
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-07-08 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-390569)
Pour vérifier si une voie de communication entre le cerveau et l’intestin élimine les déchets cérébraux, 485 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, 115 d’entre elles sans jamais se réveiller et 370 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chaque animal subit une neurochirurgie de quinze minutes, un prélèvement sanguin, une heure d’imagerie sous anesthésie et une injection dans l’abdomen pratiquée sur animal vigile. Le porteur indique que ces gestes peuvent provoquer une douleur post-opératoire, une perte de poids et une accumulation de liquide dans le cerveau. Le bénéfice annoncé se limite à de nouvelles perspectives de diagnostic précoce, et le choix de l’espèce repose sur des souris transgéniques exprimant les protéines toxiques de la maladie d’Alzheimer, auxquelles s’ajoutent des souris rendues déficientes pour l’élimination des déchets du cerveau.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La maladie d’Alzheimer est la principale cause de démence chez l’Homme. Elle résulte d’une dégénérescence irréversible des neurones responsable d’un déclin progressif des principales fonctions d’apprentissage et de mémorisation dû à une accumulation cérébrale de protéines toxiques. Les patients doivent endurer une perte irréversible de leurs fonctions cérébrales puisqu’à l’heure actuelle, aucun traitement ne permet de stopper l’évolution de la pathologie. Une nouvelle voie de communication entre le cerveau et l’intestin a été identifiée, celle-ci pourrait être impliquée dans l’élimination des déchets du cerveau. Ce projet a pour but de confirmer cette hypothèse afin de développer de nouvelles méthodes de diagnostics de la maladie et donc d’augmenter l’efficacité des traitements.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet a pour objectif de mettre en évidence une nouvelle voie d’élimination des protéines toxiques impliquées dans la maladie d’Alzheimer. Ce nouveau mécanisme pourrait donner de nouvelles perspectives de diagnostic précoce de la maladie.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux subiront une neurochirurgie (15 minutes), un prélèvement sanguin (moins de 10 minutes), un examen d’imagerie médicale (1 heure) et une injection dans l’abdomen (moins de 5 minutes). Seule l’injection dans l’abdomen se déroulera sur des animaux vigiles. La neurochirurgie, le prélèvement sanguin et l’examen d’imagerie médicale se dérouleront sous anesthésie.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La neurochirurgie et l’injection dans l’abdomen peuvent induire une douleur légère post-opératoire ainsi qu’une perte de poids. L’effet indésirable serait l’apparition d’une accumulation de liquide dans le cerveau. L’examen d’imagerie médicale peut induire une légère hypothermie.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A l’issue de la procédure, les animaux seront mis à mort pour des examens sur les tissus prélevés.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’existe pas de méthodes alternatives, n’impliquant pas d’animaux vivants permettant cette étude. Ce projet porte sur un mécanisme d’interaction indirecte entre le cerveau et l’intestin nécessitant la mise en place de réseaux qu’il n’est pas possible de reproduire par des modèles de culture cellulaire ou d’autres approches in vitro. De plus, le modèle souris permet d’avoir accès à des lignées génétiquement modifiées, modèles de la pathologie humaine.
2. Réduction
Grâce à une approche statistique, le nombre d’animaux sera limité au minimum nécessaire par groupe sans compromettre les objectifs du projet. Les mises au point seront réalisées sur de petits groupes d’animaux.
3. Raffinement
Pour les animaux recevant des injections dans le cerveau, leur état de santé sera suivi tout au long de l’expérience. Des médicaments anti-douleur généraux et locaux seront injecté en sous-cutané en pré et post-opératoire afin de prévenir le développement de douleurs. Ces chirurgies se feront sous anesthésie. Les yeux seront protégés durant l’anesthésie avec un protecteur oculaire. Les animaux seront disposés sur une couverture chauffante à température contrôlée afin d’éviter l’hypothermie. En cas de signe d’alerte, l’alimentation sera supplémentée par une nourriture hypercalorique et hydratée fournie par l’animalerie. Aussi, des critères d’arrêt des souffrances seront clairement identifés afin de limiter les souffrances des animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle souris permet d’avoir accès à des modèles transgéniques mimant certaines pathologies humaines. Dans ce projet, l’existence de modèles transgéniques rongeurs exprimant des protéines toxiques impliquées dans les formes familiales génétiques de la maladie permet de mimer la maladie d’Alzheimer. De plus, des souris démontrant une déficience dans l’élimination des déchets du cerveaux seront également utilisées. La similarité moléculaire, cellulaire et fonctionnelle de cette espèce en fait un modèle de choix pour cette étude. Les animaux seront utilisés à l’âge de 3 mois ou 9 mois afin d’étudier différents stades de la pathologie.