
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 21/11/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-364436)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet vise à former les professionnels de la recherche à des gestes techniques indispensables lors de l’utilisation de rats et de souris dans des protocoles scientifiques. Il s’agit notamment d’apprendre à administrer des substances ou à réaliser des prélèvements sanguins de manière maîtrisée, précise et respectueuse du bien-être animal. Dans un souci éthique, la formation d’une journée repose sur la réutilisation d’animaux surnuméraires (non sélectionnés ou reformés), initialement destinés à l’euthanasie. Cela permet de limiter le nombre total d’animaux utilisés tout en garantissant que chaque procédure est réalisée avec compétence et attention. Un fichier recensant toutes les techniques pratiquées sur les espèces modèles permet de définir les besoins individuels en formation, et ainsi d’adapter le programme à chaque apprenant. La formation est encadrée par des pairs expérimentés et comprend une validation théorique et pratique systématique, consignée dans le livret de compétences du personnel formé. Il n’existe pas de méthodes alternatives pour l’apprentissage de ces gestes techniques (administration, les prélèvements, l’anesthésie ou l’euthanasie). Lorsque certains gestes peuvent entraîner une douleur ou une gêne, des anesthésiques ou des analgésiques sont utilisés pour préserver le bien-être de l’animal. En garantissant que chaque intervenant est compétent et formé, ce projet contribue à améliorer la qualité des recherches tout en respectant les principes de protection animale.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettra aux professionnels d’améliorer leurs compétences techniques grâce à une formation encadrée, incluant un système de tutorat et de validation des acquis. Chaque geste technique appris auprès d’un pair expérimenté sera évalué avant d’être pratiqué en autonomie. Un personnel bien formé limite les risques d’erreur technique, évite les biais pouvant fausser les résultats d’une étude, et diminue le risque de devoir recommencer une procédure. La traçabilité des compétences assure la conformité du projet aux exigences réglementaires. La maîtrise des gestes réduit significativement le temps de manipulation, le stress et la douleur pour les animaux. Les protocoles prévus dans ces formations sont conçus pour s’adapter à chaque technique. La formation continue des expérimentateurs permet de maintenir un haut niveau de compétence, de suivre les évolutions techniques, et de mettre en place de nouvelles méthodes toujours plus respectueuses du bien-être animal
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux, vigiles ou sous anesthésie seront soumis à des injections ou prélèvements par plusieurs voies. Le nombre d’actions est limité à : • 2 techniques maximum par animal • 3 prélèvements au maximum (quels que soient les volumes prélevés). Les animaux engagés dans le projet de formation seront euthanasiés après les limites d’utilisation ci-dessus ou en cas d’atteinte des points limites. Les gestes pourront durer entre 10 secondes et 1 minute pour l’administration ou jusqu’à 2 minutes pour les prélèvements, induction de l’anesthésie exclue, chez une personne non expérimentée en début de tutorat. L’objectif est de pouvoir réaliser ces gestes le plus rapidement possible pour arriver à terme à une durée de 10 à 30 secondes. Si la technique le permet des animaux anesthésiés seront d’abord utilisés avant de passer sur animaux vigiles.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux subiront un léger stress durant quelques minutes (pendant et suivant l’acte) lors de la manipulation : contention, anesthésie… Les animaux subiront une douleur de légère à modérée durant plusieurs secondes pendant l’acte lors des injections et des prélèvements sanguins. La réalisation de procédures expérimentales par des personnels en formation peut induire une augmentation du stress, une angoisse et/ou une douleur.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A l’issue de chaque procédure tous les animaux seront euthanasiés, qu’ils soient issus de l’élevage ou réutilisés d’un projet précédent.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Dans un souci d’éthique et de respect du principe de remplacement, la formation débutera par une phase théorique présentant en détail la technique concernée avec des modes opératoires et des vidéos. Cette introduction sera suivie d’une mise en pratique sur mannequins, notamment pour l’apprentissage des techniques de contention. Comme notre animalerie possède une activité d’élevage et doit donc pratiquer du tri génétique, des animaux euthanasiés dans ce cadre seront utilisés pour poursuivre le développement des compétences sans recourir immédiatement à l’animal vivant. Néanmoins, dans le cadre de cette formation axée sur les gestes techniques spécifiques, le recours à l’animal vivant sera indispensable pour acquérir les réflexes et la précision nécessaires à une manipulation correcte. Ce recours est limité à la phase finale du processus, après une préparation rigoureuse, afin d’assurer un apprentissage progressif et respectueux du bien-être animal
2. Réduction
• Le recours à des animaux surnuméraires d’élevage ou la réutilisation d’animaux provenant d’un autre projet, dans le respect de la réglementation permet de limiter significativement le nombre de nouveaux animaux mobilisés pour cette formation. • L’identification précise des besoins en formation permet une planification efficace, évitant toute manipulation non nécessaire. Le formateur est une personne compétente maîtrisant le geste technique et ayant les capacités de transmettre ses connaissances. Afin de réduire le nombre d’animaux et la souffrance, dans un premier temps, la personne en formation observera son formateur puis elle s’entraînera sur des animaux anesthésiés ou morts.
3. Raffinement
Les animaux seront hébergés par groupes sociaux dans un hébergement conventionnel avec un accès libre à l’eau et à la nourriture. Leur environnement sera enrichi par des matériaux pour la nidification et par exemple, des bâtons de bois à ronger pour favoriser leur bien-être . Lorsqu’il s’agit d’animaux dédiés à la formation, une période d’acclimatation de 5 jours dans leur nouvelle salle d’hébergement sera respectée pour réduire le stress. Deux semaines avant le début des séances, les animaux seront également habitués à des manipulations douces et à l’immobilisation, dans le but de minimiser leur anxiété. Les stagiaires seront formés à des techniques conformément aux réglementations et aux recommandations internes par des formateurs expérimentés et habilités. Un formateur pour 3 stagiaires assurera la supervision constante des manipulations. Cela garantit des gestes rapides et précis, réduisant le temps d’immobilisation et les effets indésirables. L’usage systématique d’anesthésiques locaux et d’anesthésie générale permettra une gestion optimale de la douleur et du stress. Chaque animal sera mobilisé pour l’apprentissage de deux techniques maximum, afin d’éviter toute sur-sollicitation, puis sera euthanasié immédiatement après le prélèvement. Des points limites ont été établis afin de réduire le stress et la douleur des animaux, ils seront appliqués pour chacune des procédures.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les rats et les souris adultes sont les modèles d’étude couramment utilisés dans notre unité de recherche. Ainsi, l’apprentissage des bonnes pratiques se fera sur des animaux d’espèce et âge identiques.