
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 24/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-383161)
Répartis en 18 lapins, 18 chats, 6 chiens et 6 bovins, 48 animaux non-humains sont utilisés pour nourrir des élevages de phlébotomes, de moustiques, de stomoxes et de puces, et pour fournir du sang aux travaux pratiques d’étudiants vétérinaires, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Chaque lapin peut subir jusqu’à 78 infestations d’une heure par 80 phlébotomes ou moustiques posés sur ses oreilles, chaque chat jusqu’à 160 infestations de vingt puces qui piquent jusqu’à une dizaine de fois par jour, chaque chien jusqu’à 260 prises de sang en cinq ans et chaque bovin jusqu’à 90. Les chats et les lapins passent leurs nuits en cage individuelle pour permettre le recueil des œufs de puces ou des fèces, le porteur précisant que pour les chats ces cages sont plus petites que les normes standard d’hébergement. Le porteur écrit que ces lapins, chats, chiens et bovins sont maintenus en vie et pourront être réutilisés ou proposés à l’adoption, sans mentionner les huit mises à mort que le décompte structuré du résumé fait apparaître.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet est l’entretien d’un insectarium maintenant en élevage de laboratoires des phlébotomes, des moustiques, des stomoxes et des puces dans l’établissement, afin de pouvoir réaliser des études de développement de médicaments antiparasitaires, ainsi que la formation des étudiants vétérinaires à la réalisation d’examen complémentaires (frottis sanguins) en parasitologie. Les parasites externes des carnivores domestiques (insectes ou acariens : phlébotomes, moustiques, puces, tiques) et des animaux de production (mouches piqueuses hématophages) peuvent causer diverses nuisances aux animaux (prurit, douleur, allergies…) et transmettre des maladies vectorielles qui sont, pour certaines, des zoonoses. La leishmaniose par exemple, transmise par la piqûre des phlébotomes, est une des maladies vectorielles les plus importantes en Europe chez le chien. Présente dans 80 pays du monde et en extension, cette maladie transmissible à l’homme peut provoquer chez le chien des signes cutanés et viscéraux, qui sans traitement conduisent à la mort de l’animal. Tout chien infecté le reste à vie et représente une source de parasites pour l’homme. Les stomoxes, quant à eux, sont des mouches piqueuses harcelantes des bovins, à l’origine de nuisances directes (perturbation du bien-être, piqures douloureuses, spoliation sanguine) et indirectes (transmission d’agents pathogènes : bactéries, parasites, virus, tel que celui de la dermatose nodulaire contagieuse). Elles sont également à l’origine de pertes économiques importantes pour les éleveurs. Le développement d’antiparasitaires externes ayant pour but de protéger les animaux contre ces parasites est donc un enjeu de santé animale et humaine. Pour évaluer un nouveau produit ou pour obtenir une autorisation de mise sur le marché d’un nouveau médicament vétérinaire, différentes études sont obligatoires et nécessitent de disposer des insectes ou acariens ciblés. Ceux-ci ont besoin d’être nourris régulièrement avec du sang de mammifères afin de pouvoir se reproduire et certaines de leurs larves sont nourries avec un aliment dont la préparation nécessite des fèces des lapins. Il est par ailleurs essentiel que les étudiants vétérinaires soient formés au diagnostic de ces maladies vectorielles au cours de leur cursus de formation et l’apprentissage de la réalisation de frottis sanguin fait partie des travaux pratiques en parasitologie.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices attendus de ce projet sont, à court terme, la formation des étudiants en parasitologie, ainsi que la pérennité de l’insectarium et la reproduction des insectes, permettant de disposer des parasites nécessaires aux tests d’efficacité d’antiparasitaires vétérinaires, et à moyen terme, la mise sur le marché de ces médicaments. Ces insectes servent également à des projets de recherche permettant de mieux comprendre les modalités de transmission vectorielle et les mécanismes de résistance aux insecticides. A plus long terme, les produits développés et testés au sein de l’établissement utilisateur ont pour objectifs de prévenir la transmission des maladies vectorielles à l’animale et pour certains à l’homme. Une meilleure compréhension des mécanismes de transmission des agents infectieux vectorisés et de la résistance aux insecticides permettra respectivement de proposer des méthodes de lutte adaptées pour la prévention des maladies et contourner la résistance
