
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 20/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-286157)
Trente-cinq administrations et trente-deux pesées par animal, en cage individuelle: 60 souris rendues obèses par un régime dont 60 % des calories viennent des graisses sont utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, toutes tuées à l’issue pour prélèvement d’organes. Les témoins voient leur ration calorique quotidienne strictement alignée sur celle des souris traitées, afin de savoir si la perte de poids obtenue avec le composé X vient de la seule baisse de la prise alimentaire. Le porteur signale que l’obésité elle-même réduit la capacité de mouvement des souris, et que les prélèvements de sang causent des douleurs légères et du stress. L’étude est commandée par un client dont le porteur reprend l’objectif, faire aboutir la mise sur le marché d’une nouvelle molécule anti-obésité.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Depuis 1975, la prévalence de l’obésité mondiale a presque triplé, atteignant plus de 650 millions d’adultes obèses en 2016 selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). L’obésité constitue aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique, pour lequel de nombreuses approches thérapeutiques, interventions chirurgicales et dispositifs médicaux sont en cours de développement ou d’évaluation. Le présent projet s’inscrit dans la continuité d’une étude préliminaire menée par notre client, ayant démontré que le composé X induit, chez la souris rendue obèse par un régime enrichi en graisses, une diminution significative de la prise alimentaire associée à une réduction du poids corporel. Cet effet a été observé dans un contexte d’administration chronique. Afin de préciser la nature des effets observés, notre client souhaite déterminer si la perte de poids induite par le composé X résulte exclusivement de la diminution de la prise alimentaire ou si d’autres mécanismes métaboliques intrinsèques contribuent à cet effet. Pour répondre à cette question, nous avons conçu une étude de type pair-feeding. Le composé X sera administré à un groupe d’animaux afin de caractériser la réduction spontanée de la prise alimentaire induite par le traitement. En parallèle, des groupes témoins recevant le véhicule auront leur ration calorique quotidienne strictement ajustée à celle des animaux traités. Si la perte de poids observée s’avère comparable entre les deux groupes, il sera alors possible de conclure que l’effet du composé X sur le poids corporel est principalement imputable à la seule réduction de la prise alimentaire. En revanche, toute différence supplémentaire en faveur du groupe traité suggérerait l’existence d’un effet métabolique propre, indépendant de la restriction calorique.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet s’inscrit dans le cadre du développement d’un composé anti-obésité visant l’humain. Alors que plusieurs molécules anti-obésité ont été autorisées ces vingt dernières années, un grand nombre d’entre elles se sont vues retirées du marché en raison d’effets secondaires graves. Seules 3 spécialités sont actuellement approuvées en Europe pour des traitements de longue durée du surpoids et de l’obésité, mais leur efficacité s’avère néanmoins très limitée. L’obésité est donc une pathologie présentant un besoin médical important sur le plan thérapeutique. Si l’issue du projet s’avère favorable, le développement dans lequel s’engage notre client pourrait aboutir à la mise sur le marché d’une nouvelle molécule anti-obésité.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis aux interventions suivantes: 1) Manipulations par les expérimentateurs pour des mesures de poids corporel (32 mesures au cours de l’étude ; durée de la mesure : 1 minute); 2) Administration des traitements (35 administrations ; durée de l’administration : 1 minute); 3) Analyse non invasive de composition corporelle (3 mesures ; durée de la mesure: 2 minutes); 4) Prélèvements sanguins (3 prélèvements ; durée du prélèvement : 5 minutes); 5) Anesthésie générale avant mise à mort et prélèvement d’organes (durée : 10 minutes).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les mesures de poids corporel et autres manipulations ainsi que les mesures de composition corporelle pourront être source de stress du fait d’une entrave aux mouvements de courte durée. L’administration des traitements sera source de stress. Par ailleurs les prélèvements sanguins seront source de douleurs légères et de stress. Enfin, le caractère obèse des souris sera source d’inconfort en réduisant légèrement leur capacité de mouvement.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
L’ensemble des animaux sera mis à mort à l’issue de l’étude. Des prélèvements d’organes sont prévus après mise à mort pour analyses ultérieures.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’utilisation d’animaux à des fins scientifiques se justifie ici car il n’existe aucune méthode de substitution n’utilisant pas l’animal de laboratoire et permettant l’étude de l’impact d’un composé sur le poids corporel, la composition corporelle, la prise alimentaire et les autres paramètres altérés dans le cadre des troubles métaboliques. Par ailleurs, l’étude in vivo reste une étape règlementaire incontournable pour la constitution d’un dossier de demande de premières études sur l’homme (passage aux études cliniques).
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisés a été rationalisé à partir de l’expérience acquise par notre laboratoire sur le modèle de souris obèse et l’analyse des paramètres d’intérêt de l’étude. Ainsi, le nombre de 12 animaux par groupe pour les souris obèses a été rationalisé de façon à être en mesure de mettre en évidence une différence statistiquement significative sur les paramètres étudiés.
3. Raffinement
Le protocole a été planifié de façon à limiter au maximum le stress et l’inconfort des animaux sans compromettre les objectifs de l’étude. Les animaux seront hébergés en cages individuelles pour les besoins de l’étude mais les animaux conserveront des contacts olfactifs et visuels. Un enrichissement des cages sera assuré par l’ajout de tunnels, de matériels de nidification et de briquettes en bois spécialement conçues pour le rongeur. Les traitements seront administrés par des expérimentateurs rodés à ce type de pratique. Par ailleurs, une phase d’habituation sera prévue une semaine avant la phase de traitement afin de réduire le stress pouvant être généré par la procédure. Avant la mesure de la composition corporelle, les animaux seront habitués à être installés dans le tube de couleur rouge permettant de réduire le stress des animaux au cours de la mesure. Les animaux seront habitués par deux fois aux systèmes de contention pour les prélèvements sanguins avant de pratiquer ces procédures. Les prélèvements sanguins seront limités au volume minimum nécessaire aux analyses pharmacocinétiques et une crème analgésiante sera appliquée sur la queue 30 minutes avant les prélèvements sanguins. Enfin, un suivi journalier des animaux à l’aide d’une grille de score permettra une action rapide en cas d’atteinte des points limites établis. Ces actions incluent, entre autres, une surveillance renforcée et l’emploi d’anti-douleur en cas de douleur avérée.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle de souris nourris avec une alimentation enrichie en graisses (avec 60% de l’apport calorique provenant des graisses) est un des modèles de souris les plus classiquement utilisés et les mieux documenté dans le cadre d’études précliniques menées dans le contexte des troubles métaboliques. Les animaux seront utilisés au stade adulte de 18 semaines à réception. Le choix de ce stade de développement est guidé par la population humaine ciblée par les composés testés, à savoir une population adulte et tient compte d’une période de 12 semaines de régime enrichi en graisses chez le fournisseur.