
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 16/01/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-366502)
28 brebis vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Dans cette seconde partie de l’étude, elles subissent une ovariectomie sous anesthésie avec implant d’estradiol, des traitements intranasaux au sulfate de zinc et la pose d’une éponge intravaginale pendant douze jours, pour mesurer l’activation de neurones du bulbe olfactif par les odeurs de béliers. Le porteur signale des hématomes, douleurs et pertes de poids possibles après les interventions. Il justifie l’étude par l' »effet mâle » pratiqué en élevage et affirme qu’elle exige des « animaux entiers », les brebis étant euthanasiées pour prélever leurs tissus.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Chez les mammifères, les neurones exprimant la gonadolibérine (GnRH) ont un rôle déterminant dans le contrôle de la fonction de reproduction. En effet, ceux ci, permettent la stimulation des cellules de l’hypophyse et la sécrétion d’hormones gonadotropes (que sont les hormones lutéinisantes et folliculo-stimulantes). A leur tour, ces hormones vont agir sur les gonades (ovaires chez les femelles, testicules chez les mâles) pour stimuler la production de gamètes (ovules, spermatozoïdes) ainsi que la prodction d’hormones stéroidiennes (estradiol, progestérone), qui vont rétroagir au niveau central sur le cerveau formant ainsi une boucle de régulation. Il a été montré que, au niveau central, cette boucle de régulation est, chez les ovins, sensible à l’exposition aux odeurs des partenaires sexuels, permettant ainsi de stimuler également le comportement sexuel. Dans ce contexte, les neurones à GnRH de l’hypothalamus semblent être une cible de choix. Cependant, les neurones à GnRH sont également localisés dans le bulbe olfactif, et sont relativement peu étudiés dans le contexte des expositions olfactives de congénères. L’objectif de ce projet est donc de déterminer dans quelle mesure les neurones exprimant la GnRH et localisés dans le bulbe olfactif de la brebis sont stimulés par les odeurs de partenaires sexuels chez la brebis. Le projet se déroule dans 2 etablissements utilisateurs.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le présent projet vise à étudier l’activation des neurones à GnRH présents dans le bulbe olfactif de brebis suite à l’exposition aux odeurs de mâles. Celui ci apportera une meilleure compréhension de l’implication de ces neurones dans l’effet mâle et donnera lieu à d’autres expérimentations visant à décortiquer le circuit neuronal contrôlant l’effet mâle.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Sous anesthésie générale, les brebis seront soumises à des ovariectomies avec pose d’implant d’estradiol sous cutané ainsi que des traitements intranasaux au sulfate de zinc ou solution saline, des injections d’antibiotiques et d’anti-inflammatoires non stéroidiens. La procédure complète nécessite une anesthésie générale d’environ 30 minutes. Ces interventions seront menées dans l’établissement n°1 (EU1). Les animaux seront soumis à 3 mises à jeun de 15h maximum, à la pose d’une éponge intravaginale (procédure d’une durée inférieure à une minute) qui restera en place pendant 12 jours, et à des déplacements de quelques minutes pour le transfert d’un batiment à un autre. Les batiments étant très proches les uns des autres, la durée estimée des déplacement sera inférieure à 15 minutes. Ces interventions seront menées dans l’établissement n°2 (EU2).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
A la suite de ces interventions, des hématomes, douleurs, perte de poids, de mobilité peuvent cependant être observées. Les différentes injections nécessaires aux anesthésies et les différentes étapes de transport peuvent engendrer du stress pour les animaux. La pose des éponges intravaginales peut aussi constituer un acte désagréable pour les animaux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront euthanasiés et les tissus seront récupérés pour des études immunohistochimiques ultérieures
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’effet mâle est une pratique qui est utilisée en élevage pour induire l’activation de la fonction de reproduction en dehors de la saison sexuelle chez les animaux d’élevage. L’étude de l’effet mâle et des processus neurologiques mis en jeux nécessite, de fait, l’utilisation d’animaux entier et ne peux être substitué par une approche alternative. Le modèle ovin a été choisi ici, car c’est un modèle pour lequel cet effet a été le plus caractérisé. Les résultats acquis par le présent projet viendront donc s’ajouter à la masse de connaissances sur le sujet afin de nourrir la compréhension du phénomène physiologique et préciser le rôle des neurones à GnRH du bulbe olfactif dans le contrôle de l’effet mâle.
2. Réduction
Notre protocole expérimental a été mis en place de sorte à réduire au maximum le nombre d’animaux utilisés. Aussi, une partie des animaux utilisés dans le cadre de ce protocole sont des animaux issus d’un protocole précédent. A la lumière des études publiées dans le domaine et de notre expérience, il nous sera nécessaire de constituer des groupes de 9 animaux par type d’exposition afin d’obtenir une puissance statistique suffisante.
3. Raffinement
Nous raffinerons chaque procédure dans le but de réduire au maximum l’inconfort, la douleur ou l’angoisse subie par les animaux. Les animaux seront hébergés en groupes lors des procédures afin de réduire le stress au maximum. Aussi, la priorité sera mise sur l’habituation des animaux au maniements et aux différents déplacements nécessaires à l’étude. Ces habituations permettrons de réduire le stress au maximum et d’obtenir des résultats beaucoup plus propres (le moindre stress pouvant induire une activation neuronale pouvant biaiser les résultats finaux). Le comportement (notamment l’isolement du groupe) et l’apparence des brebis sera suivi avec attention et les animaux seront pesés pendant 3 jours après l’ovariectomie, en pretant attention à ce que je lpourcentage de perte de poids ne dépasse pas 15%. Ce suivi permettra d’évaluer le bien-être des animaux et de décider de l’euthanasie ou le soulagement de la douleur des animaux suivant le stade d’atteinte des points limites. Dans tout les cas, la décision sera prise avec l’appui d’un avis vétérinaire. En cas d’hémorragie post-opératoire (muqueuses pâles), l’naimal sera réanesthésié et nous rechercherons le site hémorragique pour procéder à la suture vasculaire.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’effet mâle est une pratique qui est utilisée en élevage pour induire l’activation de la fonction de reproduction en dehors de la saison sexuelle chez les animaux d’élevage. L’étude de l’effet mâle et des processus neurologiques mis en jeux nécessite, de fait, l’utilisation d’animaux entiers et ne peux être substituée par une approche alternative. Le modèle ovin a été choisi ici, car c’est un modèle pour lequel cet effet a été le plus caractérisé. Les résultats acquis par le présent projet viendront donc s’ajouter à la masse de connaissances sur le sujet afin de nourrir la compréhension du phénomène physiologique. L’étude nécessite des animaux ayant une fonction de reproduction bien développée et mature, donc des animaux ayant passé le stade de la puberté. Ainsi les brebis auront atteint l’âge adulte.