Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

150 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chaque animal reçoit cinq injections d’une protéine de microsporidie avec adjuvant de Freund, avant d’être tué par prélèvement cardiaque sous anesthésie pour récupérer tout son sang, afin de produire des anticorps servant à détecter ces parasites dans l’eau ou les aliments. Le porteur signale que l’adjuvant peut provoquer une inflammation au point d’injection et, dans de rares cas, des ulcérations et des abcès. Il affirme qu’aucune méthode alternative n’est « aussi fiable » que la production d’anticorps chez l’animal et écarte les approches in vitro faute de compétences et d’équipement.

NTS-FR-303171v1
Types de recherche
· Autre recherche fondamentale · Oncologie · Recherche fondamentale ·
Mots-clés
anticorps polyclonaux, microsporidies, immunocapture
Souris : 150

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les microsporidies sont des champignons se développant dans les cellules de leur hôte. Chez l’Homme, elles peuvent causer divers syndromes, dont notamment des troubles digestifs responsables de diarrhées aqueuses profuses, qui évolueront vers la chronicité voire la mort chez les sujets ayant un système immunitaire affaibli. La contamination se fait essentiellement par voie orale lors de l’ingestion d’eau ou d’aliments souillés par des microsporidies. Les quantités de microsporidies dans les prélèvements, en particulier environnementaux (aliments, stations d’épuration), sont souvent faibles ce qui est problématique pour les études épidémiologiques. Nous souhaitons développer une méthode d’enrichissement/purification par l’utilisation de billes magnétiques recouvertes d’anticorps dirigés contre des protéines présentes à la surface des microsporidies. Ainsi les anticorps permettront la capture des microsporidies, puis par l’intermédiaire d’un aimant, les billes magnétiques préalablement fixées aux anticorps seront récupérées, permettant ainsi la purification des microsporidies. Pour mener ce projet, nous avons donc besoin de produire des anticorps dirigés contre les microsporidies. Des protéines de surface des microsporidies ont été reproduites en amont, elles seront injectées à des souris, qui vont alors s’immuniser contre ces protéines étrangères. En effet, des anticorps sont produits par le système immunitaire des animaux vertébrés en réponse à l’entrée d’un antigène dans l’organisme de l’animal. Ils sont libérés dans le sang de l’animal à partir duquel ils sont facilement purifiables pour obtenir des anticorps dits polyclonaux, c’est-à-dire un mélange d’anticorps dirigés contre plusieurs fractions de la protéine d’intérêt. La production d’anticorps polyclonaux implique donc l’injection répétée de la protéine d’intérêt à un animal, puis la récupération de la totalité du sang lors du sacrifice de l’animal. Ce projet d’une durée de 5 ans, utilisera un maximum de 150 souris. A notre connaissance, aucune méthode alternative et aussi fiable que la production d’anticorps polyclonaux chez l’animal n’est disponible. Comparés aux anticorps polyclonaux, les anticorps monoclonaux (dirigés contre une seule fraction de la protéine d’intérêt) sont très spécifiques, mais également moins sensibles et ne peuvent donc pas répondre à notre objectif final qui est de capturer dans une matrice complexe des microsporidies présentent en faible quantité.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les anticorps polyclonaux obtenus grâce à ce projet devraient nous permettre d’enrichir et purifier les spores de microsporidies présentes dans différentes matrices. En effet, la charge en microsporidies est souvent très faible. Dans l’exemple d’une station d’épuration, cela permettra de déterminer si les eaux d’entrée et de sortie de station sont positives, et si oui, d’identifier les génotypes présents grâce à des outils de séquençage et d’établir une surveillance de la circulation des microsporidies. Dans l’exemple des aliments, en cas d’épidémie suspectée dans la population, il sera possible de tester différents aliments, pour identifier celui responsable de l’épidémie. Ainsi de nombreuses applications pourront découler de la mise au point de cet outil d’immunocapture.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Manipulation des animaux lors de l’identification par micro-tatouage à la phalange à l’aide d’une seringue hypodermique. Manipulation des animaux lors de l’injection intra-péritonéale : contention et injection. Ces 2 interventions prennent en moyenne moins de 5 minutes par animal. Les animaux seront soumis à 5 injections sur la durée du projet. Manipulation des animaux lors de la mise en boîte à induction pour la réalisation de l’anesthésie gazeuse. Anesthésie gazeuse, puis prélèvement cardiaque sur animaux endormis, avant euthanasie de ces derniers. Ces interventions prennent en moyenne 10 minutes par animal.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Une inflammation liée à l’adjuvant de Freund peut survenir au site d’injection, et des lésions, de type ulcération et abcès, peuvent apparaître dans de très rares cas. Certains animaux peuvent avoir une modification de leur activité, et de leur aspect physique (pelage terne ou hirsute).

