
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 08/08/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-463020)
600 tortues cistudes vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, puis relâchées sur leur lieu de capture. Le projet évalue une réintroduction de l’espèce en Alsace par capture, marquage et recapture, avec mesures biométriques, prise de sang, écouvillonnage et pose d’un dispositif de télémétrie collé à la carapace. Le porteur indique que les captures en piège durent moins de 24 heures et que les prélèvements n’ont lieu qu’une fois par an. Tous les individus sont relâchés pour un suivi à long terme de la population, le porteur indiquant que le remplacement n’est « pas applicable » puisqu’il s’agit d’évaluer une action de conservation en milieu naturel.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La tortue cistude d’Europe fait l’objet d’un programme de réintroduction en Alsace porté par la Collectivité européenne d’Alsace. Le programme scientifique lié à cette DAP vise à faire une évaluation écologique de ces actions de conservation. Les objectifs du projet de recherche sont : 1) étudier la structure et la dynamique de la population de cistudes après lâcher en milieu naturel à partir d’une approche classique de captures/marquages/recaptures par sessions de piégeages mensuelles en période d’activité de l’espèce. 2) identifier les mécanismes sous-tenant cette dynamique de population à partir d’ un suivi individuel de l’état de santé (biométrie, étude du microbiote cutané et cloacal), du comportement d’utilisation du milieu (écologie spatiale par télémétrie) et d’exploitation de ses ressources (étude du régime alimentaire par analyses fécales) et de la reproduction (suivi des sites de ponte et des émergences). 3) préciser les liens entre comportement, démographie et conditions environnementales biotiques (disponibilité alimentaire) et abiotiques (régimes thermique et hydrique) abordées par ailleurs pour apporter une base scientifique pour l’aide à la décision auprès des gestionnaires du site d’étude.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet a pour but d’évaluer le succès des actions de conservation menées en faveur de la cistude sur le site d’étude, et les mécanismes écologiques impliqués dans l’installation, la dispersion et la reproduction de l’espèce en lien avec les conditions environnementales biotiques et abiotiques. Ce projet est mené en partenariat étroit avec le gestionnaire du site, ce qui garantit le transfert de connaissances vers les institutions. Ce projet est le tenant français du programme Européen Emys-R, qui vise à comparer le succès des actions de reintroduction de la cistude en Europe, ce qui permettra d’étendre le rayonnement de nos résultats à travers les autres programmes de réintroduction ou de renforcement de l’espèce en France et en Europe.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les interventions se feront systématiquement sur animaux vigiles, sur les 600 individus estimés de la population. Les pièges seront relevés au mins une fois quotidiennement, ce qui limite la captivité en piège à moins de 24h. Les mesures biométriques (1 minute par animal) et les prélèvements (prise de sang et écouvillonnage de la nuque et du cloaque, 3 minutes par animal) n’auront lieu qu’une fois par an, lors de la première capture de l’année. La durée de pose du matériel embarqué est conditionnée par la rapidité de durcissement de la résine, spécialement choisie ‘preise rapide’, soit entre 5 et 10 minutes. Le matériel embarqué sera déployé pour quelques mois avant d’être retiré en fin de saison, soit 6 mois au maximum. Le retrait du matériel embarqué se fait très rapidement en excerçant un effet levier sur les points de colle, sans endommager la carapace.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Ce projet vise à évaluer le succès des actions de conservation menées en faveur d’une population de cistudes d’Europe introduite en Alsace. Le protocole et donc basé sur la capture et le suivi de ces individus en milieu naturel sur le site dédié à cette réintroduction.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux sont relâchés sur leur lieu de capture pour assurer le suivi à long terme de la population
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le projet vise à faire une évaluation du succès des actions de réintroduction de cistude. De fait, le remplacement n’est pas applicable.
2. Réduction
La réduction des effectifs sera assurée en ajustant si possible les efforts de piégeage en fonction des succès cumulés des captures de l’année. La réduction du nombre de manipulations sera assurée en ne manipulant (prélèvements) les animaux qu’à leur première capture de l’année, les éventuelles captures successives sur une même année permettant d’apporter l’information de base concernant leur survie, leur état de santé et leur position géographique (et éventuellement la récupération du matériel précédemment déployé).
3. Raffinement
Le raffinement du protocole sera assuré en tenant compte des caractéristiques des individus, en particulier leur statut reproducteur qui devrait évoluer au cours du temps (les individus lâchés sont immatures à subadultes) et qui nécessite des précautions de manipulation supplémentaires chez les adultes et les nouveau-nés.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La cistude d’Europe est l’espèce faisant l’objet des mesures de gestion et de conservation que ce projet vise à évaluer. Le protocole initial validé par le Ministère prévoit le lâcher de 500 cistudes immatures, auxquels s’ajoutent une centaine d’individus nés en milieu naturel, soit 600 individus. Les premiers individus lâchés auront atteint leur maturité sexuelle d’ici la fin du projet, prévu sur 5 ans. Si tel est le cas, leur reproduction sera également étudiée par la recherche des pontes et des nouveau-nés (identification individuelle, étude biométrique et filiation). Les stades de développement utilisés sont donc : émergence, juvénile, immature et reproducteur.