
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-09-06 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-367229)
Démontrer devant les autorités qu’un vaccin protège de la toux de chenil suppose d’infecter délibérément des chiens vaccinés et des chiens témoins. 250 chiens vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré, 25 d’entre eux réutilisés ensuite dans des études ne réclamant pas d’animaux indemnes de ces agents, d’autres tués pour des prélèvements après la mort. Chacun reçoit une à cinq administrations du vaccin, puis une à deux inoculations d’agents pathogènes sous anesthésie, avant deux écouvillonnages par jour pendant quatorze jours, également sous anesthésie. Le porteur indique que les chiens laissés non vaccinés, comme témoins, peuvent tousser, éternuer et présenter des difficultés respiratoires, et que le recours à l’espèce cible est « indispensable » du point de vue réglementaire, le projet évaluant trois à quatre vaccins.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le projet a pour but d’évaluer l’efficacité d’un vaccin destiné au chien contre la pathologie toux de chenil. Pour qu’un vaccin soit autorisé, il faut notamment démontrer que celui-ci apporte un effet bénéfique sur l’animal pour la pathologie considérée. Les études sont réalisées sur l’espèce cible (chien) pour s’approcher au mieux des conditions réelles d’utilisation (Pharmacopée Européenne et réglementations des pays destinataires). Pour démontrer l’efficacité d’un vaccin contre cette pathologie canine, une phase d’épreuve suit la phase d’administration du vaccin.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La finalité de ces études est de permettre le développement de vaccins efficaces contre la pathologie toux de chenil et donc de réduire l’impact des maladies infectieuses chez les chiens.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Administration du vaccin : 1 à 5 fois avec 2 à 5 semaines d’intervalle, sur tous les animaux en vigile, acte inférieur à 1 minute. Administration d’un ou des agents pathogènes, 1 à 2 fois à 4 jours ou 1 mois d’intervalle sur tous les animaux anesthésiés, acte durant moins d’une minute sous anesthésie. – Prélèvements sanguins plusieurs fois pendant l’étude sur tous les animaux en vigile, acte inférieur à 1 minute. – Ecouvillons : 2 par jours pendant 14 jours sur tous les animaux anesthésiés, acte durant moins d’une minute sous anesthésie. – Observation clinique quotidienne sur tous les animaux en vigile, 5 à 30 minutes en fonction des pathogènes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances ou effets indésirables attendus sur les animaux sont les suivants : La contention et la répétition d’actes techniques (administrations et prélèvements) peuvent occasionner un stress et éventuellement de la douleur. L’administration d’un ou des agents pathogènes peut occasionner un stress et de l’agitation chez l’animal, elle peut provoquer des éternuments, des réflexes de toux et/ou une gêne respiratoire. Les écouvillons peuvent provoquer des irritations des muqueuses. Le développement de la pathologie peut donner lieu à des signes cliniques modérés (toux, éternuements et/ou difficultés respiratoires) les quelques jours suivant l’épreuve (notamment chez les animaux non-vaccinés = animaux témoins dans les études d’efficacité).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux pourront être réutilisés pour les études ne nécessitant pas un statut indemne des pathogènes utilisés. Les animaux ayant atteints les points limites ou nécessitant des prélèvements post mortem (analyse histopathologique ou quantification du pathogène dans un organe) seront euthanasiés.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Lorsque cela est possible, une première étape dans le projet de développement d’un vaccin consiste à tester in vitro différents candidats. Ceci permet une première sélection de ces derniers, réduisant ainsi le nombre de candidats à tester in vivo donc le nombre d’animaux utilisés. Une série de tests analytiques permet de garantir un certain niveau de sécurité pour les animaux recevant le produit. Un recueil d’informations est aussi apporté par la bibliographie lorsque cela est possible. Lorsque les modèles existent, un premier test sur des espèces alternatives (notamment des rongeurs) serait réalisé afin de réduire le nombre de chiens utilisés. Le recours à l’espèce cible est à l’heure actuelle indispensable d’un point de vue réglementaire (Ph. Eur. Monographies 1951 et 1955 et 0062/2525) et scientifique, les résultats obtenus in vitro et sur espèces alternatives n’étant pas complètement extrapolables.
2. Réduction
Pour les études réglementaires, le nombre d’animaux est fixé par les textes. En amont, lors des phases recherche, les effectifs sont évalués au plus juste de façon à minimiser le nombre de chiens tout en permettant d’interpréter les résultats des études. Ce projet permettra d’évaluer 3-4 vaccins contre la toux de chenil.
3. Raffinement
Pour chaque étude, une période d’acclimatation systématique est prévue dans le but de limiter le stress des animaux et de stabiliser leur état physiologique. Les conditions d’hébergement sont adaptées à l’espèce et à l’âge des animaux pour maximiser leur confort et leur bien-être. Les animaux sont hébergés en groupe. Des enrichissements adaptés au milieu sont mis en place. La contention et les actes techniques sont réalisés par un personnel hautement qualifié. Ils peuvent avoir recours à une anesthésie et/ou une analgésie si l’acte ou l’animal le nécessite. Des points limites spécifiques de la pathologie sont définis. Ces critères sont en constante évolution de manière à refléter au mieux l’expérience du terrain et l’état actuel des connaissances vétérinaires. Le personnel est formé et compétent pour identifier les cas pour lesquels l’animal n’est plus dans son état physiologique optimal. Une observation quotidienne des animaux est réalisée. Elle porte sur les points suivants : apparence physique externe, comportement spontané, comportement provoqué/réponse aux stimuli externes. La Structure du Bien Etre Animal (SBEA) garantit l’amélioration des techniques de soins et des conditions de vie des animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’évaluation sur espèce cible (chien) est une exigence règlementaire et le modèle optimal pour réaliser les études à ce stade de connaissance. En générale la vaccination s’effectue à 7 semaines d’âge, mais des animaux de 4 semaines pourront être inclus (animaux nés sur site ou chez un fournisseur). Dans ce cas les chiots seront hébergés avec leur mère ou une nourrice. Dans les études de durée d’immunité, les chiots sont vaccinés jeunes puis observés jusqu’à l’âge adulte pour tester la durée de protection conférée par le médicament. Pour la mise au point de modèle d’épreuve, des animaux adultes (> 12 mois) peuvent également être utilisés.