Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

225 chiens vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré, réutilisés d’une étude à l’autre (210) ou proposés à l’adoption (15), et tués si aucune réutilisation n’est possible. Le porteur induit chez eux une dermatite par contact avec un allergène, puis enchaîne prélèvements sanguins jusqu’à sept fois par jour, aspirations à l’aiguille fine et biopsies cutanées, jusqu’à vingt-et-une par procédure. Il reconnaît des risques de mauvaise cicatrisation et d’infection sur les sites de biopsie. Ce modèle réglementaire sert à tester des candidats médicaments contre la dermatite atopique canine, une mise au point que le porteur juge « indispensable » sur l’espèce cible.

NTS-FR-308436v1
Types de recherche
· Autres tests de tolérance et d’efficacité · Tests réglementaires ·
Mots-clés
Dermatite, Hypersensibilité, Allergie, Contact, Inflammation
Chiens : 225

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Il s’agit d’un modèle représentatif de la dermatite atopique. La prévalence est estimée de 10 à 15% avec potentiellement 15 à 20 millions de chiens affectés en Europe et aux Etats-Unis. C’est une maladie inflammatoire et prurigineuse de la peau caractérisée par une implication de la voie immunitaire du Th2. Elle engendre de nombreux signes cliniques. Des surinfections bactériennes et fongiques peuvent apparaitre. La qualité de vie du chien est altérée. La dermatite atopique canine étant une maladie multifactorielle, le traitement est complexe. Une grande variabilité dans la réponse au traitement est observée et les thérapies doivent être adaptées au cas par cas. La gestion des surinfections associées est souvent un échec. Afin de travailler sur l’efficacité des médicaments, il est nécessaire d’établir un modèle de dermatite atopique canine. Les modèles existants présentent de nombreuses limites et une grande variabilité, et on observe une absence de réponses à certains thérapeutiques comme la cyclosporine. L’établissement d’un modèle de dermatite canine sera une étape importante pour évaluer l’efficacité de candidats médicaments.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les bénéfices de ce projet sont : A court terme, la mise au point d’un modèle de dermatite peu invasif et reproductible chez l’espèce cible (chien), permettra d’induire un processus inflammatoire similaire à celui à l’œuvre dans la dermatite atopique canine. Ce modèle permettra d’investiguer de nouveaux candidats médicaments. Par la suite, l’évaluation et l’obtention de nouveaux médicaments et thérapies permettront une prise en charge plus efficace des dermatites atopiques canine afin d’améliorer la santé et la qualité de vie des chiens atteints.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

– prélèvement sanguin, jusqu’à 7 fois par jour puis régulièrement – aspiration à l’aiguille fine, jusqu’à 8 fois par mois – biopsies punch, pas plus de 3 sites collectés par temps de prélèvement. Jusqu’à 4 fois par mois, jusqu’à 7 fois par procédure – examen clinique, selon le protocole et l’état général des animaux, environ 4 fois par mois ou plus si l’état de l’animal le justifie – température, fréquence définie selon le protocole et l’état général des animaux – pesée, fréquence selon l’âge, le statut physiologique et l’état corporel des animaux – Sensibilisation avec mise en contact de l’allergène suivi ou non d’une épreuve. L’épreuve est caractérisée par une ou plusieurs applications de l’allergène sur les régions préalablement sensibilisées ou sur d’autres régions du corps – Administration d’un candidat médicament ou d’un produit contrôle, selon les modalités définies Avec anesthésie ou sédation obligatoire : – biopsies au bistouri, pas plus de 3 sites collectés par temps de prélèvement. Jusqu’à 4 fois par mois, jusqu’à 7 fois par procédure Un maximum de 21 biopsies au total peut être réalisé sur une procédure.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Des nuisances seront engendrées par les actes techniques durant les études : tonte, biopsies, prises de sang, applications locales répétées, contention, éventuelles anesthésies ou injections d’analgésiques, administration de candidats médicaments, prises de température. La durée de chaque étude de mise en place du modèle est évaluée à en moyenne 3 mois (une durée maximale de 16 semaines pour la combinaison des phases de sensibilisation, latence et épreuve, et de 12 semaines pour la phase de suivi sera acceptée). Des périodes de wash-out suffisantes (plusieurs semaines) seront laissées avant nouvelle utilisation de l’animal. L’état général de l’animal sera évalué par un vétérinaire avant inclusion dans une nouvelle étude. Les biopsies s’accompagnent en outre d’un risque de mauvaise cicatrisation, ou d’infection (rupture de l’intégrité cutanée). Les sites de biopsie doivent être entièrement cicatrisés avant le passage en étude d’évaluation de l’efficacité de candidats médicaments, ou avant que l’animal participe à une nouvelle étude de mise en place d’un modèle de dermatite. Les anesthésies présentent un risque même chez les animaux sains. Les nuisances générées seront aussi celles présentes dans les dermatites, à savoir : – Inflammation (rougeur, chaleur, douleur, gonflement) – Risque de surinfections cutanées (bactériennes ou fongiques) – Prurit La dermatite générée est de durée limitée dans le temps. A titre indicatif, dans le cadre du modèle HDM, la peau redevient macroscopiquement et histologiquement semblable à ce qu’elle était avant administration en quelques jours à plusieurs semaines. Ainsi, pour les chiens inclus dans la procédure d’évaluation de l’efficacité de candidats médicaments, plusieurs phases de sensibilisation et/ou épreuve pourront être réalisées afin d’étudier les candidats. Il n’est pas attendu d’effets secondaires liés aux candidats médicaments, sur la base d’études préliminaires d’innocuité et de tolérance et des données disponibles chez d’autres espèces.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux ne sont pas euthanasiés en fin d’étude mais réutilisés ou adoptés. Si aucune réutilisation /adoption n’est possible (animaux trop âgés), les animaux seront euthanasiés par injection de Dolethal par voie intracardiaque sous anesthésie.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

