
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-09-21 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-433975)
2 singes écureuils vont être utilisés dans des procédures menées sous anesthésie, les deux individus étant tués avant tout réveil. Ils subissent une IRM, puis une chirurgie destinée à provoquer un accident vasculaire cérébral, suivie de six heures de suivi en imagerie avant la mise à mort pour analyses histologiques. Cette étude pilote vise seulement à tester la faisabilité d’un modèle d’AVC chez le primate, sans évaluation statistique prévue. Le porteur justifie le recours au primate non-humain par sa « proximité phylogénétique » avec l’humain, qui « devrait » améliorer la transposabilité des résultats.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’accident vasculaire cérébral (AVC) est une pathologie neurologique survenant après l’occlusion d’une artère irriguant le cerveau. Cette pathologie est la 3ème cause de mortalité et la première cause de handicap acquis chez l’adulte dans le monde. En France, cent trente mille nouveaux cas sont répertoriés par an. L’AVC pose donc un problème majeur tant dans le domaine de la santé publique que sur le plan humain. Actuellement, la prise en charge des patients à la phase aigüe de l’infarctus cérébral est réalisée par l’injection intraveineuse de l’activateur tissulaire du plasminogène (tPA) associée ou non à la thrombectomie pour lesquels seul 20% des patients seront éligibles. De ce fait, il existe de nombreux travaux de recherche qui ambitionnent de développer de nouvelles stratégies thérapeutiques permettant de traiter un maximum de patient. Pour cela, il est nécessaire de tester ces nouveaux traitements sur des modèles animaux avant de pouvoir les évaluer chez l’homme. Bien que la majorité des études précliniques soient réalisées sur des modèles rongeurs, il semble important de pouvoir disposer de modèle primate non humain (PNH) pertinent. En effet, du fait de leur proximité phylogénétique les primates non humains présentent de multiples atouts : similarités anatomiques et physiologiques, palette comportementales riche permettant une évaluation précise de la récupération fonctionnelle basée sur des échelles semblables à celle de l’homme, ainsi qu’une pharmacologique (pharmacocinétique, toxicologie) permettant de mieux prédire l’efficacité et la sécurité des traitements potentiels avant de passer aux essais cliniques chez l’homme. Ainsi, ce projet est une étude pilote qui a pour but d’évaluer la faisabilité d’un modèle d’AVC thromboembolique chez le singe écureuil dans le but de tester des stratégies thérapeutiques innovante pour l’AVC.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet vise à mettre au point un modèle d’AVC chez une espèce de primate non humain (PNH) qui devrait permettre d’évaluer de nouvelles stratégies thérapeutiques de l’accident vasculaire cérébral. La proximité phylogénétique du PNH avec l’homme doit permettre une meilleure transposabilité et prédictibilité des résultats obtenus chez l’animal et ainsi augmenter le taux de succès des futures études cliniques.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront soumis à un examen IRM de 30 minutes afin de définir leur neuroanotimie spécifique. Puis, à quelques jours d’interval, ils subiront une chirurgie sans réveil qui a pour but d’induire un AVC. Cette dernière sera poursuivi d’une évaluation à la phase aigue de l’AVC par IRM sur une période de 6h. Les animaux seront mis à mort à la fin de cette évalaution en imagerie afin de réalsier des analyses histologiques.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Suite à la première IRM contrôle il est attendu une désorientation des animaux de manière transitoire du fait de l’anesthésie générale. Suite à la chirurgie d’induction de l’AVC ainsi que le suivi IRM post-AVC, les animaux ne seront pas réveillés de l’anesthésie générale et seront mis à mort. Il n’est donc pas attendu de nuisances supérieures à cette procédure sans-réveil.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront mis à mort pour permettre la réalisation d’études histologiques complémentaire de l’IRM dans l’optique du développement d’un modèle animal mimant au mieux la physiopathologie humaine.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les études de développement de stratégie thérapeutiques nécessitent leur validation sur un modèle animal proche de l’homme avant un potentiel essai clinique. Cette étude pilote ayant pour but de développer un modèle animal, il est impossible de remplacer l’utilisation d’animaux.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre d’animaux utilisé a été réduit au maximum, puisque seul 2 animaux seront utilisés pour cette étude de faisabilité. En effet, le laboratoire possède une expertise dans le développement de modèles animaux (rongeur, PNH, porc) dans le domaine des AVC. Ainsi, 2 animaux seront suffisants pour mettre au point l’approche chirurgicale. Il n’est pas prévu de faire une évaluation statistique.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront hébergés ensemble au cours de tout le projet. Hébergement, enrichissement et alimentation seront adaptés pour limiter les comportements anormaux (stéréotypies, prostration…) avec un suivi journalier des comportements individuels et alimentaires ainsi que des interactions sociales. Pour l’IRM et la chirurgie, les animaux seront anesthésiés et sous couverture analgésique. Les paramètres physiologiques (température, hydratation) seront contrôlés afin de maintenir les animaux dans les meilleurs contditions physiologiques possibles. Au cours de tout le projet, les points limites adaptés à chaque phase seront appliqués afin d’enclancher une prise en charge spécifique de chaque animal.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le niveau de complexité anatomique et fonctionnel de ces structures ainsi que la volonté d’obtenir un modèle suffisamment proche de l’Homme pour tester ensuite de nouvelles stratégies thérapeutiques font du primate non-humain un modèle particulièrement approprié pour notre étude. De plus, les capacités d’apprentissage des singes permettent la réalisation de tâches comportementales similaires à celles réalisées par l’Homme. La complexité des niveaux cérébraux d’intégration (anatomie, connectivité, cognition) rend difficile/impossible à l’heure actuelle, la modélisation des processus post-lésionnels in vitro et nécessite des systèmes intégrés. Les animaux seront adultes