Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

200 souris porteuses d’une mutation humaine reproduisant la dystrophie myotonique vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles subissent des tests de force et de course sur tapis, des examens cardiaques sous anesthésie et des injections de vecteurs de thérapie génique, avant mise à mort par injection de chlorure de potassium pour prélever leurs tissus. Le porteur indique que la lignée présente elle-même une forte mortalité précoce, un retard de croissance et des incisives à couper, symptômes recherchés du modèle. Il affirme qu’aucune méthode ne remplace le test d’une thérapie génique in vivo dans un « organisme entier » et présente l’étude comme préparatoire à un futur essai de dose.

NTS-FR-390388v1
Types de recherche
· Recherche appliquée · Troubles musculosquelettiques ·
Mots-clés
Dystrophie Myotonique de type 1, Souris DMSXL, Histoire naturelle, Etudes pilotes, Thérapie génique
Souris : 200

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La dystrophie myotonique (DM1) est la forme la plus courante de dystrophie musculaire chez l’adulte. Elle se caractérise par diverses manifestations cliniques multiples, notamment une faiblesse musculaire progressive, des défauts cardiaques et des symptômes extramusculaires tels qu’une cataracte, une atrophie testiculaire, un dysfonctionnement endocrinien et cognitif. Une mutation du gène DMPK (pour DM1 Protein Kinase) est responsable de la DM1. La mutation de ce gène le rend toxique, avec de nombreuses conséquences moléculaires qui peuvent expliquer les nombreux symptômes de la DM1. Plusieurs modèles animaux de la DM1 ont été développés. Parmi ces modèles, l’un des plus puissant aujourd’hui est le modèle de souris transgénique DMSXL, qui présente plusieurs symptômes associés au DM1, notamment un retard de croissance, des défauts musculaires, des défauts cardiaques et des troubles cognitifs. Les souris DMSXL semblent être aujourd’hui un des meilleurs modèles pour étudier le trouble multisystémique de la DM1, et surtout évaluer des approches thérapeutiques. Nous souhaitons aujourd’hui utiliser ce modèle de souris DMSXL afin d’évaluer des produits thérapeutiques de thérapie génique (visant à corriger le défaut génétique), avec la réalisation à terme d’une étude de dose qui sera support à une demande d’essai clinique chez des patients DM1. Avant la réalisation de cette étude de dose (qui fera l’objet d’une demande d’autorisation distincte), le présent projet a 2 objectifs : (1) La réalisation d’une courte étude d’histoire naturelle du modèle de souris DMSXL, qui nous permettra de concevoir au mieux le plan de l’étude de dose à venir. En effet, si des informations sur ce modèle DMSXL si disponibles dans la littérature, elles restent incomplètes (effet du sexe sur la pathologie ? phénotype précis à certains âges ? etc). Il est également important que notre équipe puisse se familiariser avec la manipulation et le suivi de ces souris. (2) La réalisation d’études pilotes lors desquelles l’efficacité de différents produits de thérapie génique sera évaluée, uniquement au niveau moléculaire. Ces études pilotes permettront de réaliser un criblage de différents produits thérapeutiques, afin d’aider à identification du produit de choix qui sera ensuite évalué lors de l’étude de dose.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