La dermatite atopique canine est une maladie complexe et multifactorielle, résultant d’interactions entre prédisposition génétique, facteurs environnementaux, altération et de la barrière cutanée et phénomènes immuns. La mise au point d’un modèle in vivo s’avère indispensable, afin d’évaluer l’efficacité de candidats médicaments (pré-requis réglementaire : données d’efficacité et de sécurité sur espèce cible). Les molécules retenues pour développer le modèle auront été évaluées en premier lieu in vitro ou in vivo (généralement, sur modèles murins). L’inflammation provoquée par ces molécules est bien caractérisée, les expérimentations ont été répétées et ont montré des résultats fiables et reproductibles chez les souris. La capacité de ces molécules à engendrer une réponse Th2, avec nombreux changements caractéristiques de la dermatite atopique, a été démontrée. Ces modèles murins ont permis d’étudier la dermatite atopique et d’avancer dans l’évaluation de candidats thérapeutiques chez l’Homme. Si d’autres molécules devaient être évaluées pour mettre au point le modèle de dermatite canine, elles seraient sélectionnées pour leurs résultats probants in vitro et in vivo. Les candidats médicaments qui seront testés in vivo sur le modèle établi sont sélectionnés sur la base de connaissances immunologiques et de données chez d’autres espèces (rats, souris, Homme). Ces candidats auront été évalués in vitro ou ex vivo afin d’attester leur sécurité et leur efficacité sur des modèles cellulaires, des modèles innovants (organ-on-chip, bioprinting 3D…). L’évaluation finale des candidats médicaments sélectionnés sur un modèle vivant de dermatite atopique reste indispensable pour apprécier leur efficacité et/ou leur innocuité dans le cadre d’une maladie dégénérative complexe. De plus, des données d’efficacité et d’innocuité sur l’espèce cible doivent être fournies dans les dossiers réglementaires.

2. Réduction

3R / Réduction :

Pour les études réglementaires, le nombre minimum requis d’animaux est fixé par les textes (pharmacopée et/ou autres textes réglementaires concernés). Lors des phases de recherche, dans la perspective de réduction, les effectifs sont évalués au plus juste (historique, définition des objectifs, travail avec des biostatisticiens) de façon à minimiser le nombre de chiens utilisés tout en garantissant une approche rigoureuse et ceci afin d’éviter le risque d’études non conclusives. Une recherche de littérature non systématique a montré que les groupes se constituaient de 2 à 20 chiens dans les modèles existants de dermatite atopique canine (IgE, HDM). En effet, dans le modèle House-Dust Mite par exemple, les groupes varient de 2 chiens pour le raffinement du modèle, jusqu’à, exceptionnellement, 20 chiens par groupe. Un tel effectif peut être nécessaire en raison de la grande variabilité de la réponse. Lorsque le statut des animaux le permet, les animaux utilisés peuvent être issus de procédures (légère ou modérée) antérieures. La réutilisation permet de réduire le nombre d’animaux utilisés. Seuls les animaux ayant retrouvé un état de santé et bien-être complet, attesté par un vétérinaire, seront réutilisés. Les sites de biopsies doivent être entièrement cicatrisés avant toutes réutilisations.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Pour chaque étude, une période d’acclimatation systématique des animaux est prévue dans le but de limiter leur stress et de stabiliser leur état physiologique. La durée optimale est de 7 jours pour des chiens provenant de fournisseurs référencés. Si cette durée n’est pas suffisante elle sera rallongée jusqu’à ce que les animaux soient aptes à entrer dans la procédure. Les chiens sont hébergés en groupe sur litière. Ils bénéficieront de zones de jeu avec interaction quotidiennes avec l’Homme. Les jouets présents dans les zones d’hébergement et dans les zones de jeu sont régulièrement changés pour favoriser la curiosité. Afin de limiter le stress lié aux actes (contention, administrations et sensibilisations, prélèvements) ces derniers seront travaillés en renforcement positif avec friandises et caresses lors de training pendant l’acclimatation puis pendant toute la durée de l’étude. Les biopsies seront réalisées dans des conditions stériles, sur un site préparé chirurgicalement (tondu et désinfecté), avec un protocole d’analgésie et/ou d’anesthésie adapté. Le protocole anesthésique sera évalué au plus juste pour limiter les effets secondaires indésirables (les molécules et doses seront adaptées pour favoriser un réveil rapide). Les animaux anesthésiés seront individuellement placés sous surveillance, au calme et au chaud si besoin et ce jusqu’à leur réveil complet. Le personnel intervenant dans l’étude sera formé aux actes afin de travailler avec expertise. Les sites d’incision seront surveillés quotidiennement pour détecter une douleur, une rougeur, un gonflement ou du prurit. Un léger degré de rougeur, de gonflement et de prurit est attendu après la chirurgie ; cependant, si des anomalies cliniques de sévérité supérieure à celle attendue apparaissent, l’animal sera traité de manière appropriée pour remédier au problème (exemple : anti-inflammatoires, antibiotiques, désinfection, pommades ou sprays cicatrisants). Une collerette pourra être utilisée.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

L’efficacité et l’innocuité doivent être évaluées sur l’espèce cible. Les chiens seront généralement âgés de 6 mois à 3 ans (âge au cours duquel la dermatite atopique canine s’exprime cliniquement chez le chien). Les chiens pourront donc être de jeunes adultes et des adultes. Les candidats seront ensuite testés sur les chiens présentant des signes de dermatite atopique.