
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 12/08/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-326232)
Rendus migraineux par une injection quotidienne pendant quatre jours, puis soumis au test de Von Frey qui mesure leur réaction à une stimulation, une minute toutes les quinze minutes pendant deux heures, 400 rats vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Le cinquième jour, une injection locale et deux injections sous-cutanées leur sont administrées sous anesthésie générale. L’objectif tient en peu de choses, le porteur indiquant que l’activité antimigraineuse de la molécule est déjà établie et cherchant seulement à comparer les voies d’administration et une dose plus faible. Tous les rats sont tués à l’issue, le RNT justifiant leur mort par une « impossibilité de récupérer les animaux du fait des procédures réalisées », sans dire lesquelles.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Nous savons que la molécule d’intérêt a bien une activité dite antimigraineuse. Le but de ce projet est d’étudier l’amélioration de la douleur dans un modèle de migraine, selon différentes voies d’administration de la molécule d’intérêt et de tester l’effet de cette molécule à une dose plus faible.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
A moyen terme, selon les résultats obtenus, ce projet nous permettra de mieux connaitre le mécanisme d’action de la molécule d’intérêt et proposer des cibles thérapeutiques avec des effets secondaires limités. Dans le contexte de ce projet, une diminution de l’effet antimigraineux après l’administration centrale indiquera que la majorité de l’effet antimigraineux de ces agonistes est dûe à une action sur les récepteurs delta opioïdes localisés en périphérie, notamment dans le ganglion trigéminale. Il serait donc accessible à des molécules qui ne passent pas la barrière hémato-encéphalique ce que permettrait d’avoir la même efficacité et moins d’effets secondaires.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les interventions dans ce projet sont prévues sur une durée maximale de 5 jours. Ce sont des injections (intrapéritonéales i.p.) sur des animaux vigiles (maximum 5 injections). Les premiers 4 jours de l’induction du modèle de migraine chronique, chaque animal reçoit au maximum une injection i.p. par jour (durée d’intervention : 1min). Au 5ème jour de l’induction de la migraine chronique ou le premier jour de l’induction de la migraine aigue, une injection locale et/ou deux injections sous-cutanées seront réalisées sous anesthésie générale. Dans le cas du test comportemental de Von Frey, nous limitons les stimulations en durée et en intensité au minimum conformément aux règles éthiques éditées par l’International Association for the Study of Pain (IASP). L’animal a la possibilité d’échapper à la stimulation puisqu’il est libre de ses mouvements (intervention de 1 minute par rat, toutes les 15 minutes pendant 120 min, maximum).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le modèle de migraine, que ce soit en aigu ou en chronique, ne montre pas d’effets indésirables sur les animaux autre que le développement d’une douleur modérée majoritairement faciale. L’injection centrale (intra-cisternale) ou systémique (sous-cutanée ou intra-veineuse) de la molécule d’intérêt est réalisée sous anesthésie. L’administration de cette molécule peut produire une augmentation transitoire de la mobilité.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Impossibilité de récupérer les animaux du fait des procédures réalisées.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Aucune méthode alternative ne permet de remplacer ce protocole. En effet, il est nécessaire de réaliser ces études in vivo, car l’intégration de la douleur implique de nombreuses régions du système nerveux central et périphérique simultanément. Il n’existe dans la littérature aucune méthode alternative (in vitro ou in silico) pouvant répondre à l’efficacité d’un produit à potentiel thérapeutique anti-migraineux. Un animal entier avec un système nerveux intégré est un préalable à une étude pertinente dans le domaine de la douleur. Une méthode in vitro ne pourrait rendre compte de la douleur car elle supprimerait de nombreux paramètres (régulations…) et rendrait le résultat réducteur voir inadapté. Des études comportementales chez l’animal vivant sont donc nécessaires pour mettre en évidence l’effet d’une molécule sur le seuil nociceptif. Les études in silico constituent dans le domaine de la migraine une étape encore trop primaire aujourd’hui.
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisés sera réduit au maximum (n=10/groupe/sexe). Les animaux seront hébergés collectivement (au moins 2 par cage), avec de l’enrichissement, afin d’éviter le stress. Pas de groupe témoin pour le modèle de migraine (réutilisation des données précèdentes) ni de groupe véhicule pour l’administration sous-cutanée car il a déja été réalisé dans l’étude précèdente. Le nombre d’animaux par groupe est défini à partir de notre expérience et des tests statistiques donnant le nombre nécessaire pour la discrimination des effets. D’après les données du laboratoire nous prévoyons une perte maximum 15 à 20% (complexité de la technique d’admnistration, exclusion après la phase d’habituation, rats non-répondeurs à l’ISDN). L’ensemble des données sera analysé par une analyse de variance à 2 ou 3 voies (effet douleur et/ou traitement et/ou sexe) en mesures répétées (ou non) et suivi d’un test post-hoc.
3. Raffinement
Pendant sept jours, les rats seront acclimatés à l’animalerie. Les conditions d’hébergement sont standard et enrichies à l’aide de rouleaux en carton permettant aux animaux de se cacher. Les animaux auront accès à l’eau et à la nourriture ad libitum. Les expériences peuvent être interrompues si un point limite est atteint (mise à mort).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les rats sont couramment utilisée au sein du laboratoire depuis de nombreuses années et dans les études précédentes sur le sujet dans d’autres laboratoires. C’est par ailleurs un des modèles les plus utilisés pour les études comportementales dans le domaine de la douleur. Adultes (6-8 semaines) pour comparaison avec les autres données de la littérature.