La dystrophie myotonique (DM1) est la forme la plus courante de dystrophie musculaire chez l’adulte, sans traitement curatif à ce jour. Elle est caractérisée par de nombreux symptômes (neuromusculaire, respiratoire, cardiaque, endocrinienne, neurologique centrale, oculaire, digestive…), a un impact sur de nombreux aspects de la vie des patients et est responsable d’une réduction de l’espérance de vie et de la participation sociale. La prise en charge des patients est aujourd’hui essentiellement basée sur des consultations multidisciplinaires régulières et la mise en place de physiothérapie, d’ergothérapie, de mise en place d’appareils d’aide à la mobilité, et de soins de soutien pour la gestion de complications respiratoires et cardiaques. L’évaluation d’approches thérapeutiques reste donc essentielle pour évoluer vers la mise en place d’un réel traitement curatif pour ces patients. La thérapie génique est une des approches prometteuses qui permettrait de traiter la cause moléculaire de la maladie, au moins au niveau des atteintes musculaires et cardiaques. Pour évaluer de telles approches thérapeutiques, mieux connaître le modèle animal qui sera utilisé pour les études précliniques à venir (notamment la détermination de la dose thérapeutique des produits) est essentielle. C’est ce que nous visons avec le présent projet, via l’étude d’histoire naturelle de la souris DMSXL. De plus, les études pilotes qui seront réalisées pour tester l’efficacité moléculaire de différents vecteurs de thérapie génique dans ce modèle de souris DMSXL, nous permettront de réaliser un criblage de ces différents produits thérapeutiques, afin d’identifier le produit de choix qui sera ensuite évalué lors de la future l’étude de dose.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Pour l’étude d’histoire naturelle de la souris DMSXL, les animaux seront soumis aux interventions suivantes: dans la semaine précédent leur euthanasie: test de mesure de force d’agrippement réalisé sur animal vigile (1 test par animal / durée maximale du test = 10 minutes) + test à l’effort sur tapis roulant réalisé sur animal vigile (1 test par animal / durée maximale du test = 15 minutes) + évaluation de la fonction cardiaque (électrocardiogramme et échocardiographie) sur animaux anesthésiés (1 test par animal) / durée maximale du test = 45 à 50 minutes). A 1 mois ou 4 mois d’âge, selon la durée de leur suivi, un prélèvement sanguin sera réalisé sous anesthésie, avant euthanasie par une injection IV d’une dose létale de chlorure de potassium. Pour les études pilotes pour le criblage de produits thérapeutiques, les souris DMSXL seront soumises aux interventions suivantes: à 1 mois d’âge, injection unique (soit par voie intramusculaire, soit par voie intraveineuse) d’un vecteur de thérapie génique, sous anesthésie. Puis à 2 mois ou 4 mois d’âge, selon la durée de leur suivi, anesthésie puis euthanasie par une injection intraveineuse d’une dose létale de chlorure de potassium.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

