
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 13/12/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-358220)
Choisies parce que l’établissement en héberge déjà et que son personnel en maîtrise les techniques, 7 488 souris vont être utilisées dans ce projet sur le cholangiocarcinome, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Toutes reçoivent une greffe de cellules tumorales sous la peau et jusqu’à vingt-cinq injections, 360 subissent une immunisation en trois temps destinée à provoquer une cholangite, 384 un traitement par l’alimentation pendant 82 jours, et toutes jusqu’à trois prélèvements de sang. Le porteur cite parmi les effets attendus la cachexie, des saignements au site tumoral, des hématomes, des infections aux sites d’injection et, rarement, un arrêt cardiorespiratoire sous anesthésie. Toutes seront tuées pour prélever des tissus qui seront aussi partagés avec des collaborateurs, et aucune médication supplémentaire ne leur sera donnée pendant les expériences, le porteur indiquant que les effets secondaires pourraient interférer avec les résultats.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le cholangiocarcinome est le second cancer du foie en fréquence avec une incidence de 1.5/100.000 habitants en Occident. Il présente un des pronostics les plus sombres avec une survie à 5 ans inférieure à 20 pour cent, en raison notamment d’un arsenal thérapeutique actuel peu efficace. Ce projet a pour objectifs de mieux caractériser les cellules et facteurs immunitaires impliqués dans l’immunosurveillance du cholangiocarcinome et de développer des traitements capables de la stimuler.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet identifiera des acteurs/facteurs clés de l’immunosurveillance du cholongiocarcinome qui pourront servir de nouvelles cibles thérapeutiques. De plus, il proposera des stratégies vaccinales pour la thérapie et la prophylaxie du cholongiocarcinome, non disponibles à ce jour en clinique.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Toutes les souris seront soumises à une seule injection sous-cutanée de cellules tumorales sous anesthésie gazeuse (moins de 5 minutes/animal). Toutes les souris seront soumises à des injections intra-péritonéales, intramusculaires, ou intraveineuses (pour un maximum total de 25). La cholongite sera induite chez 360 animaux, par une immunisation en 3 étapes (Jour 0 : 1 injection intra-péritonéale et 1 injection intraveineuse; Jour 14 : 1 injection intra-péritonéale et 1 injection intraveineuse; Jour 28 : 1 injection intra-péritonéale). Les injections intra-péritonéales et intraveineuses n’excèderont pas 1 minute et seront réalisées sur animal vigile. Les injections intramusculaires seront réalisées sous anesthésie gazeuse (moins de 5 minutes/animal). 384 animaux recevront un traitement via l’alimentation (pour une durée de 82 jours). Tous les animaux vigiles seront soumis à un maximum de 3 prélèvements sanguins (durée d’environ 2 minutes). A la fin des expériences, tous les animaux seront euthanasiés par une méthode réglementaire.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances découleront des épisodes de contention des animaux vigiles qui peuvent entrainer un stress chez l’animal. Les traitements et les régimes spéciaux peuvent entrainer une perte d’appétit et donc une perte de poids chez la souris. Les injections peuvent induire une douleur légère (éventuellement accompagnée d’une irritation au niveau du site d’injection) et les sites d’injections et prélèvements peuvent s’infecter. Les prélèvements sanguins peuvent induire des hématomes. L’anesthésie peut induire une hypothermie ou, en cas rare, un arrêt cardiorespiratoire. La croissance tumorale peut induire une gêne chez l’animal ainsi que une baisse ou perte d’appétit qui peut causer une perte de poids des animaux. L’induction de la croissance tumorale peut conduire à des effets indésirables (cachexie, apparition de saignements au site tumoral).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront euthanasiés à la fin des procédures afin d’obtenir plusieurs tissus qui seront prélevés et soumis à diverses analyses (immunologiques, histologiques ou de biologie cellulaire et moléculaire).
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Nous avons besoin de réaliser des expériences in vivo chez la souris afin de pouvoir confirmer nos données obtenues ex vivo et in vivo. Cette étude ne peut être conduite qu’in vivo car il n’y a pas de modèles alternatifs pour l’étude macroscopique et systémique du système immunitaire.
2. Réduction
Ce projet prévoit l’utilisation d’un maximum de 7488 souris. Les expérimentations seront regroupées au maximum afin de réduire le nombre d’animaux contrôles. Plusieurs tissus seront prélevés et soumis à diverses analyses (immunologiques, histologiques ou de biologie cellulaire et moléculaire) pour extraire le maximum de données de chaque expérimentation. Ces tissus seront également partagés avec nos collaborateurs dans le but de réduire le nombre d’animaux utilisés. Pour la réalisation de cette étude, nous utiliserons des groupes homogènes de souris pour permettre une évaluation statistique solide des effets analysés. Nous utiliserons des tests statistiques pour évaluer et comparer les effets immunologiques dans les divers groupes de traitements. Une veille bibliographique attentive et constante sera effectuée pour s’assurer que les expériences planifiées n’ont pas été déjà rapportées dans la littérature scientifique.
3. Raffinement
Les conditions d’hébergement seront conformes à la réglementation et adaptées en accord avec le personnel de l’animalerie (les animaux disposeront de nourriture et d’eau ad libitum ; le milieu est enrichi à l’aide de coton de nidification, bâtons à ronger, maisonnettes, etc). Les manipulations seront réalisées dans le souci constant de réduire au maximum l’inconfort et la souffrance des animaux. Les animaux seront observés quotidiennement afin de respecter leur bien-être. De plus, le personnel impliqué dans ce projet est qualifié sur le plan technique et formé en continu sur les pratiques d’expérimentation animale. Le comportement général des animaux sera suivi. Le poids sera mesuré 1 fois par semaine. Avant l’administration des produits, les sites d’injections seront désinfectés. Des points limites surveillés seront mis en place lors des procédures de croissance tumorale. L’anesthésie gazeuse des animaux sera effectuée (avec tapis chauffants). Aucune médication supplémentaire ne sera administrée au cours des expériences, car les effets secondaires sur le système immunitaire pourraient interférer avec les résultats. Si les souris apparaissent affaiblies (prostration) pendant la procédure, la nourriture et l’eau seront mises à l’intérieur de la cage pour leur faciliter l’accès ainsi que du coton pour les réchauffer.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le choix de la souris pour la réalisation des expériences envisagées se justifie par des raisons d’ordres scientifiques et éthiques. La souris est le modèle animal le plus couramment utilisé par la communauté scientifique internationale et pour les études précliniques. La méthodologie envisagée est d’une mise en place relativement aisée sur ce type d’animal et nous avons acquis une pratique expérimentale sur cette espèce. Notre établissement utilise principalement des souris ce qui offre de nombreux avantages en termes d’élevage, d’expertise en techniques d’expérimentation animale ainsi que le suivi microbiologique et vétérinaire des animaux. Selon les procédures, les animaux seront utilisés à partir de 6 semaines afin de disposer d’un organisme avec un processus de développement terminé.