
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 10/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-314462)
Une étude pilote de quatre-vingt-dix souris précède l’expérience principale, qui porte le total à 1 140. Toutes vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, et toutes seront mises à mort. Le projet mesure l’effet de vésicules extracellulaires issues de lymphocytes B, de neutrophiles, de monocytes et de plaquettes sur le syndrome de Sjögren, maladie auto-immune qui touche entre 0,01 % et 0,3 % des adultes. Deux lignées servent à reproduire la pathologie, l’une dépendante des lymphocytes T, l’autre des lymphocytes B, mais les actes infligés à ces souris tiennent en une ligne, prélèvements de sang sur animaux vigiles ou endormis et injection intraveineuse, sans nombre ni fréquence.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Dans ce projet, nous souhaitons explorer le rôle des vésicules extracellulaires dans le syndrome de Sjögren (SjS). Le syndrome de SjS est une maladie rare, touchant entre 0,01% et 0,3% de la population adulte, mais reste la maladie auto-immune systémique la plus fréquente après la polyarthrite rhumatoïde (PR). Cette pathologie inflammatoire systémique affecte majoritairement les glandes salivaires, lacrymales et les muqueuses, lié à une infiltration des glandes correspondantes par des cellules immunitaires. Cependant, après analyse d’une cohorte de plus de 100 patients, il s’avère que d’autres cellules seraient activées pendant la maladie, mesurées par la génération de vésicules extracellulaires. Ces vésicules extracellulaires (lymphocytes T et B, plaquette, neutrophile, monocyte etc) sont abondantes dans les sérums de patients atteints de Sjogren comparés aux contrôle sain. Il est donc important d’évaluer leurs impacts sur la pathologie, déterminer leurs interactions avec les cellules et les organes. Axe 1. Evaluation des vésicules extracellulaires en circulation dans les modèles de souris du syndrome de Sjögren comparé à des souris wild type . Axe 2. Evaluation de l’impact des vésicules extracellulaires totale dans le syndrome de Sjögren Axe 3. Evaluation de l’impact des vasicules extracellulaires de lymphocyte B, neutrophiles, monocytes et de plaquettes dans le syndrome de Sjögren
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le choix d’utiliser le modèle de Sjogren TgIL14 et le modèle MRL/lpr a été basé sur la littérature, la présence d’autoanticorps (modèle MRL/lpr), la physiologie de la pathologie (TgIL14). Par ailleurs, le modèle MRL/lpr est « T-dépendant » alors que le modèle « IL14 » est « B-dépendant » ce qui permet de récapituler les principaux éléments de la physiopathologie du syndrome de Sjögren. Afin d’étudier le rôle des vésicules extracellulaires dans la physiologie du syndrome de Sjogren, nous avons décidé d’injecter des vésicules extracellulaires « totale » issues de souris atteintes de Sjogren mais aussi des vésicules extracellulaires de lymphocyte B, neutrophile, monocyte et plaquette issues de souris Sjogren. Il est complexe de modéliser les interactions des vésicules extracellulaires avec les cellules circulantes ou organes in vitro. C’est pourquoi l’axe 1 et 2 de cette demande éthique permettra d’évaluer dans un modèle murin, l’implication des vésicules extracellulaires dans le syndrome de Sjogren.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
prélèvements de sang sur animaux vigiles et endormis, injection en intraveineuse
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les seuls effets indésirables que les animaux peuvent ressentir seront liés aux manipulations lors des injections. Ces gestes seront effectués par du personnel compétent. Une attention particulière et un monitoring sera effectué sur les souris recevant les vésicules extracellulaires.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Mise à mort de tous les animaux.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Pour ce type de projet, il n’existe actuellement aucune méthode alternative à l’expérimentation animale. L’implication des vésicules extracellulaires dans une pathologie nécessite l’évaluation sur un modèle vivant.
2. Réduction
Le nombre d’animaux a été calculé afin de garantir une puissance nécessaire et suffisante. Nous avons au préalable évalué in vitro le statut d’activation des plaquettes chez l’homme (cohorte de patient atteint du syndrome de Sjogren et de donneur sain). Afin de réduire le protocole, une étude pilote sera réalisée avant l’étude principale, dont les résultats seront utilisés pour l’axe 1, 2 et 3 utilisera (20+70) 90 souris afin d’optimiser et d’évaluer les quantités de vésicules extracellulaires que l’on peut extraire et produire. Dans l’étude principale, des groupes contrôles ainsi que plusieurs groupes de souris permettront par la suite de répondre à l’hypothèse de travail, le détail des groupes est abordé. Considérant une variance hypothétique maximale de 16%, le nombre minimal d’animaux nécessaire a l’observation d’une difference significative pour une mesure unique, si elle existe, est de 10 par groupe experimentale (a
3. Raffinement
Le bien-être animal est au cœur de cette étude. Nous veillerions à ce que l’hébergement des animaux leur permettent d’avoir un enrichissement (avec paille, bois, coton) suffisant et stimulant pour réaliser leur nid. Les contraintes subies par les animaux sont faibles. Il s’agit d’une étude de vieillissement avec une manipulation réduite des animaux (prise de sang en veine saphène ou caudale et/ ou injection de médiateurs lipidiques en intrapéritonéale). Les souris seront observées quotidiennement et lorsqu’une souris atteint un point limite, elle sera mise à mort. Dans notre étude nous ne pouvons pas utiliser d’analgésique puisque nous étudions les médiateurs lipidiques dont l’expression est modulée par ces produits.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle murin est le modèle de référence pour l’évaluation de l’impact physiopathologique de pathologie inflammatoire comme le syndrome de Sjögren. Il n’existe pas de méthodes alternatives in vitro pour étudier notre hypothèse de travail. Qui plus est, plusieurs de nos analyses reposent techniquement sur la cytométrie en flux, méthodologie qui requière un nombre conséquent de cellules issues d’organes immunitaires. Ce type d’expériences rend impossible l’utilisation d’organismes comme le poisson zèbre ou la drosophile. Bien qu’il existe certaines différences entre l’immunologie murine et humaine, d’innombrables découvertes faites chez la souris s’avèrent transposables chez l’humain. Ce modèle est donc adapté à l’étude de dérégulations hémostatiques humaines. Les souris utilisées seront de 6 mois. Elles ont toutes un stade de développement complet.