Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Aux stades avancés de la maladie, les rats peuvent ne plus accéder à la nourriture ni à l’eau, et ceux dont l’état général se dégrade sont tués par anticipation. 30 rats porteurs d’une mutation du gène Mfn2, qui reproduit la maladie de Charcot-Marie-Tooth de type 2A, vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. À six semaines, trois mois et cinq mois, ils passent une mesure de force d’agrippement, une analyse de la marche et un test du faisceau rétréci, de cinq à dix minutes chacun. Tous seront tués pour peser leurs muscles et mesurer les propriétés contractiles de muscles isolés, le projet ne visant pas à les soigner mais à repérer des paramètres de suivi utilisables dans de futurs essais thérapeutiques.

NTS-FR-483666v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système musculosquelettique · Système nerveux ·
Mots-clés
fonction neuromusculaire, modèle animal, neuropathie, phénotype moteur, recherche préclinique
Rats : 30

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La neuropathie périphérique axonale liée au gène Mfn2 (correspondant à la maladie de Charcot-Marie-Tooth de type 2A ou CMT2A) est une affection génétique du système nerveux périphérique caractérisée par une dégénérescence progressive des axones, entraînant des déficits moteurs et sensitifs prédominant aux extrémités des membres. Malgré une compréhension partielle des mécanismes physiopathologiques impliqués, il n’existe à ce jour aucun traitement curatif. Dans ce contexte, l’objectif de ce projet est de caractériser de manière fonctionnelle les atteintes neuromusculaires dans un modèle de rat CMT2A, porteur de cette mutation. Cette étude vise à décrire l’installation et la progression des déficits moteurs et musculaires par une approche intégrée combinant des évaluations in vivo longitudinales et des analyses in vitro à des temps clés. Elle a pour finalité d’identifier des paramètres fonctionnels pertinents et robustes, en lien avec la physiopathologie de la maladie, pouvant servir de critères de suivi de la progression et d’outils d’évaluation dans un contexte de développement thérapeutique.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet permettra d’améliorer la compréhension des atteintes neuromusculaires associées aux neuropathies périphériques axonales liées au gène Mfn2, en documentant leur installation et leur progression dans un modèle préclinique pertinent. L’identification de paramètres fonctionnels robustes et reproductibles contribuera à définir des critères objectifs de suivi de la maladie. Ces éléments constituent un prérequis essentiel au développement et à l’évaluation de nouvelles approches thérapeutiques, en facilitant la mise en place d’études précliniques et en renforçant la transposabilité des résultats vers la clinique.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Au cours de la période de suivi, les animaux seront soumis à des tests non invasifs d’exploration fonctionnelle réalisés sur animaux vigiles, incluant des évaluations de la force musculaire, de la marche et de la coordination motrice. Chaque test a une durée comprise entre 5 et 10 minutes. Ces évaluations seront réalisées à trois reprises au cours du projet, aux âges de 6 semaines, 3 mois et 5 mois. En fin d’étude, les animaux seront soumis à une procédure terminale comprenant une anesthésie suivie d’une euthanasie conforme à la réglementation, puis à des prélèvements tissulaires (muscles squelettiques et cœur) réalisés après confirmation de la mort.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les tests fonctionnels non invasifs (mesure de la force d’agrippement, analyse de la marche, test du faisceau rétréci) peuvent induire un stress léger à modéré lié à la manipulation des animaux et à leur isolement temporaire. La répétition des mesures au cours du suivi longitudinal peut également entraîner une fatigue passagère. L’évolution de la pathologie elle-même peut entraîner une altération progressive de l’état général, se traduisant notamment par des troubles locomoteurs, une diminution de la force musculaire et, potentiellement, des difficultés d’accès à la nourriture ou à l’eau aux stades avancés.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

