
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 29/07/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-400147)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
En France, le cancer est la première cause de décès. Pour mieux le soigner, de nouvelles méthodes, comme l’immunothérapie, ont été développées. L’immunothérapie aide le système immunitaire à combattre le cancer, notamment grâce à des cellules appelées lymphocytes T. Ces cellules peuvent être modifiées en laboratoire (on les appelle alors cellules CAR-T) ou stimulées avec des anticorps pour mieux attaquer la tumeur. Cependant, il arrive que ces cellules n’arrivent plus à détruire les cellules cancéreuses et deviennent « épuisées ». Comprendre ce phénomène d’épuisement des lymphocytes T est donc très important pour améliorer les traitements d’immunothérapie du cancer. Ce projet de recherche cherche à mieux comprendre ce phénomène d’épuisement des lymphocytes T, en étudiant le rôle de deux molécules , Id2 et Msc, qui pourraient influencer ce processus. Les objectifs sont : 1. Déterminer si modifier ces molécules dans les cellules CAR-T permet de mieux ralentir la croissance des tumeurs. 2. Comprendre comment Id2 et Msc agissent sur le fonctionnement et l’épuisement des cellules CAR-T. En résumé, ce projet vise à rendre les traitements par immunothérapie plus efficaces contre le cancer, en empêchant les cellules immunitaires de s’épuiser.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les résultats attendus de ce projet contribueront à l’optimisation de nouvelles approches thérapeutiques visant à améliorer l’efficacité des immunothérapies contre le cancer et aussi potentiellement pourraient permettre la découverte de nouvelles cibles thérapeutiques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les souris subiront un pré-condionnement correspondant à une irradiation non léthale à une dose de 350 rads (3.5Gy) pour une durée de 3 min 4 s dans un irradiateur à rayon X. Elles subiront des injections sur le flanc d’une lignée tumorale (mélanome, Lymphome, adenocarcinome) ou dans le coussinet graisseux mammaire (lignée tumorale mammaire), ainsi que des injections de lymphocytes T et d’anticorps (1 injection tous les 3-4 jours pour un maximum de 4 semaines), des gavages (1 par jour pour un maximum de 4 semaines) et des prélèvements de sang mandibulaire (1 par semaine-maximum de 3 semaines). Toutes les injections ne durent que quelques secondes et s’effectuent sur animaux anesthesiés à l’exception des injections d’anticorps et des gavages qui s’effectuent sur animaux vigiles.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les souris subiront un pré-conditionnement correspondant à une irradiation non léthale (3 min 4s d’irradiation). Elles seront aussi soumises à des injections, des gavages ainsi que des prélèvements de sang. Ces manipulations peuvent potentiellement induire un stress, une angoisse ou un inconfort et/ou une douleur de faible intensité et de manière très transitoire (secondes) . Certaines tumeurs sous-cutanées peuvent se nécroser dans ce cas les animaux sont mis à mort, occasionnellement les animaux peuvent subir une perte de poids. L’immunothérapie peut induire un peu de diahrée et perte de poids transitoire. Dans le cas des tumeurs mammaires des métastases pulmonaires peuvent être observées à un temps tardif pouvant engendrer un deficit d’oxygénation.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux intégrés dans chaque procédure expérimentale seront mis à mort en fin d’étude afin de prélever les organes nécessaires aux analyses.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le recours à l’expérimentation animale dans le cadre de cette étude se fait après de nombreuses études in vitro dans des modèles cellulaires. Le principe de remplacement n’est pas applicable à ce projet car les études in vitro ne reproduiraient pas l’ensemble des voies impliquées dans des modèles physiologiques intégrés et par conséquent ne permettent pas l’obtention de résultats scientifiques exploitables et pertinents de cette pathologie humaine. En effet l’utilisation de modèles expérimentaux intégrés est essentielle à ce projet. En effet, l’environnement tumoral et l’organisation tri-dimensionnel de la tumeur sont des paramètres clés qui réguleront le recrutement, l’activation et les fonctions des lymphocytes T. A ce jour, cette complexité ne peut être entièrement reproduite in vitro. De même les différents types de cellule du système immunitaire patrouillent par voie sanguine dans l’ensemble de l’organisme et leur recrutement dans la tumeur est défini par l’anatomie de la tumeur. Cette régulation de l’adressage tissulaire des cellules immunitaires, n’est à ce jour pas reproduit fidèlement par les systèmes de microfluidique.
