
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-09-19 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-378673)
2 368 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Elles reçoivent des injections intrapéritonéales ou sous-cutanées, répétées deux fois par semaine pendant quatre semaines pour une partie d’entre elles, et des prélèvements de sang par section de la queue sous anesthésie, avant d’être tuées pour analyser leur sang et leur moelle osseuse. Le porteur étudie la formation des plaquettes et le rôle des forces mécaniques, et annonce des retombées à la fois thérapeutiques et technologiques, dont l’augmentation des rendements de production de plaquettes en bioréacteur. Il affirme que les expériences « nécessitent un animal adulte vivant » et que la souris est la seule espèce pour laquelle il dispose du modèle génétique voulu.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les principaux objectifs de ce projet seront la compréhension des mécanismes de formation des plaquettes sanguines, et notamment le rôle joué par les forces mécaniques de l’environnement. Ces forces mécaniques sont perturbées dans différentes conditions pathologiques qui modifient l’environnement mécanobiologique, telles que les traitements chimiothérapeutiques, ou les cancers de la moelle osseuses aboutissant au développement de myélofibrose. Bénéfices. La mise en évidence de nouvelles voies importantes pour la formation des plaquettes
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La mise en évidence de nouvelles voies importantes pour la formation des plaquettes permettra d’envisager de nouvelles stratégies thérapeutiques pour augmenter la production des plaquettes chez la patients, ou selon les cas pour prévenir leur chute. Un deuxième bénéfice important est d’ordre technologique. Actuellement on est incapable de produire des plaquettes in vitro à une échelle suffisamment importante pour envisager des transfusions. L’une des raisons en est que la différenciation des mégacaryocytes in vitro est inaboutie en comparaison de la différentiation in vivo. Nous avons montré que la culture des mégacaryocytes en présence de contraintes mécaniques améliore la différenciation de ces cellules et in fine double la quantité de plaquettes produites. L’identification des récepteurs et voies de signalisation nous permettra de les cibler spécifiquement pour mimer l’impact des forces mécaniques, ce qui augmentera les rendements de production de plaquette en bioréacteur en milieu liquide.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les nuisances sont essentiellement liées au stress de contention au moment des injections, soit en i.p., soit en s.c. Les produits injectés ont comme impact soit d’augmenter la quantité de plaquette, soit de la diminuer modérément et transitoirement, de sorte qu’ils n’ont aucun impact négatif sur l’animal.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux seront majoritairement soumis à une injection unique, soit en i.p., soit s.c. (animal vigile). L’une des procédures fait appel à des injections s.c. répétées (2 injections par semaine, pendant 4 semaines). Une autre procédure fait appel au prélèvement de sang par section de moins de 1 mm à la queue de souris anesthésiée, puis par grattage de la croute pour les 4 autres prélèvements (toujours sur souris anesthésiée).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
En fin de projet, les animaux sont tous sacrifiés pour récupérer et analyser le sang et la moelle osseuse
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les expériences nécessitent un animal adulte vivant, car elles posent la question du rôle de l’environnement de la moelle osseuse dans la différenciation hématopoiétique en mégacaryocytes et dans la libération des plaquettes à travers les vaisseaux sinusoides de la moelle. De plus, nous disposons des souris identiques au niveau génétique et modifiées génétiquement afin de nous permettre d’évaluer spécifiquement l’impact de ces mécanorécepteurs et facteurs de transcription.
2. Réduction
Le nombre d’animal est réduit par le fait qu’un maximum d’analyses seront réalisées pour une même procédure expérimentale avec un même lot d’animaux, selon la question posée (ex. analyse du sang, récupération des os pour culture de cellules, pour récupération de moelle en vue d’analyses histologiques et de microscopie de transmission), récupération éventuelle d’autres organes. Différents manipulateurs seront ainsi réquisitionnés pour permettre d’effectuer simultanément ces différentes analyses afin d’acquérir des données fiables et définitives.
3. Raffinement
Tout est mis en place pour limiter l’inconfort des souris durant toute la durée de la procédure, incluant une manipulation et contention par des personnes formées et expérimentées, à l’abris du bruit. Le prélèvement caudal de sang est effectué sur souris anesthésiée à l’isoflurane, permettant une bonne anesthésie et un réveil rapide. Les souris restent ensemble dans la même cage, en présence une litière abondante et permettant la formation de nid, dans un environnement enrichi en jouets.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La mise en évidence des proplaquettes à partir des MK et cellules souches hématopoiétiques est bien maitrisée chez la souris. En outre, c’est la seule espèce pour laquelle nous disposons du modèle dont les gènes qui nous intéressent sont inactivés. Animaux utilisés au stade jeune adulte (8-18 semaines), car à ce stade la moelle osseuse du fémur est encore très hématopoiétique et peu d’adipocytes sont présents.