L’ensemble des animaux sera euthanasié à l’issue de la procédure expérimentale afin de permettre la réalisation d’analyses terminales indispensables à la caractérisation du phénotype neuromusculaire. Ces analyses incluent notamment la mesure de la masse de différents muscles ainsi que l’étude des propriétés contractiles de muscles isolés, qui ne peuvent être réalisées que sur des tissus prélevés post-mortem.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Il n’existe à l’heure actuelle aucun modèle alternatif non animal permettant de caractériser de manière intégrée le phénotype neuromusculaire associé à une neuropathie périphérique axonale liée au gène Mfn2. Les approches in vitro ou ex vivo ne permettent pas de reproduire la complexité des interactions entre système nerveux périphérique, muscle et contrôle moteur, ni d’évaluer la progression de la maladie à l’échelle de l’organisme. Le recours à un modèle animal est donc nécessaire pour étudier de façon fonctionnelle et longitudinale les altérations neuromusculaires et identifier des paramètres pertinents de suivi.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux a été défini au strict minimum nécessaire pour garantir la validité scientifique des résultats, tout en respectant le principe de réduction. Sur la base de données issues de la littérature et d’expériences antérieures sur des modèles similaires, un effectif de 15 animaux par groupe a été retenu.Ce nombre est nécessaire pour mettre en évidence de manière fiable les différences attendues entre les animaux porteurs de la mutation et les animaux témoins sains. Afin de limiter la variabilité expérimentale, les groupes seront constitués d’animaux issus de plusieurs portées, avec inclusion d’animaux mutés et témoins issus des mêmes portées lorsque cela est possible. Cette stratégie permet de contrôler les effets liés à la portée tout en optimisant le nombre total d’animaux utilisés. Par ailleurs, une approche longitudinale sera mise en œuvre, permettant le suivi répété des mêmes animaux au cours du temps, ce qui réduit le nombre total d’animaux nécessaires. Enfin, les différentes analyses (fonctionnelles in vivo et ex vivo) seront réalisées sur les mêmes individus afin de maximiser les informations obtenues par animal et d’éviter toute utilisation supplémentaire.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux seront hébergés conformément à la réglementation en vigueur, avec un enrichissement du milieu adapté. L’état général des animaux sera surveillé quotidiennement par le personnel animalier et les expérimentateurs afin de détecter précocement tout signe de gêne, de douleur ou d’altération de l’état de santé, notamment en lien avec la progression de la pathologie (troubles locomoteurs). Des critères d’arrêt anticipé, définis à partir de grilles de suivi du bien-être animal et des recommandations en vigueur, seront appliqués. En cas d’apparition de signes cliniques sévères ou d’une dégradation importante de l’état général, le responsable de l’étude et le responsable de la structure de bien-être animal (SBEA) seront informés et une euthanasie sera réalisée sans délai afin d’éviter toute souffrance prolongée. Les signes observés seront évalués en tenant compte de leur persistance et de leur impact sur l’état général de l’animal. L’ensemble des évaluations fonctionnelles, validées et non invasives, sera réalisé sur animaux vigiles. Afin de limiter le stress lié à la manipulation et aux procédures expérimentales, les animaux bénéficieront d’une phase d’habituation préalable à la salle d’expérimentation, aux dispositifs et à l’expérimentateur. Les tests seront réalisés dans un environnement dédié, distinct de la salle d’hébergement, et des mesures de renforcement positif (récompense après les essais) seront mises en place. L’organisation et la fréquence des tests seront optimisées afin de limiter la fatigue et l’impact sur le bien-être des animaux.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Il n’existe à l’heure actuelle aucun modèle alternatif non animal permettant de caractériser de manière intégrée le phénotype neuromusculaire associé à une neuropathie périphérique axonale liée au gène Mfn2. Les approches in vitro ou ex vivo ne permettent pas de reproduire la complexité des interactions entre système nerveux périphérique, muscle et contrôle moteur, ni d’évaluer la progression de la maladie à l’échelle de l’organisme. Le recours à un modèle animal est donc nécessaire pour étudier de façon fonctionnelle et longitudinale les altérations neuromusculaires et identifier des paramètres pertinents de suivi. Les animaux seront suivis à partir du stade juvénile, dès le sevrage (3–4 semaines), et jusqu’à l’âge adulte (jusqu’à 5 mois). Les évaluations in vivo neuromusculaires seront réalisées à 6 semaines, 3 mois et 5 mois d’âge permettent ainsi de caractériser précocement les premiers signes fonctionnels, puis leur évolution au cours du temps.