
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 17/03/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-480595)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le cerveau est l’organe le plus gourmand en énergie de notre corps. Avec l’âge, et plus encore dans la maladie d’Alzheimer, son métabolisme énergétique ralentit. On sait aujourd’hui que les personnes atteintes de cette maladie utilisent moins efficacement le glucose – la principale source d’énergie du cerveau – que les personnes en bonne santé. Les recherches montrent que ce problème survient très tôt, bien avant l’apparition des pertes de mémoire ou des troubles cognitifs. Ce déficit énergétique touche plusieurs types de cellules cérébrales et perturbe leurs échanges. Un mécanisme central est particulièrement affecté : la « navette lactate » entre les astrocytes et les neurones, qui permet normalement aux cellules de se transmettre et d’exploiter efficacement l’énergie. Avec le vieillissement et dans la maladie d’Alzheimer, certains transporteurs et enzymes indispensables à l’utilisation du glucose et du lactate deviennent moins performants. Résultat : le cerveau n’arrive plus à produire suffisamment d’énergie pour fonctionner correctement. Notre projet vise à stimuler cette navette lactate en administrant soit une substance énergétique alternative, soit une substance hormonale, afin de compenser ce manque d’énergie. L’objectif est de ralentir ou de retarder l’apparition des troubles liés au vieillissement et, plus encore, à la maladie d’Alzheimer.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le vieillissement et de manière plus exacerbée, la maladie d’Alzheimer sont caractérisés par un déficit énergétique cérébral induit par une diminution de la capacité cérébrale à métaboliser le glucose. Nous proposons dans ce projet une stratégie de substitution énergétique en administrant soit une substance énergétique alternative, soit une substance hormonale. Les bénéfices attendus sont un maintien de l’équilibre énergétique cérébral couplé à un maintien des fonctions cérébrales ou un retard dans leurs altérations.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Une intervention chirurgicale est prévue afin d’implanter des pompes permettant l’administration continue de substances. À l’âge de 5 mois, deux modalités d’implantation sont prévues : – Implantation unique : la pompe est posée une seule fois et délivre le traitement pendant un mois. – Implantations répétées : la pompe est posée pour une semaine, puis remplacée chaque semaine, afin de maintenir le traitement sur une durée totale d’un mois. La durée de chaque intervention chirurgicale d’implantation n’excède pas 12 minutes. Les animaux seront anesthésiés pour les examens IRM. Trois examens sont prévus, chacun durant environ 30 à 45 minutes. Des tests comportementaux seront réalisés pour évaluer les fonctions cognitivo-sensori-motrices, l’anxiété et les signes de dépression. Chaque test sera effectué une seule fois et dure environ 10 minutes. Enfin, à la fin de l’étude, les animaux recevront une perfusion de substrats marqués au carbone 13 pour mesurer les échanges métaboliques dans le cerveau. Cette procédure est réalisée sous anesthésie pendant une heure, sans réveil.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
– Une chirurgie d’implantation des pompes osmotiques est réalisée, sous anesthésie et antalgie. – L’imagerie par résonance magnétique nucléaire est une technique non invasive, cependant, sous anesthésie : hypothermie et risque de troubles cardio-respiratoires. Cette nuisance entrainera l’arrêt de l’expérimentation. – Les tests de comportement, notamment le test de restriction alimentaire, pourraient induire une anxiété chez les animaux. – Notre étude s’est terminée avant l’apparition de phénotype dommageable (vers 19 mois) qui pourrait entraîner des problèmes de mémoire et d’apprentissage, des modifications cérébrales liées à la maladie, des changements dans le comportement et l’état général de l’animal, et dans de rares cas, un décès soudain.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Le cerveau des animaux doit être prélevé pour décrypter les mécanismes moléculaires mis en jeu.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Notre projet de recherche vise à voir si le lactate peut aider à protéger le cerveau dans la maladie d’Alzheimer. Pour le savoir, il est indispensable d’étudier le cerveau dans son fonctionnement global. Aujourd’hui, il n’existe pas d’autre méthode que les modèles expérimentaux pour répondre à cette question et espérer des applications chez l’être humain.
2. Réduction
Une réduction du nombre d’animaux est rendue possible par le fait que l’IRM est une technique d’investigation non-invasive et permet donc un suivi longitudinal des animaux ainsi que la réalisation de tests comportementaux, sur les mêmes animaux. Les effectifs ont été déterminés par des tests statistiques ainsi que par notre expérience acquise lors d’études précédentes. Les différences intergroupes seront mises en évidence par des tests statistiques.
3. Raffinement
Les nuisances potentielles sur le bien-être des animaux seront surveillées et limitées au maximum, en particulier lors des périodes pouvant entraîner un stress ou une gêne (anesthésies liées aux examens d’IRM notamment). Les animaux feront l’objet d’un suivi attentif visant à détecter rapidement toute altération de leur état général. Un système de points limites, d’arbre décisionnel de critères d’arrêt sera appliqué afin d’intervenir rapidement si la santé ou le confort des animaux se dégrade. Les conditions d’hébergement et de manipulation seront adaptées de manière à assurer leur confort et une récupération optimale tout au long du protocole.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris (modèle de vieillissement sain) et les souris transgeniques (modèle d’Alzheimer) sont deux souches très étudiées dans la littérature, leur utilisation permttra de minimiser le nombre d’animaux contrôles. Les souris partagent de nombreuses similitudes biologiques et génétiques avec les humains, ce qui permet d’observer des mécanismes pathologiques similaires à ceux de la maladie d’Alzheimer chez l’homme. Les modèles de souris transgéniques peuvent être génétiquement modifiés pour développer des caractéristiques de la maladie d’Alzheimer, ce qui permet d’explorer des hypothèses sur la neuroprotection. Il est possible de suivre des souris sur des périodes prolongées pour observer l’évolution de la maladie et l’impact de l’intervention neuroprotectrice. Les modèles murins permettent d’évaluer les fonctions cognitives et comportementales, fournissant des données sur l’efficacité du traitement neuroprotecteur. Le projet porte sur la neuroprotection dans le cadre du vieillissement cérébral sain ou pathologique (maladie d’Alzheimer). Les animaux seront suivis de l’âge de 5 mois jusqu’à 18 mois. Des IRM seront effectuées à 6, 14 et 16 mois, et des tests comportementaux seront réalisés entre 10 et 18 mois.