
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 29/05/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-442656)
192 souris axéniques, nées et élevées sans aucun microbe, vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, toutes tuées à l’issue pour prélever leurs organes. Elles reçoivent par gavage un microbiote intestinal de donneurs humains en surpoids, puis un régime riche en graisses, pour mesurer l’effet de bactéries lactiques et de lipides laitiers sur la santé métabolique. Un jeûne de six heures et un test de tolérance au glucose complètent le protocole. Le porteur décrit la souris axénique comme le seul modèle permettant d’attribuer les effets observés au microbiote transféré, sans microbiote résiduel pour brouiller les résultats.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Depuis quelques années, on sait que le microbiote intestinal joue un rôle dans le développement des maladies métaboliques telles que l’obésité ou le diabète de type II. Identifier des stratégies alimentaires qui permettraient de protéger le fonctionnement sain du microbiote intestinal est crucial pour contrer l’apparition de ces maladies. L’objectif de ce projet est de mettre en évidence l’impact de bactéries lactiques et de lipides laitiers d’intérêt sur la flore intestinale. Pour ce faire, ces produits ont été ajoutés aux microbiotes de donneurs humains en surpoids. Dans le cadre de notre étude, ces microbiotes modifiés vont être transférés à des souris totalement dépourvues de bactéries, soumises à une alimentation riche en graisses. Les résultats obtenus doivent permettre de mettre en évidence l’effet protecteur des bactéries lactiques et des lipides laitiers sur les désordres métaboliques et montrer, le cas échéant, que cet effet protecteur passe par une modification du microbiote intestinal.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le rôle du microbiote intestinal dans le développement des maladies métaboliques est maintenant reconnu. Trouver des moyens de moduler ce microbiote de façon favorable pourrait ainsi être une stratégie de prévention de ces pathologies. Dans ce cadre, les résultats obtenus pourraient permettre de concevoir des formulations de bactéries/lipides bénéfiques pour la santé.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Tous les gestes techniques seront réalisés sur des animaux vigiles. Les souris seront gavées 1 fois à l’aide d’une sonde de gavage souple (durée 15 secondes maximum) pour l’inoculation du microbiote. A la dernière semaine du protocole, les souris seront soumises 1 fois à un test de tolérance au glucose. Au préalable, elles seront mises à jeun 6h. Puis elles recevront 1 gavage de glucose (durée 15 secondes maximum) pour un suivi de la glycémie pendant 2 heures durée inférieure à 10 secondes).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Aucune nuisance liée au régime riche en graisses n’est attendue. Les animaux seront soumis à un stress sur des temps très courts au cours de la contention nécessaire lors des gavages, des pesées et des prélèvements. Les animaux seront soumis à une légère douleur au moment des prélèvements sanguins. Les animaux seront soumis à un jeûne de 6 heures ce qui entraîne un stress, ainsi qu’une diminution modérée de la glycémie et aucune hypoglycémie.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
L’ensemble des animaux sera mis à mort afin de prélever et analyser certains tissus (cerveau, pancréas, foie, tissu adipeux, intestin et contenu de caecum).
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
A l’heure actuelle, étudier l’effet du microbiote intestinal et d’une intervention nutritionnelle sur le développement de maladies métaboliques nécessite de recourir à l’animal car il n’existe aucun modèle in vitro ou in silico suffisamment complexe qui puisse être utilisé dans cet objectif.
2. Réduction
Le nombre d’animaux sera réduit au maximum en se basant sur des articles scientifiques qui ont montré par le biais de tests statistiques des différences entre plusieurs groupes. D’après de précédentes études, 12 animaux par groupe expérimental semblent nécessaires pour obtenir des résultats rigoureux obtenus avec une intervention nutritionnelle.
3. Raffinement
Pour réduire au maximum le stress des animaux, ils seront habitués à être pris de leur cage au moyen d’un tunnel en plastique et à être manipulés. Un suivi visuel quotidien des animaux sera opéré et leur poids sera mesuré 1 fois par semaine. Des points limites ont été mis en place et seront appliqués pour limiter au mieux la souffrance des animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle utilisé est la souris. Les effets d’un régime hyperlipidique et les tests de glycémie sont bien connus chez ces rongeurs et nous pourrons comparer nos résultats à ceux d’études antérieures. De plus, la taille de ces animaux permet leur hébergement en isolateur, condition particulière permettant le maintien du microbiote étudié, empêchant l’air ambiant de le modifier. Ils seront étudiés à l’âge adulte (8 semaines), l’objectif étant d’étudier les effets du microbiote intestinal et d’une intervention nutritionnelle sur le développement des maladies métaboliques chez l’adulte. La souris axénique est un animal né et élevé en conditions stériles, totalement dépourvu de tout microorganisme. Ce modèle est indispensable à notre étude car il constitue le seul système permettant d’attribuer causalement les effets physiologiques observés aux microbiotes humains transférés. En effet, si les souris possédaient déjà un microbiote endogène, il serait impossible de distinguer les effets du microbiote transféré de ceux du microbiote résiduel de l’animal.