
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 13/06/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-466822)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La douleur est encore dans les principales causes d’arrêt maladie. Très mal soignée ou avec de nombreux effets secondaires, il est important de continuer la recherche pour développer de nouvelles pharmacologies de références. La douleur inflammatoire est associée à des phénomènes d’inflammation qui perdurent anormalement. Dans des conditions normales, l’inflammation aiguë est essentielle pour protéger l’organisme contre les agents pathogènes ainsi que pour favoriser la réparation des tissus. À l’inverse, une inflammation chronique, qui dure 6 semaines ou plus, entraîne des lésions tissulaires et des douleurs indésirables. Les modèles in vivo, aident à comprendre les mécanismes physiopathologiques responsables de la génération de douleurs inflammatoires chroniques et permettent l’identification de nombreux candidats médicaments analgésiques. L’implantation de cathéter permettra l’évaluation de l’efficacité de composés administrés en perfusion directement au niveau central. elle sera évaluée par le test du formol, qui est couramment décrit dans la littérature et est réalisé dans le laboratoire depuis plusieurs années. L’objectif de ce projet est donc de proposer une méthode pertinente qui permettra l’évaluation de l’efficacité de nouvelles molécules à visée analgésique qui pourront ensuite être utilisées en clinique. Le but, à long terme, étant de mieux traiter les patients souffrant de douleurs et de limiter les effets secondaires des composés utilisés.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les molécules de référence dans le traitement de la douleur sont soit peu efficaces, soit avec de nombreux effets secondaires (Opiacés : Impact sur le transit, tolérance…). Le but de ce projet est de tester de nouveaux candidats médicaments dans des tests de douleur reconnus. Ils seront comparés aux molécules de références testées en cliniques. Le bénéfice à long terme de ce projet est donc la mise au point de nouveaux composés antalgiques efficaces et avec peu d’effets secondaires destinés à l’évaluation en étude clinique puis à la mise à disposition des patients mais aussi à destination du domaine de la santé animale A plus court terme, la publication de posters/articles scientifiques pour mettre en évidence certains résultats encourageants sera envisagée.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
L’implantation du cathéter nécessaire pour le traitement se fait via une chirurgie au niveau dorsale qui dure 10-15min sous anesthésie avec un traitement local de la douleur. La stimulation chimique induisant une douleur locale intense. Les animaux seront également isolés dans des compartiments le temps des tests. Les animaux recevront des traitements de composés par injection. Ces actes durent quelques secondes. Ils pourront être réalisés une seule fois, ou plusieurs fois par jour espacé de 0min (simultanément) à plusieurs heures (2-4-6-8-12) ou même de plusieurs jours (une fois par semaine, un jour sur deux pendant 3 semaines maximum) Ceci est dépendant de la pharmacocinétique du composé testé. De plus, les animaux pourront subir des prélèvements de sang en répétés ou en prélèvement unique afin de suivre la pharmacocinétique du composé testé. Les prélèvements de sang durent maximum 3 minutes et les animaux peuvent être sous anesthésie pendant 5minutes. Les prélèvements sont limités à un maximum par jour selon les recommandations en vigueur (nombre maximum théorique: 25 prélèvements)
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le modèle du formol est un modèle de douleur inflammatoire. Des nuisance liées à l’inflammation sont donc attendues notamment des gonflements ( nuisances modérées à sévères selon l’inflammation). Les nuisances liées aux tests sont dues à l’application d’une injection unique d’un agent inflammatoire (stimulation chimique) en sous-cutanée plantaire (nuisance légère < 1 min). Les tests sont pratiqués sur animal dans une boîte en plexiglass avec une mobilité possible mais réduite (nuisance légère, 1h maximum) De plus, l’ensemble des animaux pourra subir des nuisances liées à l’administration unique ou répétée de composés (lésion superficielle : nuisance légère < 1 min, administration répétée : nuisance modérée). Les composés administrés peuvent induire des effets secondaires listés dans les points limites (posture anormale, sédation). Enfin, les animaux peuvent subir des prélèvements de sang en répétés ou unique afin de suivre la pharmacocinétique du composé (nuisance légère < 3 min). Les nuisances liées à la pose du cathéter et du système de perfusion sont : le risque d’infection, l’apparition de tissu cicatriciel et l’anesthésie.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
