = 0,05, puissance statistique = 80 %, variabilité estimée à partir de données bibliographiques et/ou de données pilotes obtenues dans le modèle CLP Ce choix permet : d’assurer la robustesse statistique des résultats, de limiter le nombre total d’animaux utilisés, conformément au principe de réduction, d’éviter des études supplémentaires qui augmenteraient l’utilisation globale d’animaux. Les tests statistiques utilisés au cours des études seront : – Kruskal-Wallis non paramétrique suivi par un post-test de comparaisons multiples – 2way ANOVA suivi par un post-test de comparaisons multiples – Gehan-Breslow-Wilcoxon test et/ou Log-Rank

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Des précautions sont prises pour que l’environnement dans les cages n’engendre pas de problème de cicatrisation tout en maintenant le raffinement nécessaire au bien-être des animaux. De plus la litière utilisée suite à la chirurgie est spécifique pour permettre un suivi facilité d’éventuelles complications post opératoire des animaux et ne pas engendrer de risque d’infection. La chirurgie est réalisée sous anesthésie avec une analgésie approprié. La température corporelle sera maintenue constante entre 37 et 38°C par un matelas chauffant. Un suivi et scoring journalier quotidien sera effectué. Des points limites suffisamment prédictifs et spécifiques au projet seront appliqués.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le choix de la souris pour la réalisation des expériences envisagées se justifie par des raisons d’ordre scientifiques, pratiques et éthiques : – Le séquençage complet du génome de la souris, en 2002, a démontré la proximité phylogénétique des souris et des hommes : 99 % des gènes humains ont un équivalent chez la souris, permettant d’élaborer des approches génétiques et fonctionnelles valides. Le domaine de la génétique n’est pas le seul dans lequel le modèle souris se révèle performant : les différents systèmes de son organisme présentent une organisation et une régulation proches de celles de l’homme. – La souris est un animal pour lequel les outils génétiques et les anticorps spécifiques permettant la caractérisation des réponses immunitaires au niveau cellulaire/moléculaire sont les plus développés. Les animaux sont utilisés au stade adulte (minimum 7 semaines) afin de disposer d’un organisme avec un processus de développement terminé et dont le système immunitaire est mature. Les paramètres étudiés étant l’inflammation et son mécanisme, une souris juvénile ou trop âgée induira un biais dans l’expérimentation.