
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 28/08/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-452679)
Greffées de fibrosarcomes sous anesthésie générale, 320 souris reçoivent une injection unique d’un anesthésique testé pour ses effets anti-tumoraux, puis leurs tumeurs sont mesurées au pied à coulisse. Toutes sont tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, pour prélever tissus et organes. Le porteur rappelle qu’un travail antérieur a permis de guérir 50 % des souris en associant cet anesthésique à une immunothérapie, et 75 % en injection intratumorale, puis affirme qu’il est « indispensable » d’avoir recours à l’animal de laboratoire. Les points limites qui déclenchent la mise à mort sont annoncés comme définis et strictement appliqués, sans que le résumé indique lesquels ni à quelle taille de tumeur ils s’appliquent.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Notre récent travail a permis de démontrer l’effet anti-tumoral d’un anesthésique. Il permet une réduction significative de la croissance tumorale. Associée à l’immunothérapie, il permet de guérir 50% des souris et de générer une mémoire immunitaire. Injectée directement en intratumoral,il permet de guérir 75% des souris. De très nombreuses études précliniques ont pu observer la présence de récepteurs impliqués à la surface de nombreuses lignées tumorales. Afin de démontrer que l’action anti-tumorale de ce médicament repose sur des récepteurs spécifiques, nous réaliserons des expériences dans lesquelles des souris porteuses de fibrosarcomes ou de fibrosarcomes modifiés dont les cellules seront déficientes pour ces récepteurs seront traitées avec de l’anesthésique étudié.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Démontrer que l’action antitumorale de l’anesthésique repose sur les récepteurs spécifiques étudiés. Ce résultat pourrait amener à des essais randomisés contrôlés chez l’homme car actuellement ces agents sont utilisés comme complément analgésique per-opératoire et n’ont aucune recommandation spécifique en chirurgie oncologique.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Greffe de tumeurs après injection de cellules sous anesthésie générale (1 fois, durée 5 minutes), traitement par injection (1 fois, durée 1 minute), anesthésie locale.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances découleront des greffes de cellules tumorales sous anesthésie générale, des injections uniques de traitements, des suivis de croissance tumorale à l’aide d’un pied à coulisse. Ces différentes manipulations peuvent entraîner du stress léger et transitoire chez l’animal et les croissances tumorales en sous cutanées peuvent entraîner des douleurs locales et modérées.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Euthanasie des animaux pour études sur tissus et organes post-mortem.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les effets des traitements anticancéreux impliquent des processus multiparamétriques impliquant des sécrétions humorales et des répercussions immunitaires non modélisables ailleurs que dans un être vivant entier. On ne peut donc se contenter de l’étudier uniquement in vitro, il est indispensable d’avoir recours à l’animal de laboratoire. Notre hypothèse est que la dexmedetomidine induit une réponse anti-tumorale médiées par les récepteurs alpha2 adrénergiques présents sur de nombreuses lignées tumorales. L’utilisation d’animaux vivants est indispensable pour étudier l’immunité et l’efficacité des traitements sur la réponse anti-tumorale. La confirmation de cette activité anti-tumorale in vivo ouvrirait la possibilité d’utiliser systématiquement ces agents au cours des chirurgies oncologiques chez l’homme afin de diminuer le risque de récidives grâce à une destruction des cellules tumorales résiduelles.
2. Réduction
Pour la réalisation de ce projet, nous utiliserons des groupes déterminés par calcul statistique pour permettre une évaluation statistique solide des effets analysés. Nous chercherons à regrouper les expériences dans le but de réduire le nombre d’animaux contrôles. Les résultats seront analysés par des méthodes statistiques. L’étude sera arrêtée si une procédure invalide l’hypothèse de travail. Plusieurs tissus seront prélevés et soumis à diverses analyses (immunologiques, histologiques ou de biologie cellulaire et moléculaire) pour extraire le maximum de données de chaque expérimentation. Ces tissus seront également partagés avec nos collaborateurs dans le but de réduire le nombre d’animaux utilisés.
3. Raffinement
Les animaux seront acclimatés pendant une semaine avant le début des expériences puis suivis quotidiennement. Le poids des souris sera mesuré avant le début des traitements, et plusieurs fois par semaine lors de l’expérience de croissance tumorale. Concernant l’enrichissement du milieu, les animaux disposeront de nids, de tunnels en carton. Le stress des animaux sera évalué quotidiennement par des échelles d’hétéroévaluation. Des mesures seront prises pour limiter le stress: plusieurs souris par cage pour un hébergement en groupes sociaux, animaux hébergés au calme. Les interventions seront réaliséés sous anesthésie générale à l’écart des animaux hébergés et par des personnes expérimentées. Des points limites ont été définis et seront strictement appliqués.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous souhaitons prouver l’efficacité de potentiels nouveaux agents anti-tumoraux afin d’augmenter la réponse anti-tumorale chez l’homme qui est un mammifère. Avant de passer à des études cliniques, il est absolument nécessaire de réaliser des études pré-cliniques sur le modèle mammifère afin de tester notre hypothèse mais également afin de vérifier l’absence de toxicité qui pourrait être majorée par l’association de traitement. Le modèle souris permet de travailler sur un modèle de mammifère suffisamment petit pour en avoir un certain nombre, facile à manipuler, et suffisamment grand pour pouvoir avoir des injections de cellules tumorales. Souris adultes de 6-8 semaines. Les tumeurs murines générées sont des tumeurs survenant chez l’adulte, nous réaliserons donc les études sur des adultes.