
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 28/05/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-495435)
288 rats des groupes témoins seront proposés à d’autres équipes et 648 seront tués, dont 288 pour prélever leur cerveau. Au total 936 rats vont être utilisés dans des procédures d’un niveau de souffrance modéré. Tous subissent l’implantation chirurgicale d’un cathéter veineux qu’ils gardent jusqu’à soixante-douze jours, 720 reçoivent en plus une puce d’identification par radiofréquence, et 468 s’auto-administrent de l’héroïne au cours de dix séances de six heures ou de la nicotine au cours de vingt-cinq séances de deux heures. Quatre semaines d’abstinence suivent, en cage standard pour 216 d’entre eux et dans un dispositif d’environnement enrichi pour 720, avant des tests d’anxiété et de sensibilité que le porteur déclare irréalisables in vitro comme in silico.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’addiction est un problème complexe qui affecte notre comportement, nos émotions et notre cerveau. Elle se développe souvent en réponse à des substances ou des activités qui apportent un plaisir immédiat, mais qui, à long terme, mènent à une perte de contrôle. Un des grands défis de l’addiction est le risque de rechute, même après avoir arrêté pendant un certain temps. Cela est dû à des changements durables dans le cerveau causés par les drogues. Comprendre comment réparer ces changements dans le cerveau est important pour créer de meilleurs traitements. Mais même avec les progrès récents, les traitements actuels restent limités, en partie parce que les modèles de recherche sur les animaux ne prennent pas toujours en compte l’influence de l’environnement sur ces troubles. Cependant, une approche appelée « Environnement Enrichi » a montré qu’elle pouvait aider à prévenir et traiter l’addiction, notamment en réduisant le risque de rechute à la cocaïne. Cela suggère qu’il est important de fournir aux personnes dépendantes des activités sociales, physiques et intellectuelles. Pour mieux comprendre comment cela fonctionne, il faut étudier les comportements des animaux dans un environnement enrichi. Le PhenoWorld est un dispositif qui permet de placer des animaux dans un environnement super enrichi et interactif, où leur comportement est suivi grâce à des capteurs. Cela aide à étudier comment l’addiction évolue et comment les animaux se rétablissent. Le PhenoWorld permet un suivi précis des animaux sur le long terme, ce qui permet de mieux comprendre les effets de l’environnement enrichi sur l’addiction. Cette méthode a déjà montré des résultats positifs pour la cocaïne, réduisant le risque de rechute. Ce projet de recherche vise maintenant à tester ces effets pour d’autres drogues comme l’héroïne et la nicotine, afin de comprendre les mécanismes derrière cette approche. Cette recherche est importante pour savoir si l’Environnement Enrichi peut aider à traiter l’addiction à d’autres drogues, ce qui pourrait améliorer les traitements pour les personnes dépendantes.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet va permettre d’étudier si l’effet connu de l’environnement enrichi sur l’addiction à la cocaïne peut être généralisable à d’autres drogues de classe pharmacologiques différentes. De plus, pour mieux comprendre comment l’Environnement Enrichi agit et comment il pourrait être mis en place chez l’Homme, il est fondamental de comprendre précisément comment les animaux interagissent avec cet Environnement Enrichi. Ces informations seront fondamentales pour guider les projets translationnels visant à tester ces effets chez l’humain.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Sur animaux anesthésiés : – Tous les rats (936) seront soumis à une chirurgie d’implantation de cathéter de 15 minutes pour l’auto-administration de drogue. – Injection d’une puce de tracabilité et de suivi individuel de l’activité par radiofréquence de 5 minutes pour pouvoir suivre l’activité de l’animal dans l’environnement enrichi (720rats) Sur animaux vigiles : – 10 sessions d’auto-administration d’Héroïne ou Solution physiologique (1 session / jour, 6heures/session ; 468rats) – 25 sessions d’auto-administration de Nicotine ou Solution physiologique (1 session / jour, 2heures/session ; 468 rats) – test de recherche de drogue (1 session / rat de 6 heures maximum) -période d’abstinence de 4 semaines en environnement standard (216rats) ou en environnement enrichi (720rats) – mesure de l’anxiété (648 rats, 1 session de 60 minutes) – mesure de la sensibilité (648 rats, 1 session de 120 secondes).