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
– Les lapins seront soumis à des piqures d’insectes (80 phlébotomes ou moustiques) au niveau de leurs oreilles uniquement, sur animal vigile, pendant 1h maximum, toutes les 2 semaines maximum, soit un maximum de 78 infestations d’une durée d’1h pendant toute la durée du projet. Chaque insecte pique généralement une seule fois à chaque infestation. La piqure est très brève (environ 1 seconde), puis l’insecte reste fixé le temps de son repas sanguin 3 à 5 minutes avant de se détacher. Les lapins sont également utilisés pour des recueils de fèces permettant de préparer l’aliment des larves de phlébotomes. Pour cela, ils doivent ponctuellement, 2 à 3 nuits par mois, être placés en cages individuelles sur grille pendant la nuit (15h maximum). – Les chats seront soumis à des piqures de puces sur animal vigile avec 20 puces par infestation hebdomadaire, pendant une durée de 2 mois, tous les 3 mois maximum, soit un maximum de 160 infestations (dépôt de 20 puces sur leur pelage) pendant toute la durée du projet. Chaque puce peut piquer jusqu’à une dizaine de fois chaque jour. La piqure de puce est très brève (environ 1 seconde), puis la puce reste fixée le temps de son repas sanguin 3 à 5 minutes avant de se détacher. Les chats recevront également un comprimé d’antiparasitaire externe par voie orale tous les 3 mois maximum soit 20 administrations maximum pendant toute la durée du projet. Chaque administration dure 2 minutes. Pendant les périodes d’infestation, les animaux sont isolés chaque nuit (15h maximum) dans une cage individuelle de 1 m2 permettant de recueillir les œufs de puces qui tombent de leur pelage afin de maintenir l’élevage d’insectes. – Les chiens seront soumis au maximum à une prise de sang par semaine, d’une durée de 3 minutes maximum, sur animal vigile, pendant toute la durée du projet, soit au maximum 260 prises de sang sur 5 ans. – Les bovins seront soumis à une prise de sang toutes les 3 semaines, d’une durée de 15 minutes maximum, sur animal vigile, pendant toute la durée du projet, soit au maximum 90 prises de sang sur 5 ans.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets indésirables possibles pour les animaux sont : – une douleur, un prurit excessif ou le développement d’une allergie liés aux piqures d’insectes – une douleur ou une phlébite liée aux prélèvements sanguins répétés – un isolement temporaire en cage individuelle au cours de la nuit pour les chats et les lapins. Pour les chats, les dimensions de ces cages individuelles sont inférieures aux normes standard d’hébergement.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Pendant toute la durée du projet, les animaux sont maintenus en vie, ont un suivi vétérinaire régulier et restent dans la colonie de l’établissement utilisateur. A la fin de ce projet, ou en cas d’exclusion de ce projet, ils pourront soit être utilisés dans un autre projet (après évaluation vétérinaire), soit être proposés à l’adoption.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les nourrisseurs artificiels permettent de remplacer partiellement l’exposition directe d’animaux aux piqures d’insectes. Des essais ont préalablement été réalisés pour essayer des solutions nutritives artificielles afin de nourrir les insectes, mais elles ne permettent pas leur reproduction en quantité suffisante pour l’entretien d’un insectarium. Le développement de solutions adaptées reste une alternative potentielle pour l’avenir mais ne peut pas encore actuellement être mis en œuvre. De plus, les insectes sont principalement élevés pour réaliser des tests d’efficacité d’antiparasitaires sur animaux. Or, lorsqu’ils sont exclusivement nourris sur des systèmes artificiels, ils perdent progressivement leur attraction naturelle vers l’animal, ce qui les rend inutilisables pour cet objectif scientifique. Enfin, lorsqu’il s’agit de sélectionner des puces résistantes à certains antiparasitaires spécifiques, il n’est pas possible de reproduire artificiellement la peau d’un animal traité. Du sang animal reste donc nécessaire pour remplir ces nourrisseurs et ces dispositifs ne permettent qu’une substitution partielle des infestations directes sur animal. Des fèces de lapin restent également nécessaires pour la préparation de l’aliment des larves de phlébotomes, ainsi que du sang animal pour l’apprentissage de la réalisation de frottis sanguins à des fin de diagnostic vétérinaire, sans méthodes alternatives existantes.