La majorité des gestes réalisés sur ces animaux seront non ou peu invasifs (tests musculaires non invasifs réalisés sur animaux vigiles, évaluations cardiaques non invasives réalisées sur animaux anesthésiés, injections intramusculaires ou intraveineuses réalisées sur animaux anesthésiés, et prélèvements sanguins réalisés sur animaux anesthésiés avant euthanasie). L’injection intramusculaire ou intraveineuse d’un vecteur de thérapie génique chez la souris est connue pour ne provoquer aucun effet indésirable. Lors de l’expression des transgènes thérapeutiques, aucun effet indésirable n’est non plus attendu. Au contraire, en cas d’effet thérapeutique, une diminution des symptômes liés à la maladie pourraient être réduits chez les souris DMSXL. Les seules nuisances attendues sur les animaux sont finalement celles liées au phénotype de la maladie chez les souris DMSXL. En effet, elles présentent un phénotype dès la naissance: forte mortalité subite pendant les 3 premières semaines de vie (55%), retard de croissance (jusqu’à 50% du poids des souris contrôles au moment du sevrage puis les souris rattrapent jusqu’à 70-80%), anomalies musculaires (baisse de la force), anomalies du comportement. Cela correspond à différents symptômes observés chez les patients DM1. Les souris DMSXL présentent également souvent des anomalies des incisives qui s’allongent de façon anormale. Les souris sont donc surveillées régulièrement et les incisives seront coupées (sur animaux vigiles, le geste étant sans douleur) si nécessaire.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux de cette étude seront euthanasiés afin d’obtenir des échantillons de tissus qui seront utilisés pour des analyses histologiques et moléculaires nécessaires au projet.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Ce projet de caractérisation de l’histoire naturelle de la souris DMSXL (à différents âges et avec des évaluations adaptées) nous permettra à terme de réaliser l’évaluation préclinique de traitements potentiels de la DM1 dans ce modèle animal adapté, et donc de raffiner le nombre d’animaux utilisés dans ces futurs projets, notamment dans une étude de dose d’une produit thérapeutique qui est prévue à suivre. D’autre part, il n’existe pas aujourd’hui de méthode alternative pour tester l’effet d’un traitement de thérapie génique in vivo. Nous savons que l’efficacité du transfert de gène dans une lignée cellulaire in vitro n’est pas comparable à ce qui peut se passer in vivo dans un organisme entier. L’animal est le seul organisme vivant permettant d’étudier l’impact d’un transfert de gène dans différents types cellulaires (différents organes) et sur son phénotype, en lien avec le mode d’administration utilisé et la dose administrée. L’utilisation du modèle DMSXL, modèle animal de la DM1, est donc essentiel pour l’évaluation préclinique de produits thérapeutiques. D’autre part, pour les criblage des produits thérapeutiques, si des études in vitro sur des cellules de patients DM1 seront également réalisées, des études pilotes chez la souris DMSXL restent essentielles, afin de valider également la fonctionnalité de ces vecteurs au niveau moléculaire dans ce modèle de souris qui diffère légèrement des modèles in vitro, de part la nature transgènique du gène DMPK humain présent dans ces souris.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux par groupe (pour l’étude d’histoire naturelle: minimum 8 animaux et maximum 15 animaux / pour les études pilotes pour le criblage de produits thérapeutiques: minimum 3 et maximum 5 animaux) a été évalué pour être un nombre minimal, sans qu’il soit excessif, permettant d’assurer la robustesse des résultats. Il est basé sur notre expérience précédente de précédents projets et des données de la littérature sur le modèle de souris DMSXL, lors desquels des résultats cohérents et reproductibles ont pu être obtenus dans des groupes de ces tailles. Pour l’étude d’histoire naturelle, notre objectif est d’obtenir des données complètes sur 8 à 12 animaux par groupe, notamment pour les tests d’évaluation des fonctions musculaires et cardiaques. Mais vu la mortalité potentielle observée chez les souris DMSXL, notamment lors du 1er mois de vie, un nombre plus important d’animaux (maximum 15 par groupe) pourra être inclus afin de réussir à avoir des données complètes sur un total de 8 à 12 animaux par groupe. Pour les études pilotes de criblage de produits thérapeutiques, de la même façon, le nombre d’animaux par groupe sera entre 3 et 5, 3 étant le minimum pour obtenir des données robustes d’évaluation de l’efficacité des produits au niveau moléculaire.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Le bien-être animal passera notamment par : 1) de bonnes conditions d’hébergement selon la réglementation en vigueur avec un enrichissement du milieu (cages équipées de mezzanine et mise à disposition d’éléments d’enrichissement comme des carrés de coton, des tunnels en carton, des papiers froissés et des morceaux de bois). 2) un suivi régulier des animaux (observations biquotidiennes, pesées régulières, analyse du comportement, coupage des incisives si nécessaire). 3) l’instauration de points limites pertinents et la mise en place de mesures adaptées si nécessaire (anesthésies, traitements analgésiques ou autre, ou euthanasie si pas d’autre alternative). 4) Afin d’améliorer la réactivité du personnel animalier, une grille de scoring de la douleur sera mise en place dès que celle-ci s’avère nécessaire afin de pouvoir détecter précocement tout point limite et mettre en place les actions adéquates. 5) la mise en place de mesures adaptées en fonction des interventions éventuelles (anesthésie et analgésie si nécessaire)

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les souris DMSXL portent une insertion de séquence génomique humaine comprenant le gène DMPK humain muté. Les souris DMSXL présentent plusieurs symptômes associés à la pathologie DM1 (dystrophie myotonique de type 1), notamment un retard de croissance, des défauts musculaires, des défauts de conduction cardiaque et des troubles cognitifs. En raison de l’expression du transgène DMPK humain muté, les souris DMSXL constituent aujourd’hui un des meilleurs modèles pour étudier le trouble multisystémique de la DM1, et surtout évaluer des approches thérapeutiques. Lors de l’étude d’histoire naturelle de la souris DMSXL, les animaux seront analysés à l’âge de 1 et 4 mois, afin d’évaluer le potentiel processus évolutif de la maladie, et obtenir des données de référence aux âges qui ont été ciblés pour la future étude de dose. En effet, lors de cette future étude de dose, il est prévu d’injecter les animaux à l’âge de 1 mois, et de les euthanasier 3 mois après injection, soit à l’âge de 4 mois. Lors des études pilotes de criblage de produits thérapeutiques, les animaux seront injectés à l’âge de 1 mois. Puis, selon la nature du vecteur thérapeutique (c’est à dire le principe d’action moléculaire du produit thérapeutique testé), les souris seront suivies entre 1 mois et 3 mois post-injection du vecteur avant euthanasie et analyses moléculaires sur les tissus prélevés post-mortem.