Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les neurones précérébelleux sont des neurones localisés au niveau du tronc cérébral dans le cerveau. Ces neurones projettent leurs axones dans le cervelet. Les neurones précérébelleux naissent au cours du développement embryonnaire. Tous ces neurones migrent ensuite de différentes façons dans la partie basse de cette structure. Chez l’homme, plusieurs pathologies perturbent la migration des neurones précérébelleux, notamment le syndrome de Joubert et le syndrome HGPPS (associant une paralysie des mouvements oculaires à une scoliose). Les neurones précérébelleux participent au contrôle de la motricité et la planification des mouvements. Des analyses transcriptomiques (analyses sur l’expression des gènes dans différents organes) nous ont permis d’identifier un gène qui est exprimé dans cette population neuronale. L’objectif de notre projet est de caractériser l’implication de ce gène dans le développement et la migration des neurones précérébelleux.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Le syndrome de Joubert a une prévalence d’un cas pour 100000 personnes. Cette étude permettra de mieux comprendre les mécanismes de développement des neurones qui vont former les différentes régions du cerveau et permettra de mieux comprendre le développement de cette maladie.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Une partie des animaux recevra un traitement par gavage (réalisé une seule fois, sur animal vigile, l’acte dure moins de 1 min par animal). L’autre partie des animaux recevra une injection unique (sur animal vigile, l’acte dure moins de 1 min par animal).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les animaux recevront un traitement unique par gavage ou par injection. La contention au moment de sa réalisation peut être source de stress chez les animaux. L’introduction de la canule de gavage peut quelques fois provoquer des microlésions. Lors de l’introduction de la canule, il existe également un risque de fausse route. Pour les animaux qui recevront le traitement par injection intrapéritonéale, l’introduction de l’aiguille peut être source de stress et une légère douleur au moment de l’insertion de l’aiguille peut aussi être ressentie. Un faible risque d’infection existe également lors de l’introduction de l’aiguille.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

L’ensemble des 36 femelles utilisés dans le projet seront euthanasiés afin de prélever les embryons.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Du fait de la complexité de tissus, de la cinétique de développement et de migration de cette population neuronale, il n’est pas possible de modéliser les mécanismes que nous étudions par des modèles in vitro. L’utilisation de l’animal nous est donc indispensable pour étudier de façon complète et précise ces mécanismes développementaux.

2. Réduction

3R / Réduction :

Ce projet impliquera au maximum 36 souris. Le nombre d’animaux utilisés dans ce projet est le minimum requis pour obtenir des résultats statistiquement interprétables et atteindre les objectifs scientifiques de ce projet. Le nombre minimal d’animaux requis a été déterminé par un test de puissance et en fonction de nos expériences précédentes.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux seront hébergés dans des cages de stabulation standard avec enrichissement (bâtons en bois, coton), avec un cycle jour-nuit de 12h. La température des cages (20-24degrés) et l’hygrométrie (45-55 pourcent) sont contrôlées, le cycle jour-nuit est de 12h. Les animaux sont examinés quotidiennement par le personnel qualifié de l’animalerie et/ou les expérimentateurs. Des points limites ont été définis et des étiquettes de surveillance indiquant l’acte subi permettent une surveillance adaptée de l’animal par le personnel qualifié de l’animalerie et/ou l’expérimentateur. Nous les considérons en bonne santé si leur pelage est brillant, et que leur comportement est normal. S’il s’avérait qu’un animal présente des signes de souffrance, il sera immédiatement euthanasié. Les critères sont l’absence de locomotion, le pelage hérissé et/ou terne, présence de comportement d’évitement, prostration, dos vouté, identification d’une grosseur pouvant révéler la présence d’une tumeur.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris présente l’avantage d’être très similaire à l’homme que ce soit anatomiquement, physiologiquement et génétiquement. En effet plus de 98 pourcent de son génome est homologue à celui de l’Homme. Par ailleurs, ce modèle permet la transgénèse et donc de pouvoir étudier in vivo les conséquences de la délétion d’un gène. La souris est un modèle utilisé depuis de très nombreuses années pour l’étude du système nerveux. De ce fait de nombreuses données sont déjà disponibles sur lesquelles notre étude peut se reposer. Les lignées que nous utilisons ont déjà été publiées car utilisées dans d’autres système. Nous utiliserons des animaux matures sexuellement et en âge de reproduction (entre 8 semaines et 6 mois).