
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-06-28 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-474894)
176 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère, chacune passant cinq jours en cage à métabolisme sur une grille métallique de surface réduite. Les souris génétiquement modifiées pour reproduire la maladie de Dent perdent protéines et calcium dans leurs urines et développent une fibrose rénale. À 4 mois, puis pour une partie d’entre elles à 7 et 10 mois, elles subissent une mesure de composition corporelle en tube clos, une anesthésie pour mesurer la filtration rénale avec risque d’hypothermie et de détresse respiratoire, puis un prélèvement sanguin sous-mandibulaire qui peut provoquer une hémorragie. Toutes sont tuées à 4 ou 10 mois pour prélever les reins.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La maladie de Dent de type 1 est une maladie rénale rare caractérisée par une perte urinaire de protéines et de calcium, la présence de calculs rénaux, et une insuffisance rénale progressive. La maladie est causée par des mutations d’une protéine appelée ClC-5. Jusqu’à présent, il n’existe pas de traitement spécifique pour cette maladie. Une souris modifiée génétiquement présentant les mêmes traits cliniques observés chez les patients a été générée. L’objectif de ce projet est d’identifier des pistes thérapeutiques pertinentes pour ralentir la progression de la maladie et freiner l’apparition de l’insuffisance rénale. Certains inhibiteurs de transporteurs du tubule proximal montrent des effets néphroprotecteurs prometteurs dans de nombreuses maladies rénales chroniques. Aucun effet délétère majeur n’a été recensé suite à l’utilisation de ces traitements dors et déjà administrés à de nombreux patients souffrant de problèmes néphrologiques. Notre objectif est d’étudier les effets d’un traitement inhibiteur ciblant un transporteur du tubule proximal sur l’évolution de la maladie de Dent de type 1.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettra d’évaluer l’effet d’un inhibiteur ciblant un transporteur du tubule proximal afin de ralentir l’évolution de la maladie de Dent 1, une pathologie conduisant à l’insuffisance rénale. Il n’existe pour le moment que des traitements symptomatiques de la maladie., en vue d’améliorer la fonction rénale des patients atteints par cette pathologie. En faisant appel à l’utilisation d’animaux génétiquement modifiés, celui-ci aura un impact significatif sur la santé humaine car il permettra d’apporter une preuve de concept sur la capacité de ce médicament, déjà disponible sur le marché et donc prescriptible, à ralentir l’apparition de l’insuffisance rénale dans le cadre de la maladie de Dent.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Un premier lot de souris recevra ou non un traitement dans leur nourriture en croquette. Ces souris ne changeront plus de régime alimentaire jusqu’à la fin de leur vie. A 4 mois, une mesure non invasive de composition de la masse corporelle sera effectuée en plaçant les souris dans un tube clos pour la mesure (environ 2 minutes). Ensuite, une mesure de la filtration rénale sera effectuée impliquant une anesthésie, la pose d’un capteur de fluorescence maintenu par un adhésif adapté, une injection intra-veineuse du traceur fluorescent (environ 10 minutes) puis un suivi sur animal vigile d’environ 2 heures. Après, ces souris seront placées en hébergement dans une enceinte spécifique permettant de prélever l’urine durant 5 jours (3 jours d’habituation et 2 jours de d’expérience). A l’issue de cet hébergement, un prélèvement sanguin de faible volume sera réalisé sur souris vigiles (environ 1 minute). Ensuite, les animaux seront soit euthanasiés (groupe 4 mois) ou retourneront en stabulation en attendant la prochaine phase d’analyse (groupe 10 mois). En effet, le groupe 10 mois, repassera par la même série d’analyses précédemment décrites à 7 mois et à 10 mois avant euthanasie et prélèvements. Un second lot de souris recevra ou non un traitement dans leur nourriture en croquette. Ces souris ne changeront plus de régime alimentaire jusqu’à la fin de leur vie. A 4 ou 10 mois, les organes seront récupérés après l’euthanasie effectué sous anesthésie et analgésie.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les souris présentent un phénotype dommageable avec une diminution de la filtration rénale, une augmentation de l’excrétion de solutés tels que les protéines et le calcium, augmentation de la fibrose rénale. Toutefois, nous anticipons une amélioration progressive avec l’âge de la fonction rénale des animaux génétiquement modifiés et traités. Cependant, l’addition dans la nourriture de l’inhibiteur de transporteur du tubule proximal pourrait engendrer un léger stress des souris. Les souris seront hébergées en cage à métabolisme. Ce type d’hébergement peut générer des nuisances sur les animaux car ceux-ci sont hébergés, et ils se déplacent sur une grille métallique de surface réduite. A l’issue de leur hébergement en cage à métabolisme, les souris auront un prélèvement de sang sous-mandibulaire. Celui-ci est susceptible de causer une douleur de courte durée associée à la piqûre de l’aiguille, mais également une hémorragie. Par ailleurs, les souris seront anesthésiées pour la mesure de leur débit de filtration glomérulaire. Cette intervention est susceptible de générer une hypothermie et une détresse respiratoire. Enfin les souris seront placées dans un tube clos pour la mesure de la composition corporelle pouvant entraîner un léger stress le temps de la mesure de résonance nucléaire magnétique.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
L’ensemble des animaux devront être euthanasiés à 4 ou 10 mois pour permettre de réaliser les différents prélèvements nécessaires aux analyses.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Dans la mesure du possible, le remplacement des animaux pour des méthodes alternatives (par exemple des cellules en culture) est préférable. Toutefois, seules des études sur des animaux nous permettront de déterminer l’effet des traitements sur leur phénotype rénal (notamment les modifications des contenus urinaires et plasmatiques, les altérations histologiques et moléculaires des cellules rénales) en comparaison avec celui des animaux non traités.
2. Réduction
Ce projet a une durée de 5 ans, et nécessitera l’utilisation de 176 souris. La taille des effectifs est déterminée par notre expérience concernant ce type d’expérimentation que nous avons mené dans d’autres projets au laboratoire. Il sera par ailleurs nécessaire de procéder à des tests statistiques pour une interprétation fiable des résultats (ANOVA un ou 2 facteurs et test de student). Nous limiterons le nombre d’animaux en réalisant des expériences sur les mêmes animaux.
3. Raffinement
Durant leur hébergement en stabulation, les animaux auront un accès libre à la nourriture et à de l’eau filtrée, et seront placés dans des cages ventilées. L’environnement des animaux sera enrichi avec du nid végétal, des cylindres en carton, des bouts de bois et/ou des maisons. L’hébergement en cages à métabolisme sera lui aussi réalisé dans l’établissement utilisateur. Par ailleurs, la détermination quotidienne du poids, de l’apparence physique et du comportement des animaux durant leur hébergement en cages à métabolisme nous permettra de définir les points limites nécessitant une euthanasie de l’animal. De plus, la mesure de la filtration rénale sera effectuée sous anesthésie. Pour le prélèvement de leurs reins, les animaux recevront au préalable une anesthésie suivie d’une euthanasie. L’ensemble des expériences sera mené en présence de personnels hautement qualifiés dans des locaux d’hébergement respectant les standards en vigueur.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous avons choisi de mener nos expériences chez la souris, car seuls des modèles animaux nous permettront d’évaluer l’effet de cet inhibiteur de transporteur du tubule proximal visant à ralentir l’évolution de la maladie de Dent 1. Nous utilisons des souris mâles contrôles et transgéniques âgées de 4,7 et 10 mois afin d’évaluer l’effet du traitement sur l’évolution de la maladie.