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

A l’issue de l’expérimentation, tous les animaux seront euthanasiés afin de récupérer la totalité du sang et donc les anticorps produits.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Pour pouvoir réaliser des expériences d’immunocapture, nous avons besoin de sondes ayant une forte spécificité et une bonne affinité envers nos protéines cibles. Les anticorps permettent de répondre à ces exigences. Nous ciblons des protéines spécifiques des agents pathogènes étudiés pour lesquelles aucun anticorps n’est disponible dans le commerce. Les alternatives non animales seraient de produire des anticorps monoclonaux selon une approche de fabrication d’anticorps synthétiques d’emblée (anticorps sources) par la technique de phage display. Cette technique nécessite un travail secondaire in vitro pour améliorer la spécificité et la sélectivité. Il est aussi à noter qu’il peut être plus difficile d’obtenir des anticorps synthétiques contre des protéines dénaturées, or nos protéines que nous avons produites étant très peu solubles, nous sommes contraints de les extraire en condition dénaturantes. Une autre alternative animale serait la production d’anticorps monoclonaux in vitro, où la production d’anticorps sources se fait par immunisation d’animaux. La sélection des anticorps puis leur production en culture in vitro est une procédure complexe pour laquelle nous n’avons pas les compétences et les équipements. De plus comme précisé précédemment, les anticorps monoclonaux sont peu adaptés pour notre projet. Comparés aux anticorps polyclonaux, les anticorps monoclonaux sont très spécifiques, mais également moins sensibles et ne peuvent donc pas répondre à notre objectif final qui est de capturer dans une matrice complexe des microsporidies présentent en faible quantité.

2. Réduction

3R / Réduction :

Afin de limiter le nombre d’animaux, il est prévu d’immuniser 2 animaux par antigène étudié, ce qui permet d’obtenir un volume de sérum suffisant. Si les sérums des animaux immunisés ne sont pas spécifiques de l’antigène étudié, une purification des immunoglobulines sera réalisée. Une deuxième série d’immunisation contre le même antigène sera envisagée si les anticorps ne détectent pas l’antigène même après purification. Si des anticorps produits chez le 2ème couple d’animaux venaient également à ne pas répondre à l’antigène, l’étude portant sur cet antigène sera définitivement abandonnée. Dans le but de réduire au maximum le nombre d’animaux générés, nous utiliserons autant que possible des animaux sur-numéraires provenant de reproductions issues d’un autre protocole apafis obtenu au laboratoire et ces souris sont de fond génétique C57BL6/J.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Afin de limiter le stress des animaux, ceux-ci seront acclimatés deux semaines dans l’animalerie avant le début des expérimentations. Ils seront hébergés selon les normes en vigueur. Ils seront hébergés par groupe de 4 avec un enrichissement de leur environnement (maison en plastique). Une surveillance des animaux sera réalisée quotidiennement. Les animaux présentant une modification de comportement, d’aspect physique ou de poids seront euthanasiés afin d’éviter toute souffrance, Une liste de points limites sera à vérifier quotidiennement. Les injections seront réalisées alternativement sur les côtés gauche et droit de l’animal afin de limiter l’apparition de lésions au site d’injection.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Deux raisons principales nous ont amenés à choisir la souris pour cette production d’anticorps. 1- les anticorps polyclonaux que nous envisageons de produire seront utilisés exclusivement à des fins de recherche pour des expériences (expériences d’immunolocalisation, d’immunocapture, mise au point d’ELISA) qui nécessitent de faibles volumes d’anticorps ; 2- les antigènes proviennent d’espèces éloignées phylogénétiquement de la souris, ce qui limite les risques de réactions croisées et la non validité des anticorps obtenus. De plus, aucune approche in vitro ne permet de produire des anticorps polyclonaux même s’il est possible en théorie, de créer des préparations « polyclonales » par mélange d’anticorps monoclonaux, eux-mêmes d’origine synthétique, mais ces mélanges (parfois appelés « multiclonaux ») ne reprennent jamais la totalité des performances des anticorps polyclonaux. Nous utiliserons des animaux nés à l’animalerie. A l’âge de 6-8 semaines, la première injection sera réalisée. Ainsi les 4 rappels seront réalisés entre 8-10 et 11-13 semaines. Cela nous permet de travailler sur des souris jeunes adultes qui ont une réponse immune suffisamment développée et qui ne sont pas encore (trop) affectées par des challenges immuns. De plus, la robustesse de la réponse immune diminue avec l’âge après le début de l’âge adulte.