
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 21/09/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-433975)
2 singes écureuils vont être utilisés dans des procédures menées sous anesthésie, les deux individus étant tués avant tout réveil. Ils subissent une IRM, puis une chirurgie destinée à provoquer un accident vasculaire cérébral, suivie de six heures de suivi en imagerie avant la mise à mort pour analyses histologiques. Cette étude pilote vise seulement à tester la faisabilité d’un modèle d’AVC chez le primate, sans évaluation statistique prévue. Le porteur justifie le recours au primate non-humain par sa « proximité phylogénétique » avec l’humain, qui « devrait » améliorer la transposabilité des résultats.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’accident vasculaire cérébral (AVC) est une pathologie neurologique survenant après l’occlusion d’une artère irriguant le cerveau. Cette pathologie est la 3ème cause de mortalité et la première cause de handicap acquis chez l’adulte dans le monde. En France, cent trente mille nouveaux cas sont répertoriés par an. L’AVC pose donc un problème majeur tant dans le domaine de la santé publique que sur le plan humain. Actuellement, la prise en charge des patients à la phase aigüe de l’infarctus cérébral est réalisée par l’injection intraveineuse de l’activateur tissulaire du plasminogène (tPA) associée ou non à la thrombectomie pour lesquels seul 20% des patients seront éligibles. De ce fait, il existe de nombreux travaux de recherche qui ambitionnent de développer de nouvelles stratégies thérapeutiques permettant de traiter un maximum de patient. Pour cela, il est nécessaire de tester ces nouveaux traitements sur des modèles animaux avant de pouvoir les évaluer chez l’homme. Bien que la majorité des études précliniques soient réalisées sur des modèles rongeurs, il semble important de pouvoir disposer de modèle primate non humain (PNH) pertinent. En effet, du fait de leur proximité phylogénétique les primates non humains présentent de multiples atouts : similarités anatomiques et physiologiques, palette comportementales riche permettant une évaluation précise de la récupération fonctionnelle basée sur des échelles semblables à celle de l’homme, ainsi qu’une pharmacologique (pharmacocinétique, toxicologie) permettant de mieux prédire l’efficacité et la sécurité des traitements potentiels avant de passer aux essais cliniques chez l’homme. Ainsi, ce projet est une étude pilote qui a pour but d’évaluer la faisabilité d’un modèle d’AVC thromboembolique chez le singe écureuil dans le but de tester des stratégies thérapeutiques innovante pour l’AVC.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet vise à mettre au point un modèle d’AVC chez une espèce de primate non humain (PNH) qui devrait permettre d’évaluer de nouvelles stratégies thérapeutiques de l’accident vasculaire cérébral. La proximité phylogénétique du PNH avec l’homme doit permettre une meilleure transposabilité et prédictibilité des résultats obtenus chez l’animal et ainsi augmenter le taux de succès des futures études cliniques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à un examen IRM de 30 minutes afin de définir leur neuroanotimie spécifique. Puis, à quelques jours d’interval, ils subiront une chirurgie sans réveil qui a pour but d’induire un AVC. Cette dernière sera poursuivi d’une évaluation à la phase aigue de l’AVC par IRM sur une période de 6h. Les animaux seront mis à mort à la fin de cette évalaution en imagerie afin de réalsier des analyses histologiques.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Suite à la première IRM contrôle il est attendu une désorientation des animaux de manière transitoire du fait de l’anesthésie générale. Suite à la chirurgie d’induction de l’AVC ainsi que le suivi IRM post-AVC, les animaux ne seront pas réveillés de l’anesthésie générale et seront mis à mort. Il n’est donc pas attendu de nuisances supérieures à cette procédure sans-réveil.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront mis à mort pour permettre la réalisation d’études histologiques complémentaire de l’IRM dans l’optique du développement d’un modèle animal mimant au mieux la physiopathologie humaine.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les études de développement de stratégie thérapeutiques nécessitent leur validation sur un modèle animal proche de l’homme avant un potentiel essai clinique. Cette étude pilote ayant pour but de développer un modèle animal, il est impossible de remplacer l’utilisation d’animaux.
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisé a été réduit au maximum, puisque seul 2 animaux seront utilisés pour cette étude de faisabilité. En effet, le laboratoire possède une expertise dans le développement de modèles animaux (rongeur, PNH, porc) dans le domaine des AVC. Ainsi, 2 animaux seront suffisants pour mettre au point l’approche chirurgicale. Il n’est pas prévu de faire une évaluation statistique.
3. Raffinement
Les animaux seront hébergés ensemble au cours de tout le projet. Hébergement, enrichissement et alimentation seront adaptés pour limiter les comportements anormaux (stéréotypies, prostration…) avec un suivi journalier des comportements individuels et alimentaires ainsi que des interactions sociales. Pour l’IRM et la chirurgie, les animaux seront anesthésiés et sous couverture analgésique. Les paramètres physiologiques (température, hydratation) seront contrôlés afin de maintenir les animaux dans les meilleurs contditions physiologiques possibles. Au cours de tout le projet, les points limites adaptés à chaque phase seront appliqués afin d’enclancher une prise en charge spécifique de chaque animal.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le niveau de complexité anatomique et fonctionnel de ces structures ainsi que la volonté d’obtenir un modèle suffisamment proche de l’Homme pour tester ensuite de nouvelles stratégies thérapeutiques font du primate non-humain un modèle particulièrement approprié pour notre étude. De plus, les capacités d’apprentissage des singes permettent la réalisation de tâches comportementales similaires à celles réalisées par l’Homme. La complexité des niveaux cérébraux d’intégration (anatomie, connectivité, cognition) rend difficile/impossible à l’heure actuelle, la modélisation des processus post-lésionnels in vitro et nécessite des systèmes intégrés. Les animaux seront adultes