2. Réduction
Les expériences sont organisées de manière à réduire au maximum le nombre d’animaux. Afin de réduire le nombre d’animaux nous utilisons des modèles de tumeurs transplantées robustes dans des conditions expérimentales optimisées pour une prise de tumeur chez plus de 90% des animaux. Nous avons également pu valider certaines approches expérimentales in vitro permettant d’optimiser l’utilisation des animaux. Afin d’assurer la fiabilité de nos résultats, nous travaillerons avec des groupes tests et contrôles d’au minimum 5 animaux et répéterons nos experiences 3 fois. Le nombre d’animaux utilisés correspond dans nos expériences et dans celles des groupes travaillant sur des modèles équivalents au nombre minimal permettant une interprétation sans ambiguïté des résultats. Ceci garantira la valeur statistique de l’étude en intégrant les variations expérimentales et les variations inter-individus. Les tests statistiques varient suivant les expériences et sont réalisés avec un logiciel de statistique adapté.
3. Raffinement
Le bien-être de l’animal est un facteur de variabilité expérimentale. Nous prenons ceci en compte grâce au suivi rapproché quotidien des animaux par le personnel de la zootechnie qui évaluera leur état général (toilettage, mouvements), l’enrichissement de leur environnement et le respect de l’aspect social du groupe (pas d’isolement ni de changement de cage); et tous les deux jours-trois jours par l’expérimentateur qui vérifiera leur poids et apportera une aide à l’alimentation en cas de besoin (ajout dans la cage d’aliment et d’eau sous forme de gelée (gel-diet et water-gel)), et qui évaluera le développement de la tumeur et l’état de santé globale des animaux (comportement, prostration, plaies) . Des points limites ont été mis en place. Ainsi pour évaluer précisément l’etat général des animaux nous utiliserons une fiche de scoring afin de limiter la douleur, la souffrance ou l’angoisse de l’animal. L’expérimentation sera arrêtée en cas de dégradation trop importante de la santé d’un animal selon les points limites définis sur la fiche de scoring. Si immédiatement après ou le lendemain d’un gavage ou d’une injection, un animal cesse de s’alimenter et devient prostré, il sera mis à mort. Le projet ne prévoit pas l’utilisation d’analgésiques ou anti-inflammatoires, car ils risquent d’interférer avec les processus inflammatoires au cours de notre expérimentation. Même les anti-douleurs de type morphinique ont des propriétés immunomodulatrices.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La possibilité de générer des modèles soit sur-exprimant soit déficient pour une molécule d’intérêt font des souris un modèle de choix pour mieux comprendre les interactions entre le système immunitaire et les tumeurs naissantes. Par ailleurs, les modèles murins pré-cliniques ont montré leur pertinence dans la découverte et le développement de nouvelles immunothérapies. La disponibilité d’anticorps spécifiques d’un nombre conséquent de molécules permet d’analyser finement les différentes composantes du sytème immunitaire et de leur environnement par cytométrie en flux ou par imagerie. De plus, nombre de ces anticorps sont des agonistes ou antagonistes des voies de signalisations induites par ces récepteurs, ils peuvent donc être utilisés afin de moduler le système immunitaire ou de préciser les mécanimes impliqués dans le processus biologique étudié. Des souris adultes, agées de 2 mois seront utilisées afin de pouvoir étudier les effets des manipulations sur un système immunitaire mature. Les souris sont considérées comme adultes entre 6-8 semaines d’âge. Avant toute procédure elles auront une semaine d’acclimatation.