
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 08/06/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-364711)
Présenté comme un outil de souveraineté génétique des filières avicoles, ce projet prévoit d’utiliser 150 canards, tous tués, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Sur les animaux éclos, la seule intervention est un prélèvement sanguin d’une minute pour le génotypage, l’injection de cellules ayant lieu au stade embryonnaire. Le RNT met en avant le canard mulard, stérile, comme receveur réduisant le nombre d’animaux. Les canards sont mis à mort en abattoir agréé à la fin du protocole.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le projet vise à mettre au point une méthode permettant de recréer une lignée de canards à partir de cellules très précoces à l’origine des spermatozoïdes et des ovules, appelées cellules germinales primordiales. L’idée est de déterminer quel type de canard receveur permet le mieux à ces cellules de s’installer dans les organes reproducteurs puis d’être transmises à la génération suivante. Trois types de receveurs seront comparés : le canard Pékin, le canard de Barbarie et le canard mulard. Le mulard, qui est naturellement stérile, pourrait constituer un receveur particulièrement intéressant. Ce projet a pour but d’améliorer une méthode de sauvegarde génétique utile pour préserver des lignées de palmipèdes menacées par les crises sanitaires, notamment la grippe aviaire.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettra, pour la première fois à notre connaissance, d’établir un protocole fonctionnel de restauration de lignées de palmipèdes à partir de cellules germinales primordiales. La mise au point de cette biotechnologie offrira une solution innovante pour la sauvegarde des ressources génétiques des palmipèdes, en particulier dans un contexte de forte pression sanitaire liée aux épidémies animales telles que la grippe aviaire. L’utilisation d’un hôte naturellement stérile, le canard mulard, constitue un avantage majeur à la fois scientifique, technique et éthique, en permettant une restauration plus efficace du génotype d’intérêt tout en réduisant significativement le nombre d’animaux nécessaires. À terme, ces travaux contribueront à la sécurisation durable des lignées parentales et patrimoniales de palmipèdes et à la mise en place de protocoles transférables aux acteurs de la filière.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Un prélèvement de sang sera réalisé par animal dans le sinus occipital, à l’âge de 20 semaines. Il se fera sur animal vigile par des soigneurs très expérimentés et possédant la maitrise des gestes techniques sur les palmipèdes. Le geste maitrisé ne dure qu’une minute environ.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances attendues sont limitées. Les seuls gestes réalisés sur les animaux consistent en un prélèvement sanguin ponctuel, réalisé par du personnel formé, conformément aux bonnes pratiques vétérinaires. Aucun effet indésirable spécifique lié à ces prélèvements n’est attendu. Les injections de PGCs sont réalisées au stade embryonnaire et n’ont pas d’impact négatif documenté sur la santé des animaux éclos.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A la fin du protocole, les animaux seront mis à mort en respectant la règlementation en vigueur (euthanasie dans un abattoir agréé).
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’étude porte sur la migration, l’installation dans les organes reproducteurs et la transmission aux descendants de certaines cellules chez les palmipèdes. Ces phénomènes biologiques complexes ne peuvent pas être reproduits de manière fiable en laboratoire ou par des approches de modélisation. L’expérimentation sur des animaux est donc indispensable pour atteindre les objectifs scientifiques du projet.
2. Réduction
Les effectifs sont strictement limités au nombre minimal nécessaire pour obtenir une estimation fiable du taux de restauration après injection de PGCs. L’utilisation du canard mulard comme hôte stérile permet d’augmenter l’efficacité de la restauration et de réduire significativement le nombre d’animaux requis, conformément au principe de Réduction.
3. Raffinement
Les animaux sont élevés dans des conditions conformes aux normes de bien-être en vigueur. Les seules interventions réalisées sur les animaux sont une prise de sang ponctuelle, effectuée par du personnel qualifié, afin de limiter le stress et la douleur. Tout animal présentant un signe de mal-être fera l’objet d’un examen vétérinaire immédiat et, si nécessaire, sera retiré de l’étude.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Dans ce projet, trois types de canards sont utilisés pour des raisons complémentaires. Le canard de Pékin sert de donneur de cellules reproductrices (PGCs), car il représente la lignée que l’on cherche à restaurer. Le canard de Barbarie est choisi comme receveur en raison de sa proximité avec le canard mulard, un hybride issu du croisement entre Barbarie et Pékin. Le canard mulard, étant stérile, constitue un receveur particulièrement intéressant, car il ne produit pas de cellules reproductrices fonctionnelles susceptibles d’entrer en compétition avec celles injectées. Le choix de ces trois génotypes est directement lié à l’objectif scientifique du projet et ne peut pas être remplacé sans en diminuer la pertinence. Les animaux sont étudiés à deux stades. D’abord au stade embryonnaire, lors de l’injection des PGCs dans les œufs fécondés, afin d’observer leur migration et leur installation dans des conditions normales de développement. Ensuite, les animaux sont élevés jusqu’à maturité sexuelle pour vérifier la transmission de ces cellules à la descendance. Cette étape est indispensable pour confirmer leur bon fonctionnement. Après l’éclosion, les interventions sont limitées à un simple prélèvement sanguin pour le génotypage.