La douleur induite par ce test ne permet pas un retour à l’état physiologique de base. Les animaux ne peuvent donc pas être gardés. De ce fait, dès la fin de la phase expérimentale, les animaux sont euthanasiés par le personnel habilité du laboratoire.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’objectif de ce projet est d’évaluer l’efficacité de candidats médicaments analgésiques. Les modèles in silico et in vitro permettent seulement d’étudier les effets de ces molécules sur les mécanismes biologiques encodant les stimuli endommageant, ou susceptibles d’endommager les tissus, mais pas sur la douleur dans sa globalité. Selon sa définition par l’IASP (International Association for the Study of Pain), la douleur est une « expérience sensorielle et émotionnelle ». L’étude de potentiels traitements analgésiques doit donc être conduite dans des modèles restituant à la fois la composante sensorielle et émotionnelle et permettant l’analyse du comportement en plus de la physiologie; faute de quoi la douleur n’est pas étudiée dans toute sa complexité.
2. Réduction
Ce test est couramment mis en place au sein de la structure. De nombreuses données ont été générées afin de calculer au mieux le nombre d’animaux minimum nécessaire pour réaliser des analyses statistiques à postériori. Pour chaque étude, le nombre d’animaux utilisé est réduit à un minimum acceptable pour l’obtention d’informations robustes et statistiquement pertinentes. Le nombre d’animaux par groupe de traitement a été fixé à n=12 en se basant sur les données disponibles. Il est attendu que le nombre d’animaux effectivement nécessaire soit inférieur aux prévisions de cette demande d’autorisation de projet. Classiquement une étude est composée de 5 à 6 groupes.
3. Raffinement
Les animaux ont accès dès leur arrivée dans l’animalerie à de l’enrichissement (tunnel en polycarbonate rouge transparent, briquettes en bois) et sont habitués à la salle d’expérimentation et aux tests (enceinte) afin de limiter leur stress. Un système de surveillance de l’état général des animaux associé à des points limites est mis en place au laboratoire. Lors de ce test un temps maximal d’observation est en place afin de limiter la douleur. Une anesthésie est appliquée avant chaque acte le nécessitant et le permettant : prélèvements, pose de cathéter. Une surveillance accrue des animaux est mise en place au vu de la thématique de la recherche. Des points limites sont clairement établis et des mesures sont mise en place suite à la pose de cathéter : aliments placés dans la cage de l’animal si difficultés à se nourrir, injection de solutions hydratantes en cas de déshydratation.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La question du remplacement des rongeurs par d’autres espèces est critique et suivie avec attention au sein du laboratoire. Chez ces espèces la démonstration la capacité à ressentir la douleur telle que définie par l’IASP est récente et les modèles in vitro d’étude de la pharmacologie de la douleur à visée clinique ne sont pas encore développés. Le rat a été sélectionné pour ce projet en se basant sur plusieurs critères : a) sensibilité aux stimuli nociceptifs utilisés dans ce projet ; b) large caractérisation du comportement et des modèles dans la littérature ; c) efficacité dans cette espèce des médicaments utilisés chez l’homme sont efficaces pour soulager une douleur équivalente suggérant l’existence de mécanismes biologiques communs. Les animaux utilisés pour l’ensemble des procédures sont des animaux juvéniles (4-7semaines). Ce stade a été choisi car il permet un suivi sur plusieurs semaines des animaux, évitant d’avoir des animaux âgés pour lesquels des pathologies liées à l’âge pourraient interférer avec nos résultats.