
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 28/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-454633)
1 060 rats vont être opérés sous anesthésie et tués avant tout réveil. Chacun subit une seule intervention de microchirurgie, d’une durée pouvant aller jusqu’à quatre heures trente, pratiquée au microscope sur ses vaisseaux abdominaux ou carotidiens par des chirurgiens qualifiés ou en formation et par des vétérinaires. Le porteur signale, pendant l’intervention, des risques de ralentissement cardiaque, de difficulté respiratoire, d’hypothermie et de rupture vasculaire, et présente l’absence de réveil comme la façon d’épargner aux rats les douleurs, hémorragies et caillots post-opératoires. Ces séances valident un diplôme universitaire, que le porteur décrit comme une formation « indispensable » pour tout chirurgien ou vétérinaire se destinant à la microchirurgie, sous le credo qu’il attribue à la haute autorité de santé, « Jamais la première fois sur le patient ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce diplôme universitaire (DU) a pour but l’enseignement de la microchirurgie (chirurgie qui permet de pratiquer avec un microscope opératoire et grâce à des instruments spéciaux des interventions très précises sur des organes de petites dimensions) dans le cadre de spécialité chirurgicales, pour des chirurgiens qualifiés ou en formation et des vétérinaires. Ce DU concerne de nombreuses spécialités : chirurgie maxillo-faciale, plastique, orthopédique, ophtalmologique, Orl, urologie, pédiatrie mais aussi les vétérinaires. Les applications de la microchirurgie sont nombreuses : réimplantation de membre, transplantation d’organe, réparation de lésions nerveuses et vasculaires, et les cas de reconstructions. Cette activité nécessite une formation spécifique en dehors de la formation au bloc opératoire. Après de nombreuses séances d’observation vidéo, de chirurgie sur substituts et pièce anatomiques, il est encore nécessaire de recourir à des séances de formation avec des animaux pour se retrouver dans la situation d’un tissu vivant, mobile et vascularisé et de pouvoir contrôler la perméabilité vasculaire.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’acquisition des compétences à la dissection et à la suture sous microscope est grandement facilitée et sécurisée tant en chirurgie humaine que vétérinaire après une initiation suivie d’un entrainement solide sur modèle vivant. Il s’agit d’une formation indispensable pour tous chirurgiens ou vétérinaires qui se destinent à pratiquer l’une au l’autre des techniques microchirurgicales. Les compétences acquises seront applicables dès la fin de la formation.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux sont susceptibles d’être soumis à de la contention, à une procédure d’anesthésie par injection ou par voie gazeuse, et à des procédures chirurgicales. Même si différentes techniques microchirurgicales seront enseignées à l’occasion de cette formation, chaque animal ne suivra qu’une seule procédure chirurgicale qui sera sans réveil et d’une durée n’exédant pas 4h30.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets indésirables possibles pouvant être observés sont : contention, douleur et/ou stress liés à la réalisation de l’anesthésie des animaux (par injection ou voie gazeuze). Par ailleurs, compte tenu du caractère « formatif » de ce projet, aucune des techniques opératoires étudiées ne se clôturera par le réveil de l’animal qui pourrait l’exposer à des complications post-opératoires telles que des douleurs, des hémorragies ou la formation de caillots sanguins. Néanmoins, demeure présent en cours d’intervention, le risque de survenue d’un problème anesthésique (ralentissement cardiaque, difficulté respiratoire), d’une hypothermie, ainsi que celui d’une rupture vasculaire.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Afin d’éviter aux animaux utilisés dans ces travaux pratiques d’être exposés à des complications post-opératoires, l’ensemble des animaux sont euthanasiés avant leur réveil.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Préalablement aux travaux sur les animaux, différentes techniques alternatives, ne faisant pas appel à l’utilisation d’animaux, sont mise en place. En effet, l’acquisition de la gestuelle de base en microchirurgie sera réalisée grâce à des travaux pratiques sur substituts, et pièces anatomiques, en remplacement de l’animal. L’acquisition des gestes de base par des méthodes alternatives est un pré-requis obligatoire à l’apprentissage sur animaux.
2. Réduction
La réduction du nombre d’animaux est rendue possible par la mise en place de phase successive d’acquisition des techniques microchirurgicales : d’abord sur substituts et pièces anatomiques et enfin sur animaux, d’une part. Et d’autre part, lorsqu’une procédure chirurgicale est réalisée, plusieurs techniques microchirurgicales pourront, si cela est possible, être réalisées et/ou enseignées au cours de cette même intervention (même période anesthésique). Toutefois, chaque animal ne sera soumis qu’à une seule procédure chirurgicale et ne participera pas à plusieurs interventions distinctes. Le nombre d’animaux est limité au minimum (1060 animaux). L’utilisation de substituts et pièces anatomiques lors des premières séances de TP permet d’acquérir les compétences de base en microchirurgie sans recourir directement à l’animal, contribuant ainsi à réduire le nombre d’animaux nécessaires. Par ailleurs, lorsque cela sera possible, et afin de diminuer au maximum le recours aux animaux, nous réemploirons des animaux issus de procédures classées légères ou modérées.
3. Raffinement
Ce n’est qu’après la validation de l’acquisition de la gestuelle de base, que les étudiants pourront continuer leur apprentissage sur des animaux. L’entraînement sur substituts et pièces anatomiques lors des premières séances de TP contribue au raffinement des procédures, en garantissant la maîtrise des gestes de base avant leur application sur l’animal. Afin d’assurer le bien-être de ceux-ci, ils seront hébergés dans des conditions de température, d’humidité et de ventilation optimales. Ils bénéficieront d’un enrichissement varié : – tactile (buchette, litière foisonnante, tube en carton), – sociale (groupe sociaux stables), – visuel (cages transparente) – et sonore (fond musicale). Par ailleurs, toutes douleurs interventionnelles seront exclues par l’utilisation d’anesthésique et d’analgésique. Il est à noter qu’aucun animal ne fera l’objet de plus d’une procédure chirurgicale ni ne sera réveillée au terme de cette procédure. De plus, des points limites ont été définis permettant de stopper immédiatement la chirurgie et de mettre fin à la vie d’un animal si cela s’avérait nécessaire (problème respiratoires, hemorragie, lésion d’un organe).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
« Jamais la première fois sur le patient », tel est le credo de la haute autorité de santé. Il est bien évident que pour des raisons de sécurité, l’apprentissage des techniques microchirurgicales ne peut s’effectuer sur le patient. Ce type de chirurgie nécessite de travailler in vivo pour maitriser les problèmes liés au sang (thrombose, hémorragie, hémostase…) et pour vérifier la perméabilité des sutures. L’animal de prédilection est le rat, tant pour sa robustesse à l’anesthésie, que pour ses dimensions et son anatomie. En effet la taille de ses vaisseaux en particulier abdominaux et carotidiens, sont comparables aux structures vasculaires observées chez l’homme. Les rats utilisés seront de jeunes adultes (rats de 7 à 9 semaines). Leur taille étant adaptée au matériel chirurgical utilisé. Et de constitution suffisamment robuste pour supporter sans difficulté une anesthésie de 3 à 4 heures.