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances attendues pour ce projet sont : -Chirurgies : inconfort transitoire au réveil, et douleur postopératoire minorée par des antalgiques -Cathéter intraveineux : gène légère pendant la durée de l’expérience (72 jours maximum) – Période d’abstinence : léger stress (pendant 4 semaines) – puce de tracabilité par radiofréquence : Inconfort léger pendant la durée de l’expérience (4 semaines) – Les tests d’anxiété et de sensibilité sur animal vigile induisent un stress transitoire.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les rats salines des procédures 1 et 2 seront proposés à la communauté (288 rats) et tous les autres animaux seront mis à mort (648). Le cerveau des animaux pour l’étude moléculaire (288) sera récupéré pour analyses.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Ce type de recherche, visant à comprendre les mécanismes comportementaux et moléculaires impliqués dans les effets de la stimulation environnementale sur la rechute dans l’addiction, peut-être uniquement menée sur un animal vivant. En effet, l’étude du comportement nécessite la présence de réseaux neuronaux intacts et fonctionnels qui sont uniquement accessibles dans des modèles d’animaux intègres et donc vivants. Après vérification, il n’a pas été trouvé de test in vitro ou in silico permettant d’effectuer cette recherche et il n’est donc pas envisageable d’utiliser des méthodes de substitution à l’animal entier.
2. Réduction
Le nombre d’animaux nécessaires pour ce projet est basé sur des calculs permettant de définir le nombre suffisant par groupe pour détecter des différences comportementales et biologiques importantes.
3. Raffinement
Le bien-être des animaux est pris en compte à chaque étape par une surveillance régulière de l’état de santé des animaux (alimentation, apparence, comportement) et des actions seront mises en place en cas de problème(s) observé(s), avec la mise en place d’une grille de score, l’utilisation de points limites adaptés, gradés, précis et spécifiques, d’un arbre décisionnel et de critères d’intervention et d’arrêt de souffrance suffisamment précoces. Un animal atteignant un des points limites définis nécessitant une intervention est pris en charge sans délai. Le bien- être des animaux est pris en compte à chaque étape avec une pesée 1 fois par semaine. Les procédures débuteront après une période d’acclimatation à l’animalerie de 10 jours. Lors des chirurgies un recours à une anesthésie générale, additionnée d’une anesthésie locale en présence d’antalgiques, ainsi que d’un maintien de la température par tapis chauffant sera effectué. Un traitement antalgique sera poursuivi en postopératoire durant 48heures, soit une couverture totale de 72 heures. Après la procédure d’auto-administration une partie des rats sera hébergé dans le Phenoworld qui constitue un environnement super-enrichi. Les animaux ont une période d’habituation aux tests.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le rat est l’animal le plus utilisé pour l’étude de l’addiction dans les modèles animaux. En effet, les rats ont des réponses aux drogues qui sont similaires à celles de l’humain et ils s’auto-administrent toutes les drogues abusées par l’humain de façon spontanée, ce qui n’est pas aussi évident avec d’autres espèces, pour lesquelles la réalisation de tâches opérantes modélisant l’addiction est plus difficile à obtenir. Nous utiliserons des rats avec un niveau de consanguinité limité ce qui permet une certaine variabilité génétique entre les individus pour un meilleur reflet de ce que l’on trouve chez l’humain. Dans cette étude, nous utiliserons des rats « jeunes adultes » de 7-8 semaines au début du projet, car l’addiction aux drogues chez l’Homme est une pathologie qui se développe et se manifeste surtout dans cette période.