Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Ce projet prolonge un travail précédent qui vise à mieux comprendre comment certaines cellules du système immunitaire, appelées cellules dendritiques de type 1, aident le corps à se défendre contre le cancer. Ces cellules ne détruisent pas directement les cellules cancéreuses. Leur rôle est plutôt de coordonner la réponse immunitaire, un peu comme un chef d’orchestre. Elles activent d’autres cellules du système immunitaire, notamment : • Des globules blancs capables de tuer les cellules cancéreuses ; • D’autres cellules qui participent aussi à cette défense. Sans elles, le système immunitaire a plus de mal à repérer et attaquer les tumeurs, même avec l’aide de traitements comme l’immunothérapie. Leur rôle important a été démontré dans des études chez l’animal, et des recherches chez des patients, notamment atteints de cancer du sein, suggèrent qu’elles peuvent aussi avoir un effet protecteur. Des traitements qui ciblent ces cellules sont actuellement en test, et les résultats sont prometteurs. Ces cellules sont efficaces car elles montrent aux globules blancs ce qu’ils doivent attaquer, en leur présentant des fragments de cellules cancéreuses, appelés antigènes. Elles envoient aussi des messages chimiques qui attirent d’autres cellules immunitaires vers la tumeur et les aident à mieux fonctionner. Mais certaines questions restent encore sans réponse : • Comment aident-elles les globules blancs à s’installer dans la tumeur ? • Ont-elles aussi un effet sur d’autres cellules immunitaires ? Pour y répondre, nous utilisons des modèles expérimentaux chez la souris, dans lesquels nous induisons le développement de tumeurs en injectant des cellules cancéreuses. Ces outils nous permettent de : 1. Voir si ces cellules aident les globules blancs à bien se positionner pour attaquer la tumeur ; 2. Comprendre comment elles les activent ; 3. Étudier si elles influencent aussi d’autres cellules impliquées dans la défense contre le cancer. En comprenant mieux leur fonctionnement, nous espérons contribuer au développement de traitements anticancéreux plus efficaces et mieux ciblés.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Notre projet identifiera à court terme chez la souris des marqueurs, groupes de gènes et mécanismes associés aux fonctions protectrices des celles dendritiques conventionnelles de type 1 contre le cancer. Leur conservation chez l’homme sera évaluée en déterminant leur valeur pronostique par réanalyse des données publiques provenant de patientes atteintes de cancer du sein. Cela pourrait nous aider à identifier de nouvelles caractéristiques des réponses immunitaires associées à une évolution plus favorable de la maladie et à mieux comprendre comment cela fonctionne. Une autre étape importante sera à moyen terme de transposer les résultats obtenus chez la souris aux cellules humaines. Pour ce faire, nous allons utiliser nos techniques de culture de cellules souches humaines, qui nous permettent de générer et de manipuler en laboratoire un grand nombre de cellules dendritiques de type 1. Ces recherches devraient nous aider à mieux comprendre comment ces cellules fonctionnent chez l’homme et comment elles peuvent être exploitées pour améliorer les traitements du cancer, notamment dans le cadre du développement de vaccins thérapeutiques basés sur l’activation optimale de la réponse immunitaire antitumorale.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les interventions prévues dans le cadre de ce projet se limitent à des manipulations courtes, réalisées sous anesthésie, et classées au-dessus du seuil réglementaire. Elles sont décrites ci-dessous. Les animaux recevront une ou plusieurs injections d’anticorps et/ou de cellules, effectuées sous anesthésie générale dont la durée est inférieure à une minute. Certaines souris recevront également une injection unique de cellules tumorales, réalisée sous anesthésie générale. Cette intervention, d’une durée d’environ cinq minutes. Au cours du suivi expérimental, la mesure de la taille tumorale sera réalisée de manière répétée, sous anesthésie légère. Cette manipulation, très brève (quelques secondes), permet de suivre l’évolution de la tumeur tout en limitant le stress pour l’animal.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

L’anesthésie utilisée pour les injections dans les souris est de courte durée (5 minutes). Elle est appliquée avant des injections dans la glande mammaire ou intraveineuse. Cela peut provoquer un léger stress pendant quelques secondes. Dans de rares cas, surtout avec une certaine lignée de cellules tumorales, la taille de la tumeur peut gêner la mobilité des souris et présenter des signes d’ulcération au niveau de la tumeur..L’injection dans la veine située derrière l’œil, même sous anesthésie peut causer de la douleur legère de courte durée qui sera réduit au minimum à l’aide d’un anesthesiant local.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Dans le but de réaliser les analyses histologiques, immunologiques et moléculaires sur les différents organes d’intérêt, la mise à mort des animaux est nécessaire afin de permettre leur prélèvement. Cette étape est indispensable pour répondre aux objectifs scientifiques du projet. Au total, l’ensemble des animaux du projet sera concerné.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Ce projet nécessite de mesurer différents éléments de la réponse du système immunitaire lors de la lutte contre le cancer. Les interactions entre les cellules du système immunitaire entre elles et avec les cellules tumorales sont très nombreuses et complexes, et pour mieux les comprendre il est indispensable de les étudier dans des modèles in vivo et aucun modèle in vitro ou ex vivo disponible à l’heure actuelle ne permet d’étudier la complexité des interactions (mobilisation et activation) entre cellules dendritiques et autres cellules de l’immunité.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre de souris pour chaque groupe et chaque procédure a été soigneusement calculé en cohérence avec les principes éthiques de réduction, c’est-à-dire pour ne pas être excessif, mais être suffisant à permettre une analyse statistique fiable des résultats, en fonction de notre expérience sur la variabilité des réponses au sein de chaque groupe expérimental et entre groupes.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Afin de limiter le stress des animaux, ceux-ci seront maintenus en groupes sociaux stables, formés d’individus compatibles. Ils disposeront de matériel pour confectionner des nids et des dômes protecteurs. Les injections de molécules ou de cellules tumorales seront réalisées sous anesthésie gazeuse de facon à limiter au maximum le stress des animaux. L’apparence des animaux et leur activité, la taille de la tumeur , seront observées quotidiennement et le poids des souris mesuré tous les 3 jours, afin de determiner un score permettant de d’identifier de manière précoce et prédictive des signes de souffrance et mettre en places de mesures correctives adéquates comme l’accès à la nourriture et à l’eau facilité grâce à la mise à disposition de gel diététique, l’ajout d’enrichissements supplémentaires pour nidation, une fréquence d’observation augmentée, ou une mise à mort précoce. L’ensemble des manipulations réalisées sur animaux vigiles (examen du site d’injection, suivi du poids) sera realisé par du personnel compétent et experimenté afin de réduire au maximum le stress lié à ces gestes.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les souris sont le modèle idéal pour ce type d’études parce qu’elles se reproduisent rapidement, ont une taille pratique pour les expériences, et leur génétique est bien connue. Pour les recherches que nous prévoyons, il est parfois nécessaire d’utiliser des souris génétiquement modifiées. Le corps des souris fonctionne de manière assez similaire à celui des humains, ce qui permet de transposer les conaissances acquises sur le fonctionnement chez l’Homme. Des souris âgées de 8 à 15 semaines seront utilisées car elles ont un système immunitaire mature et leurs glandes mammaires sont pleinement développées. Pour éviter que des différences d’âge ne faussent les résultats, nous veillons à ce que l’écart d’âge entre les souris d’un même groupe ne dépasse pas 2 semaines.