Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Pour étudier la réparation de la myéline dans un modèle de sclérose en plaques, 500 souris sont utilisées dans des procédures d’un niveau de souffrance modéré à sévère, toutes tuées pour prélever cerveau et moelle épinière. Elles subissent une injection dans la moelle épinière sous anesthésie, parfois deux à un mois d’intervalle, puis une immunisation qui déclenche une encéphalite auto-immune. Le porteur indique qu’elles peuvent développer des troubles de la marche, de la coordination, une faiblesse musculaire et une perte de poids sur trois à cinq jours, et fait mesurer ces déficits en les faisant marcher dans des couloirs équipés de capteurs et agripper une grille. La retombée annoncée, limiter la progression du handicap chez les patients, reste au conditionnel, tandis que les modèles in vitro et ex vivo ne servent que de « première approche ».

NTS-FR-455130v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système nerveux ·
Mots-clés
sclerose en plaques, microglie, remyelinisation, inter action neuro-gliale, activite neuronale
Souris : 500

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La sclérose en plaques est une maladie inflammatoire, dégénérative du système nerveux central et la première cause d’handicap neurologique non traumatique chez les jeunes adultes. Dans cette maladie, on observe des phases de démyélinisation (il s’agit d’une perte de la myéline, substance permettant de favoriser les influx nerveux et la protection des neurones) dans lesquelles l’organisation des neurones myélinisés est altérée, conduisant à des déficits fonctionnels chez les patients. Un mécanisme de réparation existe, mais il est incomplet et très variable selon les patients. Les cellules immunitaires du système nerveux central (microglie) sont activées précocément lors de la démyélinisation et participent à la réparation de la gaine de myéline. La microglie contacte par ailleurs les neurones et cette interaction peut influencer positivement la réparation post-démyélinisation. Dans ce projet nous souhaitons étudier si une augmentation physiologique de l’activité neuronale lors de la phase de rémission dans un modèle murin inflammatoire de sclérose en plaques peut moduler les interactions microglie-neurones et ainsi favoriser la réparation tissulaire et la récupération fonctionnelle. Ce modèle sera comparé à un modèle non inflammatoire, afin de mieux comprendre l’impact de l’inflammation dans la sclérose en plaques et comment contrecarrer son aspect délétère.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet permettra de mieux comprendre le rôle des interactions neurones-cellules immunitaires dans la sclérose en plaques. La mise en évidence d’effets bénéfiques de l’activité neuronale sur la réparation via une modulation directe du dialogue neurones-cellules imunitaires pourrait permettre d’envisager des stratégies thérapeutiques visant à limiter la progression du handicap chez les patients

