
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 27/04/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-306843)
180 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Elles reçoivent deux injections intrapéritonéales ou deux gavages par jour pendant trois jours, avec des prélèvements sanguins rétro-orbitaires quotidiens sous anesthésie, puis une ponction intracardiaque terminale, pour déterminer la voie d’administration de molécules antifongiques. Le porteur signale un inconfort lié aux injections et un risque hémorragique lors des prélèvements dans l’œil. Il affirme que la diffusion de ces molécules ne peut être étudiée que chez la souris, après des essais préalables sur des larves de papillons.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les infections fongiques invasives sont une cause majeure de morbidité et de mortalité, avec plus de 800 000 décès par an dans le monde. Actuellement, seules quatre classes de médicaments (polyènes, azoles, echinocandines et pyrimidines) sont disponibles pour traiter les candidoses profondes qui sont les infections fongiques invasives les plus fréquentes. Ces médicaments agissent en ciblant la paroi fongique ou la membrane cellulaire, ou en inhibant la synthèse d’acide nucléique. Leur efficacité est limitée en partie par une toxicité importante et le développement de résistances. Ce projet consiste à étudier une stratégie thérapeutique antifongique en se basant sur l’utilisation de composés anticancéreux ou anti-inflammatoires qui ciblent une famille spécifique : les protéines BET. Ce projet consiste à analyser la meilleure voie d’admnistration des iBET humains dans un modèle animal pour ensuite étudier l’efficacité de ces inhibiteurs de protéines BET humains dans la candidose systémique due à des souches fongiques « humanisées ».
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Nous espérons une détection des composés iBET a des taux satisfaisants (autour du mg/L) après administration par voie intrapéritonéale (IP) et/ ou par voie digestive. L’administration IP de ces molécules n’a jamais été évaluée dans la littérature et c’est celle que nous souhaitons privilégier dans l’évaluation ultérieure de l’efficacité antifongique.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Deux injections intrapéritonéales par jour ou 2 gavages gastriques par jour pendant 3 jours. Un prélèvement sanguin par jour pendant 3 jours sous anesthésie gazeuse. Une ponction sanguine intracardiaque après euthanasie. La durée de chaque intervention est : injection intrapéritonéale : 5 sec gavage gastrique : 10 sec prélèvement retro-orbitaire : 1 min Prélèvement intracardiaque : 2 min
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Pas de toxicité attendue de ces molécules qui font l’objet d’essais clinique chez l’homme. Inconfort et douleurs liés à l’injection intrapéritonéale ainsi qu’au gavage gastrique et au prélèvement sanguin qui seront pratiqués après anesthésie gazeuse. Risque d’hémoragie lors du prélèvement sanguin limité par hémostase et alternance des prélèvement sur chaque oeil.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux en fin d’expérimentation seront euthanasiés pour réaliser le prélèvement du volume total sanguin nécessaire aux dosages sériques.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les études réalisées sur la levure Candida albicans suggèrent que la protéine Bdf1 est une bonne cible pour des médicaments antifongiques. L’efficacité thérapeutique de ces nouveaux médicaments antifongiques a été évaluée au préalable sur un modèle de papillons (Galleria mellonella). L’efficacité thérapeutique de ces nouveaux médicaments antifongiques ne peut être finalement confirmée que chez la souris après infection mimant les infections chez l’Homme. La diffusion de ces médicaments après injections intrapéritonéales et après administration par voie orale ne peut etre étudiée également que chez la souris.
2. Réduction
Afin de tenir compte de la variabilité dans la diffusion des médicaments ,des groupes de 6 animaux seront constitués. Trois doses : une elevée, une moyenne et une faible seront testées. Les tests statistiques seront des tests de comparaison de moyennes afin de comparer les taux sanguins des groupes traités par voie intrapéritonéale et par voie orale pour une posologie donnée. De même, les taux sanguins des groupes traités par des posologies différentes seront comparés pour évaluer l’effet dose. La mise au point du dosage par Spéctrométrie de Masse LCMS sur la matrice sérum de souris nécessite des prélèvements de souris non traitées et ont déjà été prélevés sur d’autres souris du même type. Le nombre de médicaments à tester avec cette procédure est estimé à 5 sur 5 ans. 2 médicaments ont déjà été selectionnés et nous espérons que les optimisations chimiques de ces médicaments aboutiront à 3 autres composés à tester.
3. Raffinement
Afin d’assurer le bien-être des animaux, les souris seront hébergées par cage de 6, avec environnement enrichi. Les animaux auront accès à l’alimentation et à l’abreuvement en permanence. L’injection intrapéritonéale et le gavage induisent une souffrance des animaux légère et brève ne nécesssitant pas d’anesthésie. Les points d’injection seront répartis sur l’abdomen. Toutefois, les animaux seront quotidiennement surveillés. Les prélèvements sanguins seront pratiqués sous anesthésie gazeuse. Les prélèvements sanguins seront réalisés alternativement sur chaque oeil en appliquant un protocole éprouvé afin de limiter tout risque hémoragique et de dommage occulaire. Les animaux seront euthanasiés par anesthésie gazeuse surdosée à la fin de l’expérience ou dès lors qu’un point limite est atteint.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle murin reproduit l’infection de candidose disséminée la plus proche et la plus représentative de l’infection humaine. Ce protocole étant préalable à l’analyse des effets thérapeutiques des molécules candidates sur un modèle infectieux (souris adulte). Les souris sont commandées à un âge de 7 semaines et sont utilisées après une semaine de stabulation nécessaire à leur acclimatation. L’age de 8 semaines est celui qui est utilisé habituellement dans la littérature pour le modèle de candidose invasive dans lequel nous allons tester ces molécules comme antifongique.Il est logique d’utilser le même âge pour analyser la diffusion des ces molécules.