
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-09-19 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-351579)
84 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles sont inoculées avec une bactérie transmise par les tiques, Rickettsia helvetica, par deux voies et trois doses, puis subissent des prélèvements de sang répétés à la mandibule ou à l’œil, pour évaluer le pouvoir infectieux de ce germe et repérer les organes cibles. Le porteur indique n’attendre « pas de symptômes importants » car la bactérie est rarement isolée chez l’animal ou l’humain, ce qui interroge l’ampleur du recours à l’infection. Il affirme qu’il n’existe « pas de modèle in vitro alternatif » pour tester ce pouvoir infectieux.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Notre projet a pour pour objectif d’évaluer le pouvoir infectieux chez la souris de Rickettsia helvetica, une bactérie très présente chez les tiques et transmise à l’Homme et les animaux (dont la souris), mais pourtant rarement isolée dans le tissu de l’Homme et des animaux. Pour cela deux types de souris seront infectées avec trois doses différentes et deux voies d’injection (sous cutanée et intra péritonéale) afin d’évaluer : – les symptômes (s’il y en a) observables suite à l’infection et les organes infectés par la bactérie – la dose infectieuse minimale nécessaire à l’infection chez la souris – la cinétique de multiplication de cette bactérie dans le sang des souris
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettra de mieux comprendre le cycle épidémiologique de la bactérie Rickettsia helvetica et notamment l’implication potentielle des rongeurs (ici modèle souris) dans ce cycle dans la nature
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
A J0 les animaux seront inoculés avec différentes doses de bactéries selon deux voies d’injection (Intrapéritonéale ou sous cutanée), puis tous les 2 jours entre J4 et J12, ils subiront une prise de 10µl de sang par prélèvement à la mandibule ou à l’oeil (sous anesthésie locale).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Nous ne connaissons pas le pouvoir pathogène de cette bactérie sur les souris, cependant cette bactérie semble très peu infectieuse chez l’animal et chez l’homme puisqu’il a été jusqu’à présent quasiment impossible de l’isoler d’un animal ou d’un homme. Elle a pour le moment seulement été isolée de tiques prélevées dans la nature. Nous n’attendons donc pas de symptômes importants tels que des paralysies chez les souris, mais nous suivrons les animaux tous les jours afin de contrôler l’apparition de symptômes éventuels.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de la procédure (J14) afin de pouvoir détecter la bactérie dans les différents organes et le sang des animaux et donc connaitre les organes cibles qui sont préférentiellement infectés par cette bactérie chez les souris.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
La culture des Rickettsia est effectuée en culture in vitro de cellules de mammifères. Cependant, il n’existe pas de modèle in vitro alternatif permettant de tester le pouvoir infectieux de cette bactérie. Le modèle in vivo souris ne peut donc être remplacé dans cette expérimentation.
2. Réduction
Le nombre de souris utilisé par lot contrôle a été réduit de moitié (3 au lieu de 6) afin de réduire au maximum le nombre d’animaux utilisé. Les lots de 6 souris pour les lots infectieux sont le minimum d’animaux permettant d’obtenir des résultats scientifiquement robustes.
3. Raffinement
Les animaux seront hébergés par lot dans leur conditions classiques avec l’enrichissement nécessaire à leur bien-être (carré de coton, maison en plastique pour les souris).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Dans la nature et en laboratoire, les souris (comparativement à d’autres modèles animaux) sont sensibles à l’infection par différentes espèces de Rickettsia. En effet les micromammifères sont souvent impliqués dans les cycles de transmission naturels de ces agents pathogènes. Pour la Rickettsia qui nous intéresse des rongeurs sauvages ont été retrouvés positifs en test PCR mais nous ne connaissons pas leur réelle implication dans le cycle épidémiologique de cette bactérie. Les souris représentent donc le modèle idéal à tester en laboratoire pour palier à ce manque d’information.