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Tous les animaux seront soumis à une procédure chirurgicale sous anesthésie générale (injection focale au niveau de la moelle épinière dorsale, durée maximale de 15 min), avec une prise en charge analgésique adaptée. Une partie des animaux sera entrainée à effectuer des tests comportementaux non invasifs (sessions de maximum 10 min par jour par animal). Ils seront ensuite immunisés pour induire un modèle de pathologie neurologique. Le jour de l’induction, deux types d’injections sont nécessaires, en injection sous-cutanées et par voie intrapéritonéale. Afin de minimiser le stress et la douleur liée aux injections, les animaux sont préalablement anesthésiés par anesthésie gazeuse, qui est rapidement réversible (durée totale d’anesthésie et du geste 10 minutes par animal). Une partie des animaux ayant déclenché la maladie seront amenés à effectuer de nouveaux les tests comportementaux non invasifs auxquels ils étaient préalablement entrainés. Durant les tests comportementaux, les animaux seront amenés à marcher dans des couloirs équipés d’une caméra ou de capteurs mesurant automatiquement les caractéristiques de la marche et à agripper une grille avec les quatre pattes pour mesurer la force musculaire. Tous les tests ont une durée courte (maximum 10 min par session) et seront réitérés maximum deux fois par animal (habituation et en fin de procédure). L’autre groupe de souris sera soumis à une deuxième procédure chirurgicale sous anesthésie générale (injection focale au niveau de la moelle épinière dorsale un mois après la première, durée maximale de 15 min), avec une prise en charge analgésique adaptée. La moitié des animaux recevra une injection intrapéritonéale (durée de la manipulation de l’ordre de la minute) pour moduler l’activité neuronale, l’autre moitié recevra une injection de solution saline (contrôles). Tous les animaux sont euthanasiés en fin d’étude par une méthode réglementaire pour réaliser différents prélèvements tissulaires.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Concernant la chirurgie, cela engendre un inconfort temporaire lors du réveil après anesthésie (15 min de durée de chirurgie et 30 min d’inconfort au réveil) et des douleurs post-opératoires. Le modèle murin de démyélinisation inflammatoire induit un mois après la chirurgie, l’encéphalite autoimmune expérimentale, est fréquemment utilisé pour étudier la sclérose en plaques. Le stress lié à la manipulation des souris et la douleur des injections sous-cutanées est minimisé par une très courte anesthésie gazeuse (5 minutes maximum pour la procédure d’injection). Après immunisation, les souris peuvent développer des troubles de la marche, de la coordination, une faiblesse musculaire et une perte de poids. Ces symptômes s’installent progressivement sur 3-5 jours suivis d’une récupération partielle ou complète. La procédure d’injection pour activation par voie intrapéritonéale peut générer un stress et une douleur localisée liée à la contention et l’injection. Le traitement peut occasionner un trouble locomoteur et une gêne dans les 3 heures maximum suivant l’injection. La fatigue liées aux tests comportementaux est mineure, car il s’agit de tests courts.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Des prélévements tissulaires (cerveau et moelle épinière) sont réalisés post mortem, ce qui implique l’euthanasie de l’ensemble des animaux.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Dans un objectif de remplacement, nous travaillons en première approche avec des modèles in vitro et ex vivo. Les modèles murins in vivo sont ultimement nécessaires pour l’étude fondamentale de la sclérose en plaques, car ils permettent d’étudier la démyélinisation et la remyélinisation dans un contexte intégré, impliquant des interactions entre tissus nerveux, effecteurs de l’immunité circulante et apports métaboliques par le réseau sanguin, qui sont des composantes importantes de cette pathologie.

2. Réduction

3R / Réduction :

Des approches statistiques permettront d’optimiser le nombre d’animaux utilisés, estimés à 500, après les premiers lots d’animaux, et de ne pas sur-dimensionner le nombre d’animaux étudiés lors de nos expériences : ce nombre sera calculé pour chaque groupe d’expériences à l’aide d’un calcul de puissance après utilisation initiale de 6 à 10 animaux par condition, selon l’expérience considérée. Des tests statistiques seront utilisés pour l’analyse des résultats obtenus, adaptées à chaque expérience et réalisées en partenariat avec des biostatisticiens.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux sont hébergés en groupe de 5, dans un environnement à température et d’hygrométrie contrôlées, avec cycle diurne-nocturne de 12h. L’eau et la nourriture sont fournies à volonté. Les animaux sont observés quotidiennement. Un environnement enrichi est fourni aux animaux, comprenant nidification (carré de coton, kraft), cachette (maisonnette, dôme) et bâtonnet à ronger. Les animaux sont manipulés uniquement par un personnel qualifié et sensibilisé au bien-être animal. Nous mettons en place des points-limites définis en accord avec le vétérinaire ainsi qu’un suivi quotidien par l’équipe de recherche pour éviter la souffrance de l’animale. Les animaux soumis à la procédure chirurgicale son placés sous anesthésie générale (durée maximale de 15 min), avec une prise en charge analgésique adaptée Afin de minimiser le stress et la douleur liée à l’induction de l’encéphalite autoimmune experimentale, les animaux sont préalablement anesthésiés par anesthésie gazeuse, qui est rapidement réversible (durée totale d’anesthésie et du geste 10 minutes par animal). Concernant les tests comportementaux, les animaux ont des phases d’habituation, afin de limiter leur stress, et de repos adaptés aux différents tests effectués.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris est l’espèce de choix pour générer des modèles de maladies humaines. Son anatomie, sa physiologie et sa génétique sont bien connues et sont relativement proches de l’Homme. Le modèle d’encéphalite autoimmune expérimentale chez la souris est un modèle classique de sclérose en plaques, permettant de reproduire en partie l’aspect inflammatoire observé chez les patients, et qui apporte une approche intégrée des déficits observés dans la pathologie. L’âge adulte est requis pour pouvoir faire l’acte chirurgical, induire l’encéphalite autoimmune expérimentale et faire les tests comportementaux envisagés chez la souris. L’usage de jeunes adultes reproduit par ailleurs les conditions d’initiation de la sclérose en plaques chez l’humain et limite les risques d’artefacts liés au vieillissement de l’animal.