2. Réduction
Nous utiliserons le nombre minimal d’animaux de chaque espèce pour réaliser en continu les travaux pratiques de parasitologie et l’entretien de l’élevage en adaptant les prélèvements et infestations aux besoins strictement nécessaires.
3. Raffinement
Tous les animaux disposent d’élément d’enrichissement adaptés à l’expression de leur comportements naturels dans leurs hébergements et ont un programme de sorties, de jeu et/ou de manipulation : Les chiens disposent de balles, jouets en caoutchouc, plateformes de repos, et sont sortis quotidiennement dans le couloir de l’hébergement pour une courte activité de jeu avec le personnel. Ils sont également sortis dans un parc extérieur de détente ou promenés en laisse une fois par semaine (sauf conditions météo défavorables). Ils sont régulièrement habitués à monter sur la balance, être brossés et amenés en salle d’examen et récompensés à chaque occasion. Les chats disposent de paniers maisonnettes, griffoirs, jouets, tablettes surélevées et d’arbre à chats, ils sont sortis dans le couloir de l’hébergement une fois par semaine. Ils sont également régulièrement habitués à être pesés, brossés et amenés en salle d’examen et récompensés à chaque occasion. Les lapins disposent de maisonnettes, d’éléments à ronger et sont régulièrement caressés et manipulés. Ils sont également sortis dans le couloir de leur hébergement pendant le nettoyage de leur enclos. Les bovins sont hébergés en extérieur et sont régulièrement manipulés, habitués au licol et récompensés à chaque occasion. Le nourrissage des insectes sans infestation directe des animaux est préférentiellement pratiqué quand cela est possible. Lorsque des infestations sont pratiquées sur les lapins, une crème antiprurigineuse est systématiquement appliquée localement. Lorsqu’ils ne sont plus utilisés, les animaux sont tous proposés à l’adoption.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Ces espèces répondent aux critères biologiques naturels des insectes hématophages (attractivité, compatibilité physiologique) et aux contraintes pratiques nécessaires. Les lapins sont utilisés pour les infestations par les phlébotomes et moustiques, leur taille et leur docilité permet de réaliser des infestations sur animal vigile, en exposant seulement leurs oreilles, qui offrent une grande surface cutanée facile d’accès permettant aux insectes de se nourrir efficacement. Leurs fèces sont pertinentes pour le nourrissage des larves de phlébotomes. Les chats sont pertinents pour le nourrissage et la reproduction des puces, car ce sont les hôtes préférentiels de ces parasites et ils les supportent naturellement. Les chiens sont utilisés pour les prélèvements de sang utilisés lors des travaux pratiques de parasitologie car ils sont représentatifs des carnivores domestiques soignés en clientèle. Les chiens sont également utilisés, de même que les bovins, pour obtenir le sang nécessaire à l’entretien des élevages de stomoxes et pour les nourrisseurs artificiels : les prélèvements sont faciles à réaliser et ils peuvent fournir en quantité suffisante le sang nécessaire pour alimenter les insectes. Des animaux adultes, sans préférence d’âge sont nécessaires. Nous prévoyons de travailler sur des animaux âgés de plus de 6 mois.