Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Pour mesurer si une consommation régulière d’édulcorants altère la perception du glucose, 208 souris sont utilisées dans des procédures d’un niveau de souffrance modéré, toutes tuées à l’issue. Pendant quinze semaines, elles sont exposées à des édulcorants, soumises à des jeûnes répétés, à des tests au gustomètre, à des prélèvements de sang à la queue et à l’application linguale d’un lentivirus sous anesthésie jusqu’à six fois. Les animaux subissent un stress chronique lié à l’isolement et à chaque mise à jeun pouvant durer quinze heures, tout écart clinique entraînant leur retrait puis leur mise à mort. Le projet revendique une portée pour les politiques publiques sur l’usage des édulcorants, un bénéfice large au regard d’une question posée sur la seule perception gustative du sucre.

NTS-FR-353781v1
Types de recherche
· Oncologie · Recherche fondamentale · Système endocrinien ·
Mots-clés
Edulcorants, Système gustatif, Métabolisme, Senseurs du glucose
Souris : 208

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Dans notre société moderne, la nourriture riche en sucres ajoutés est présente partout et facilement accessible. L’attrait pour cette nourriture fait qu’elle est souvent consommée en absence de besoin énergétique, contribuant à l’émergence dans le monde de l’obésité et du diabète. Pour contrer ce phénomène, les sucres ajoutés sont remplacés par des édulcorants, qui produisent une perception sucrée sans apporter de calories. Cependant, les effets de la consommation régulière des édulcorants sur la santé humaine ne sont pas bien compris. Notamment, déterminer si les édulcorants produisent un goût sucré sans induire de complication métabolique, même sans apporter de calories, est l’une des problématiques les plus controversées dans la littérature. Chez les mammifères, la perception du goût sucré est médiée par un récepteur qui lie entre autres les sucres et les édulcorants. Cependant, il a été montré au niveau du système gustatif que pour le sucre simple glucose spécifiquement, ce récepteur n’est pas la seule voie de détection. Dans le corps, différents senseurs du glucose ont été caractérisés et leur rôle dans la détection et la régulation du métabolisme de ce nutriment a été défini. Récemment, la présence de ces mêmes senseurs spécifiques du glucose a été décrite dans le système gustatif, où ils sembleraient jouer un rôle dans l’intégration du signal sucré avec la prise alimentaire et/ou les réponses métaboliques. Cependant, l’impact de la consommation régulière des édulcorants sur les voies gustatives impliquant ces senseurs spécifiques au glucose n’est pas connu. Les objectifs du projet sont donc de vérifier si les voies gustatives mettant en jeu ces senseurs du glucose sont impactées par une consommation régulière d’édulcorants à l’âge adulte, amenant à une altération de la perception du glucose et du métabolisme glucidique.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Le projet permettra de mieux comprendre les effets de la consommation régulière d’édulcorants sur la perception gustative et la santé métabolique. Cette étude sera l’une des premières à analyser le rôle que jouent les senseurs du glucose présents dans le système du goût dans les troubles comportementaux induits par une exposition chronique aux édulcorants à l’âge adulte. Dans l’ensemble, ce projet contribuera à établir une base scientifique qui informe sur l’utilisation des édulcorants, afin d’alimenter les décisions en matière de politiques publiques.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Exposition aux édulcorants ou saccharose en plus de la nourriture habituelle et de l’eau : dose journalière admissible fixée par l’Union Européenne pendant 15 semaines ; Mise à jeun alimentaire de 12h à 15h en phase nocturne : 7 fois par souris ; Entrainements et tests dans le gustomètre : 20 minutes – 7 fois par souris ; Mise à jeun alimentaire de 5h en phase diurne : 7 fois par souris ; Prélèvements de sang à la queue sur animal vigile : 1 minute – 2 x 5 par souris (car deux tests) ; Administration linguale de lentivirus sous anesthésie générale gazeuse : 10 minutes maximum – 6 fois par animal concerné ; Injections intrapéritonéales : 30 secondes – 3 par animal

