Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’addiction au tabac et à l’alcool constitue un problème majeur de santé publique. Cependant, les mécanismes qui sous-tendent la consommation excessive de ces substances, malgré leurs conséquences négatives, restent encore mal compris. De même, nous ne sommes pas tous égaux face à l’addiction, et les raisons pour lesquelles un individu progresse vers une consommation excessive d’alcool ou de tabac demeurent peu étudiées d’un point de vue neurobiologique.Dans ce projet, nous étudierons comment les interconnexions réciproques entre les différents éléments du circuit de la récompense du cerveau sont à l’origine des effets à la fois gratifiants et aversifs induits par les drogues d’abus les plus communément consommées : la nicotine et l’alcool. Nous analyserons comment l’action de ces drogues modifie l’activité des circuits dopaminergiques pour produire des effets de récompense à l’origine de la consommation, et comment, en retour, la libération de dopamine dans le nucleus accumbens et l’amygdale modifie l’activité des neurones dopaminergiques eux-mêmes pour induire des effets anxiogènes et aversifs. Ce projet aborde donc le problème de comprendre comment notre cerveau réagit et s’adapte lorsqu’il est soumis à un stimulus engendrant à la fois des effets gratifiants mais également anxiogènes et aversifs. Les effets positifs et négatifs des drogues étant intimement liés l’un a l’autre, ce projet représente un effort unique pour comprendre leurs rôles réciproques dans l’addiction.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet vise à mieux comprendre comment les drogues détournent les mécanismes d’apprentissage par renforcement naturel de notre cerveau en altérant les circuits neuronaux activés par les récompenses naturelles. Il permettra notamment de clarifier le rôle des effets négatifs des drogues dans l’établissement de l’addiction ou la résistance à celle-ci.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Certains animaux subiront deux interventions chirurgicales sans réveil : l’une d’une durée de 5 heures, l’autre de moins de 5 minutes. D’autres animaux subiront une seule intervention chirurgicale avec réveil, dont la durée n’excédera pas une heure. Les animaux seront répartis en quatre groupes, chacun associé à un seul type de test comportemental. Chaque animal ne participera qu’à un seul type de test. Selon le protocole, les tests auront une durée variable allant de 10 minutes à 2 heures et comporteront entre 1 et 20 sessions, à raison d’une session par jour. Pour certains protocoles ne comportant qu’une seule session, celle-ci sera répétée une seconde fois à une semaine d’intervalle sur le même animal. (nb de test par animal: 1 à 2, fréquence des test: 1 semaine, nombre de session 1 à 20, durée des sessions: 10 min à 2 h, fréquence des sessions: 1 par jour). Par ailleurs, certains animaux seront exposés à de la nicotine ou à de l’éthanol via leur eau de boisson pendant une période de trois semaines. D’autres seront exposés de manière aiguë, en recevant des injections instantanées de nicotine ou d’alcool. Des prélevements de tissus seront réalisés chez certains animaux une fois par animal.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les interventions chirurgicales avec réveil entraînent des douleurs modérées. Les procédures comportementales ne provoquent pas de douleurs physiques, mais certaines peuvent induire une nuisance légère sur l’état émotionnel des souris (anxiété) durant la durée du test (10 min à 2 heures). Les traitements par voie orale (eau de boisson) ne causent pas d’effets indésirables pendant les trois semaines d’exposition. Toutefois, l’arrêt du traitement peut entraîner une nuisance émotionnelle légère (anxiété) dans les deux jours suivant le sevrage. Les injections de drogues peuvent occasionner une douleur légère au moment de la piqûre d’une courte durée (quelques minutes). Les prélevements de tissus peuvent entrainer une douleure légère de quelques heures.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux seront euthanasiés à l’issue de toutes les procédures, soit immédiatement après une procédure terminale, soit pour permettre le prélèvement des cerveaux à des fins d’études histologiques. Toutes les euthanasies seront réalisées dans le respect des normes éthiques et réglementaires les plus strictes, afin de garantir une fin de vie sans douleur ni stress pour les animaux.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Le but de ce projet est de comprendre l’impacte fonctionnel des drogues d’abbus sur un cicruit neuronale et le comportmentaux. La corrélation et le lien de causalité entre comportement et neurophysiologie est donc une composante majeure de ce projet. Cette étude n’est donc réalisable que sur des animaux.

2. Réduction

3R / Réduction :

Les procédures ont été conçues pour qu’une même souris puisse participer à un maximum d’expériences, limitant ainsi le recours à de nouveaux animaux pour chaque expérimentation. Les effectifs sont déterminés de manière à fournir des résultats analysables par des méthodes statistiques scientifiquement adaptées.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Ces protocoles sont conçus pour minimiser l’inconfort et garantir le bien-être des animaux tout en assurant des conditions optimales pour l’étude scientifique. Les tests comportementaux sont d’une durée limitée, et les traitements par drogues sont administrés via l’eau de boisson, avec une augmentation progressive des doses. La solution est enrichie en sucre pour masquer l’amertume et encourager la consommation. Les animaux sont maintenus en groupes sociaux et régulièrement manipulés pour réduire leur anxiété lors des tests de comportements. Enfin, afin de définir des points limites précoces permettant la mise en œuvre rapide de mesures adaptées en cas de douleur ou de mal-être, une grille de suivi graduée sera utilisée. Celle-ci prendra en compte plusieurs critères, tels que les signes de douleur, la perte de poids et l’altération de l’état général.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le système dopaminergique mesocorticolimbique des rongeurs est relativement bien conservé par rapport à l’Homme, anatomiquement et fonctionnellement. Les récepteurs nicotiniques et les afférences cholinergiques sont organisées de manières similaires. Ce n’est pas le cas chez les invertébrés, poissons et oiseaux. Par ailleurs, les comportements d’addiction sont clairement établis chez les rongeurs. De plus, la génétique de la souris offre des outils de modulations des réseaux neuronaux, difficilement accessibles chez d’autres modèles. Si les modèles d’invertébrés et poisson peuvent être utilisés pour étudier les mécanismes de renforcement aux drogues, l’organisation anatomique est trop différent pour qu’ils puissent être utilisés pour comprendre la modulation nicotinique du système dopaminergique. Des modèles de mammifères (rat, singe) ne se justifient pas non plus car les outils génétiques nécessaires pour disséquer les mécanismes sous-jacents n’existent pas chez ces espèces. Les animaux utilisés seront à l’âge jeune adulte – adulte. En effet, les procédures qui nécessitent des injections virales se feront sur l’animal entre 4 et 6 semaines afin d’observer un temps d’infection nécessaire par le virus concerné (entre 3 et 6 semaines d’expression). Les souris qui se verront implanter des fibres optiques ou des électrodes d’enregistrement subiront une chirugie à partir de 8 semaines (âge adulte pour une souris). Les expériences comportementales se feront aussi à partir de 8 semaines d’âge.