Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

1560 souris immunodéficientes vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Chacune reçoit une injection de cellules de mélanome de l’œil dans le sillon rétro-orbital, 576 d’entre elles subissent trente injections de traitement anticancéreux en dix semaines, et le suivi par imagerie impose jusqu’à vingt anesthésies et vingt injections de luciférine. Le porteur décrit une croissance tumorale pouvant provoquer poils hérissés, dos voûté, perte de poids, prostration et nécroses cutanées, les souris perdant plus de 10 % de leur poids maximal étant mises à mort. Il conclut que ces validations chez la souris sont « indispensables » pour envisager un développement clinique, alors que le projet vise d’abord à construire un modèle de métastases hépatiques qui n’existe pas encore.

NTS-FR-270559v1
Types de recherche
· Oncologie · Recherche fondamentale ·
Mots-clés
Mélanome oculaire, Résistance, Thérapie ciblée
Souris : 1560

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le mélanome oculaire se développe à partir des mélanocytes de l’œil. Il est le cancer primitif intra-oculaire le plus fréquent dans la population adulte. Malgré un traitement réussi des lésions primitives, 50% des patients développent des métastases, dans 90% des cas au foie. Actuellement, un seul traitement permet d’améliorer la survie de 10% des patients avec un mélanome oculaire métastatique hépatique. La majorité des patients reste en impasse thérapeutique. Il faut continuer à comprendre les mécanismes moléculaires impliqués dans la progression de cette tumeur pour identifier des cibles thérapeutiques et des traitements efficaces. Pour ce faire, nous avons réalisé des travaux qui nous ont permis d’identifier de nouveaux candidats cibles intéressants. L’objectif de ce projet est d’une part de développer des modèles précliniques de métastases hépatiques pour identifier les acteurs de la dissémination métastatique au foie dans le but de lutter contre la formation de métastases hépatiques. De nos jours, il n’existe pas de lignées de cellules de mélanome oculaire qui métastasent efficacement dans le foie après injection sous cutanée ou intraveineuse. La seule alternative possible est l’injection dans la rate ou dans le sillon rétro-orbital. D’autre part, l’objectif de ce projet est d’évaluer l’efficacité d’inhibiteurs pharmacologiques pour le traitement du mélanome uvéal métastatique une fois établi pour proposer des solutions plus rationnelles à des patients en échec thérapeutique.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet permettra une validation in vivo des observations faites in vitro, montrant qu’un changement d’expression de gènes candidats est capable de resensibiliser les cellules de mélanome résistantes aux thérapies ciblées. Ces validations sont indispensables pour envisager, in fine, un développement clinique de nos approches thérapeutiques.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

1560 souris seront soumises à une injection de cellules au niveau du sillon retro orbital sous anesthésie gazeuse -durée du geste moins d’une minute pour l’injection et moins de 5 minutes pour l’anesthésie. 576 souris recevront par injection sous-cutanée un traitement anticancéreux 3 fois par semaine jusqu’à 10 semaines maximum après l’injection des cellules -durée du geste moins d’une minute pour l’injection avec au total 30 injections. Le suivi par imagerie nécessite des anesthésies répétées (maximum de 20 anesthésies, durée 15 minutes chacune) et une injection intrapéritonéale de luciférine (maximum de 20 injections, durée du geste moins d’une minute ).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Avant l’arrivée aux points limites adaptés, les animaux pourront subir des nuisances et des effets indésirables auxquels nous serons très attentifs. Ces effets indésirables pourront être causés soit par le phénotype immunodéprimé, soit par l’injection des cellules dans le sillon rétro-orbital, soit par la croissance de la tumeur, soit par l’injection des molécules ou encore les anesthésies répétées. La croissance de la tumeur pourra entrainer des comportements significatifs d’une gêne ou d’une souffrance (poils hérissés, dos voûté, perte de poids, mobilité réduite, prostration), ainsi que des altérations visibles de la peau (nécrose…). L’injection des molécules pourra également entrainer des comportements significatifs d’une gêne ou d’une souffrance et des altérations locales au site d’injection (rougeur, infection, nécrose…).

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

À l’issue de chaque procédure, tous les animaux seront mis à mort afin de récupérer les tissus nécessaires aux analyses in vitro.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

En termes de remplacement, il n’est pas possible de s’affranchir complètement de l’utilisation de souris car il n’existe pas de méthodes alternatives qui permettent la survie de cellules de mélanome uvéal humaine et de travailler de façon intégrée où l’écosystème tumoral est reproduit.

2. Réduction

3R / Réduction :

En termes de réduction, le nombre d’animaux nécessaire à cette étude a été déterminé à l’aide d’un test de puissance statistique. L’utilisation de ces animaux sera optimisée en prélevant les tumeurs/métastases et organes (tels que le foie, la rate, les poumons) pour des analyses histologiques et biochimiques. Dans le meilleur respect du bien-être animal et dans le but de réduire, nous utiliserons des souris immunodéprimées mâles et femelles provenant de notre élevage.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

En termes de raffinement, les souris seront hébergées à plusieurs par cage avec un environnement enrichi et seront observées deux fois par semaine selon la procédure par les demandeurs du projet afin de prendre en charge tout signe de douleur, de stress ou d’inconfort. Une perte de poids supérieure à 10% de la pesée la plus élevée de toutes les pesées (depuis le début de l’expérimentation) entraînera une mise à mort des souris. Si une observation est faite au niveau de l’apparence physique des souris (absence de toilettage, dommages corporels importants, prostration, yeux mi-clos), le comportement des souris (dos vouté, essoufflement), les souris seront mises à mort. Le suivi est fait par imagerie via la mesure de l’intensité de fluorescence et ou de luminescence. Ceci permet: -un suivi non invasif fait sous anesthésie -un suivi du développement tumorale au cours du temps et permet d’agir dès un développement tumorale et donc une prise en charge rapide -un suivi longitudinale précis ce qui permettra de réduire au maximum le nombre d’animaux Le site d’injection (sous cutanée) des drogues sera surveillé. De plus, dans le cas de combinaison de drogues, nous ferons en sorte que les molécules puissent être mélangées afin de les injecter en une seule manipulation (diminution du stress). Des points limites précis sont définis dans chaque procédure. Etant immunodéprimés, les animaux seront dans des conditions d’hébergement stérile.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les connaissances scientifiques actuelles montrent que les modèles de souris sont très largement utilisés pour étudier le développement des cancers et leur évolution en réponse à des molécules. La souris est un mammifère ayant des similitudes génétiques avec l’homme. De plus, elle a un cycle de vie court, un cycle de reproduction bien connu, une faible taille ce qui permet d’avoir des conditions d’hébergement plus faciles. Nous utiliserons des souris immunodéficientes agées de 7 semaines pour une prise tumorale optimale, comme un modèle préclinique qui permet l’étude in vivo de candidats sur la prise tumorale et de tester l’effet de traitements sur la progression des tumeurs humaines.