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les effets sur les animaux seront : – Une perturbation de la tolérance au glucose lors de l’exposition aux édulcorants/sucres. – Un stress chronique pour les animaux individualisés (procédures 1 et 3), qui sera atténué par un enrichissement supplémentaire dans la cage d’hébergement. – Un stress (maximum une demi-journée) au réveil de l’anesthésie générale effectuée pour l’application sur la langue du lentivirus induisant une diminution d’expression de la protéine d’intérêt. – Une douleur locale et passagère (maximum 5 minutes) lors des injections systémiques ainsi que lors de prélèvements sanguins. – Un stress chronique et une perte de poids à chaque mise à jeun alimentaire des animaux lors des tests comportementaux (maximum 15 heures chacune).

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

A la fin de chaque procédure, les animaux seront mis à mort par injection d’un euthanasiant, puis les tissus seront prélevés rapidement après arrêt cardiaque pour analyse.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

L’étude du rôle précis des senseurs linguaux du glucose dans les modifications comportementales induites par la consommation d’édulcorants ne peut être réalisée que sur des animaux vivants. La motivation à consommer des aliments ainsi que la régulation du métabolisme impliquent une communication entre différents organes. Il n’existe pas actuellement de modèle de substitution permettant d’étudier les dialogues inter-organes. Ce projet sera donc réalisé chez la souris, modèle de référence pour les études métaboliques et de physiologie alimentaire.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre optimal d’animaux, c’est-à-dire nécessaire à l’obtention de résultats significatifs sans être trop élevé, est calculé grâce à des analyses de puissance statistique. Les tests statistiques de type t-test ou ANOVA et tests de comparaison à posteriori seront utilisés pour analyser les différences significatives entre les groupes expérimentaux. Lorsque cela est possible, les mêmes animaux sont utilisés pour plusieurs tests comportementaux, après une période de repos et de récupération.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Dès la réception des animaux à l’animalerie, tout est mis en place pour réduire leur stress et inconfort. A leur arrivée, une semaine d’acclimatation au nouvel environnement et personnel, sans expérimentation, sera observée. Les animaux individualisés (procédures 1 et 3) seront élevés en environnement enrichi grâce à un dôme de nidation, un bâton et un carré de coton par cage. Un suivi quotidien par le personnel compétent sera effectué. Les animaux seront manipulés régulièrement par les expérimentateurs dans le but de réduire le stress. Le poids corporel et la prise alimentaire seront également contrôlés trois fois par semaine pour s’assurer de l’état de santé des animaux. Les différentes manipulations seront réalisées par du personnel compétent, conformément à la législation. Lors des prélèvements de sang, la douleur des animaux sera diminuée grâce à l’application locale d’un analgésique. A la fin des expériences, les animaux seront mis à mort. Tout au long des expérimentations, si un animal présente un comportement anormal (perte de poids, prostration, piloérection, activité ralentie, …), il sera surveillé avec attention et retiré de l’étude. Si son état clinique ne s’améliore pas, il sera mis à mort selon le tableau des points limites mis en place avec la SBEA de l’établissement.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les résultats préliminaires obtenus ainsi que les données bibliographiques dans ce domaine d’étude sont pour la grande majorité réalisés avec le modèle souris. Afin d’éviter la duplication inutile de travaux déjà publiés, et de pouvoir effectuer des comparaisons avec les travaux précédents, il est important de continuer sur des modèles similaires. Des souris seront donc utilisées dans ce projet de recherche. Des souris âgées de 9 semaines seront utilisées. Cela correspond au stade de l’état jeune adulte, la maturité sexuelle est atteinte par les deux sexes. Il n’y aura pas d’effet confondant sur les résultats dû au développement du système du goût ou du système nerveux central lors de la phase juvénile et adolescente de la souris.