
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 08/06/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-357242)
Une heure d’anesthésie deux fois par semaine pendant six à huit semaines : 320 poissons zèbres vont être utilisés, tous tués, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chaque poisson est mis à jeun douze heures avant chaque séance d’imagerie du cerveau, destinée à suivre des cellules souches neurales. Le RNT relève un stress lors des premières séances, qu’il estime s’atténuer après trois ou quatre passages. Tous les poissons sont mis à mort pour le prélèvement du cerveau.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Notre projet a pour but de comprendre comment les cellules souches neurales du cerveau adulte chez les vertébrés s’organisent en une hiérarchie qui permet à la fois une augmentation globale du nombre de cellules souches et la production de neurones.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La population de cellules souches neurales du cerveau antérieur adulte chez les vertébrés est composée de trois sous-populations imbriquées. Ce projet permettra de caractériser de façon différentielle le comportement de ces trois sous-populations de cellules souches neurales, et de déterminer quels paramètres peuvent prédire leurs comportements. Il permettra de comprendre comment la combinaison des trois sous-populations souches et la coordination de leurs dynamiques individuelles assure à la fois le maintien de cellules souches et la production de neurones tout au long de la vie. Comprendre les mécanismes de maintien contrôlé des cellules souches neurales à l’intérieur du cerveau adulte est absolument crucial puisque, chez l’homme et l’animal, la perte de ces cellules corrèle avec des déficits cognitifs ou émotionnels, et à l’inverse leur amplification crée un terrain favorable au développement de tumeurs.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Anesthésie pour Imagerie durant 1 heure, 2 fois par semaine, pendant 6 à 8 semaines.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Nous prévoyons un stress léger lors des premières sessions d’imagerie au moment où les poissons seront prélevés dans leur aquarium pour anesthésie. Ce stress dure quelques dizaines de secondes au maximum jusqu’à ce que l’animal s’endorme. D’expérience, il s’ensuit rapidement une habituation et aucun stress n’est visible chez l’animal au bout de 3-4 sessions d’imagerie. L’anesthésie elle-même, d’une durée d’une heure au maximum, peut être suivie d’effets indésirables légers de courte durée. Enfin, l’animal est mis en jeûne la veille de chaque session d’imagerie, pour une durée de 12 heures, jusqu’à la fin de la session d’imagerie du lendemain. Si un effet indésirable inattendu apparaissait, nous arrêtons cette expérience et mettrons a mort les animaux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort afin de prélever le cerveau pour analyses ex vivo.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Nous souhaitons comprendre un aspect fondamental de la biologie des cellules souches neurales (CSNs), à savoir comment ces cellules s’organisent en sous-populations coordonnées dans le temps et l’espace. Le travail sur cellules souches neurales en culture, bien que techniquement possible, a révélé que les cellules souches neurales isolées montraient des comportements aberrants jamais observés in vivo, notamment concernant leur mode et leur fréquence de division. Par ailleurs, toute mise en culture détruira l’organisation spatiale entre cellules au sein de leur niche, donc leur coordination spatio-temporelle, et les relations de voisinage sont l’un des paramètres que nous souhaitons mesurer. Il n’est donc pas possible de travailler en culture pour ce projet.
2. Réduction
Nous limiterons précisément le nombre d’animaux utilisés aux besoins statistiques de nos analyses, et ces besoins ont été calculés précisément avec un biostatisticien. De plus, les poissons seront imagés par groupe de 10, et les films seront analysés avant de passer au groupe suivant. Ceci permettra d’adapter nos besoins : lorsqu’un nombre suffisant de cellules souches d’un groupe d’intérêt aura été filmé pour conduire des analyses statistiques, l’expérience pourra être interrompue. Enfin, notre procédure de suivi direct des cellules souches par imagerie au cours du temps permet également en elle-même de limiter le nombre d’animaux utilisés, puisqu’un seul poisson sert pour analyser les cellules à différents points de temps.
3. Raffinement
Nous limiterons précisément le nombre d’animaux utilisés aux besoins statistiques de nos analyses, et ces besoins ont été calculés précisément avec un biostatisticien. De plus, les poissons seront imagés par groupe de 10, et les films seront analysés avant de passer au groupe suivant. Ceci permettra d’adapter nos besoins : lorsqu’un nombre suffisant de cellules souches d’un groupe d’intérêt aura été filmé pour conduire des analyses statistiques, l’expérience pourra être interrompue. Enfin, notre procédure de suivi direct des cellules souches par imagerie au cours du temps permet également en elle-même de limiter le nombre d’animaux utilisés, puisqu’un seul poisson sert pour analyser les cellules à différents points de temps.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous avons choisi le poisson Danio rerio. Le cerveau adulte de Danio rerio, à la différence des modèles « classiques » mammifères, maintient un grand nombre de cellules souches neurales. Utiliser cette espèce permet donc d’avoir accès à un beaucoup plus grand nombre de cellules souches neurales par animal. Ces cellules sont également organisées en une monocouche superficielle au lieu d’être profondes, permettant des approches d’imagerie sans chirurgie. Ces deux points répondent au principe de « réduction ». Par ailleurs, les cellules souches neurales de Danio rerio sont identiques aux cellules souches des mammifères (cellules gliales, quiescentes, capables d’auto-renouvellement et de multipotence, et dont l’état d’activation est contrôlé par les même voies moléculaires). Les résultats obtenus seront donc directement transposables aux mammifères. Tous les animaux seront utilisés à l’âge adulte jeune (3 mois post-fécondation [mpf]), car nous travaillons sur la biologie des cellules souches neurales adultes. Les premiers signes de ralentissement de l’activité des cellules souches neurales sont observés in vivo à environ 5-6 mpf, et il est important également de nous placer avant ce stade.