
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 21/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-347874)
Les souris de ce projet ont un système immunitaire affaibli puis reconstitué avec des cellules immunitaires humaines, ce qui les rend plus sensibles aux infections opportunistes. 648 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Chacune reçoit quatre injections, dont deux de cellules, et une prise de sang de 100 microlitres, avant une analyse par imagerie sous anesthésie. Cinq à six semaines après l’injection, le porteur annonce une réaction du greffon contre l’hôte, avec perte de poids, baisse d’activité, diarrhées, déshydratation et parfois atteintes de la peau, tout en classant l’ensemble du projet en souffrance légère.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet vise à tester une nouvelle technique de modification génétique permettant de réduire le risque de rejet de greffe. Lors d’une greffe, le système immunitaire du receveur peut reconnaître les cellules greffées comme étrangères et les attaquer, entraînant la perte du greffon. Pour limiter ce phénomène, notre laboratoire a développé une méthode qui modifie certaines protéines impliquées dans la reconnaissance immunitaire afin que les cellules greffées soient moins détectées par le système immunitaire, tout en conservant sa capacité à lutter contre les infections et les cellules anormales. Des tests réalisés en laboratoire ont déjà montré que ces modifications permettent de diminuer les réactions de certaines cellules immunitaires responsables du rejet. L’objectif de cette étude est maintenant de vérifier l’efficacité et la sécurité de cette approche dans des modèles animaux possédant un système immunitaire humain.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Cette étude permettra la validation préclinique des nouvelles modifications géniques visant à prévenir le rejet cellulaire de cellules étrangères et fournir une plateforme prometteuse pour de futures thérapies cellulaires universelles.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Pendant la procédure, les souris recevront au total 4 injections : – deux injections avec des cellules (2 minutes par injection). – une injection d’anesthésiant, avant analyse intravitale (10 secondes). – une injection de l’ antagoniste de l’anesthésiant, après analyse (10 secondes). Une seule fois au cours de la procédure, elles feront l’objet d’un prélèvement sanguin de 100 μL (30 secondes).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets indésirables attendus chez les souris sont principalement liés à la manipulation, aux injections et aux prélèvements sanguins. Cela peut entraîner un stress passager, de brèves douleurs, de petits hématomes ou encore une légère inflammation au niveau des zones d’injection. Dans ce modèle particulier, où les souris reçoivent des cellules immunitaires humaines, un effet indésirable spécifique peut survenir : une réaction appelée “réaction du greffon contre l’hôte” (GVHD). Elle apparaît généralement 5 à 6 semaines après l’injection et se traduit par une perte de poids, une baisse d’activité, des diarrhées, une déshydratation et parfois des atteintes de la peau. Enfin, comme ces souris ont un système immunitaire affaibli, elles sont plus sensibles aux infections opportuniste
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
La mise à mort des animaux à la fin de l’expérience est nécessaire pour pouvoir analyser précisément les cellules injectées et la réponse immunitaire dans le sang et les tissus. Ces analyses ne peuvent pas être réalisées sur des animaux vivants sans leur causer de souffrance importante ou sans compromettre la qualité des résultats scientifiques. Les animaux sont euthanasiés de manière indolore : ils recevront d’abord un traitement pour limiter toute gêne, puis une anesthésie profonde avant le prélèvement des échantillons. Cette procédure sera réalisée selon des méthodes reconnues, garantissant que les animaux ne souffrent pas.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les données in vitro produites précédemment par notre laboratoire montrent des résultats préliminaires encourageants. Pour avancer vers l’application clinique de notre procédure, nous avons besoin de les tester dans un contexte complexe le plus proche possible des patients humains et nous ne pouvons pas nous affranchir d’un model murin pour aller plus loin dans notre étude pré-clinique.
2. Réduction
Le nombre de souris utilisées dans l’étude est strictement calculé avec un logiciel statistique adapté pour obtenir des résultats statistiquement concluants.
3. Raffinement
Dans le cadre de ce projet, des mesures de raffinement seront mises en oeuvre afin de limiter les contraintes et les risques sanitaires liés à l’immunodépression des animaux. Les souris seront hébergées en portoirs ventilés, en conditions confinées. L’ensemble des manipulations, incluant les changements de cages, sera réalisé sous poste de sécurité microbiologique de niveau 2, dans le respect de procédures strictes d’asepsie. Une grille de suivi clinique spécifique sera mise en place afin d’assurer une évaluation régulière, standardisée et objective de l’état de santé et du bien-être des animaux. Des points limites prédéfinis, adaptés au modèle NOG humanisé, permettront de détecter précocement tout signe de souffrance ou d’altération de l’état général. L’atteinte de ces critères entraînera la mise en oeuvre immédiate de mesures appropriées.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle de souris avec un système immunitaire humanisé permet de se rapprocher du fonctionnement du corps humain. C’est une étape essentielle avant d’envisager une application chez les patients. De plus, les souris offrent la possibilité d’utiliser des modèles génétiquement modifiés, ce qui nous aide à répondre à des questions précises sur notre stratégie. En particulier, cela permet de vérifier si notre approche peut réduire, voire empêcher, le rejet allogénique, c’est-à-dire la réaction du système immunitaire contre des cellules pourtant issues de la même espèce mais différentes sur le plan génétique. Enfin, l’utilisation de souris adultes est justifiée par une meilleure efficacité et reproductibilité de la procédure de reconstitution du système immunitaire, notamment en raison d’une physiologie plus stable et d’une tolérance accrue aux manipulations expérimentales. Les souris seront importées dans l’animalerie à l’âge de 7-8 semaines selon disponibilité du fournisseur et entreront dans la procédure aprés la période règlementaire d’acclimatation de 5 jours.