
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 12/06/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-469018)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le syndrome de Dravet est une maladie développementale et épileptique sévère, due aux mutations d’un gène codant pour un canal laissant passer le sodium, caractérisée par une apparition précoce (
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La mort subite est la cause principale de décès chez les patients épileptiques (tous types d’épilepsies confondus) et représente une énorme source d’angoisse pour la majorité des patients épileptiques et leurs familles à cause de son caractère imprévisible, sans aucun signe précédent la mort, et de ses conséquences dramatiques. Ce projet permettra une meilleure connaissance des mécanismes sous-jacent, l’identification de biomarqueurs et de cibles pharmacologiques permettant d’inhiber la mort subite. Cela pourrait ouvrir une voie pour une nouvelle gamme de médicaments qui protègeraient de la mort subite. La démonstration du rôle d’une hormone dans le réveil et l’arrêt de l’apnée post-crise représente l’objectif clinique final de notre projet, et toute la partie préclinique que nous réaliserons permettra de mettre en place un modèle d’analyse et de prédiction des crises qui pourrait être adapté chez l’humain.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Tous les animaux subissent une biopsie de queue puis une partie est utilisée dans une des procédures. Les animaux subiront une chirurgie sous anesthésie (maximum 1h30) qui permet d’implanter des électrodes et des sondes pour mesurer les paramètres physiologiques d’intérêt (activité électrique du cerveau) et récolter un peu de liquide sous-cutané pour mesurer les molécules d’intérêt (microdialyse). Pour la microdialyse un contrôle positif consistera en une injection en sous-cutané et 20 min dans un tube en début et en fin de semaine, sur 2 semaines. Les périodes d’enregistrement seront sur 2 séries de 5 jours maximum, avec des pauses de 2 à 9 jours entre les 2 séries. Un modèle animal est spontanément épileptique, pour que les animaux du second modèle deviennent épileptiques, ils respireront un mélange d’air et d’un gaz qui déclenche une crise au bout de 20 minutes environ. Ce protocole d’induction est répété quotidiennement pendant 2×5 jours. Certains groupes auront un cathéter implanté (maximum 18 jours) avec un connecteur qui permettra d’injecter des molécules d’intérêts sans toucher et stresser l’animal (pas de piqure); Les injections durent 5 sec avec un maximum de 2 injections par jour répétées sur 4 jours par semaine sur 2 semaines pour une seule des procédures. Les animaux ne subissant que 10 fois une injection quotidienne sur 10 jours seront injectées en sous-cutanée (5 sec). Les animaux de plusieurs procédures seront mis à mort sous anesthésie gazeuse afin de prélever des organes pour étude d’histologie.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Il est important de noter qu’aucune douleur n’est associée aux crises d’épilepsie qui se traduisent par une perte de conscience chez les humains, ce qui est très probablement la même chose chez les souris. Les crises induites artificiellement pendant les procédures et les crises spontanées apparaissant chez les animaux épileptique sont absolument de même nature, elles ont une durée inférieure à 1 minute. La mort subite est soudaine, il n’y a aucun signe prédictif et donc aucune douleur ou nuisance quelconque avant son apparition. En résumé, les animaux épileptiques ont un comportement normal pendant leur élevage mais meurent soudainement (mort subite) avec une fréquence de 30%, et aucun autre comportement ou effet indésirable douloureux n’est attendu. Les nuisances principales induites par les procédures seront les inductions de crises par hyperthermie induisant un stress, les chirurgies d’implantations (sondes et électrodes, 1 à 3 par animal, 30 à 90 min selon procédure) et d’éventuelles conséquences (inflammations), et les enregistrements chroniques avec dispositifs médicaux qui engendrent une mobilité réduite (maximum 3 jours). Les animaux sont isolés pendant les périodes d’inductions et les périodes d’enregistrement (moins de 3h). Les animaux implantés sont en hébergement individuel par 2 avec un séparateur pourvus de multiples perforations pour maintenir les contacts entre les animaux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de la procédure, ceux non implantés d’électrodes seront ensuite utilisés afin de récupérer le cerveau pour des analyses ultérieures.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’épilepsie est un syndrome complexe avec des mécanismes de mise en place (épileptogenèse) peu connus qui impliquent le système nerveux central, le système nerveux périphérique, le système cardio-vasculaire et probablement le système immunitaire. Il est donc impossible d’étudier ces mécanismes dans des systèmes in-vitro et l’utilisation d’animaux vivants est absolument nécessaire.
2. Réduction
Nous utilisons indifféremment les mâles et les femelles qui seront randomisés dans les groupes d’étude, soit une perte minimale due au genre. Le nombre minimum d’animaux nécessaires dans chaque groupe de chaque procédure a été calculé pour obtenir une puissance statistique de 80% pour minimiser l’erreur de type II, ceci afin d’utiliser le moins d’animaux possibles tout en répondant à la question scientifique.
3. Raffinement
Les conditions de réalisation des chirurgies ont été optimisées afin de réduire au maximum la souffrance des animaux ; tapis chauffant avec sonde rectale pour maintien précis de la température, application d’anesthésique local, cage de réveil chauffée, traitements antalgiques et antiinflammatoire (pendant et après la chirurgie) et des points limites avec des actions précises mise en place. Nous utilisons des électrodes implantées en routine depuis plusieurs années dans des cages adaptées (connectique souple et rotative, parois transparentes rouge pour que les animaux ne voient pas les expérimentateurs) et en alternant les périodes d’enregistrement avec des périodes sans enregistrement pour diminuer la contrainte. Les animaux sont enregistrés en cage individuelle avec une séparation munies de nombreux trous permettant les contacts visuels, auditifs, olfactifs et physiques (contacts nez-nez), et des échanges de ouate.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Deux lignées de souris mutantes sont utilisées car elles reproduisent bien les symptômes observés chez les patients humains atteints du syndrome de Dravet (crises spontanées, déficit cognitif et mort subite). Les souris sont utilisées car c’est un mammifère, donc proche de l’humain, et leur reproduction est facile et bien gérée. Nous utilisons les 2 modèles couramment, les connaissons bien, n’avons pas besoin de générer une nouvelle lignée et pouvons sélectivement augmenter le taux de mort subite à plusieurs âges en pratiquant des inductions des crise. Cela permet que chaque animal soit son propre contrôle (avant et après induction). La première lignée sera utilisée à partir des âges 23 à 37 jours dans une procédure, tous les animaux seront utilisés entre 30 et 48 jours dans les autres procédures.