
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 27/04/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-498729)
646 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent une molécule par voie intraveineuse sous anesthésie ou par voie orale, certaines subissant cinq anesthésies en vingt-quatre heures pour de l’imagerie, l’étude portant aussi sur des femelles gestantes ou allaitantes, leurs embryons et leurs souriceaux. Le porteur décrit une molécule « très peu toxique » utilisée comme complément alimentaire et vise à préciser ses doses avant une éventuelle application à l’homme. Il affirme que l’analyse de la distribution d’une molécule doit « nécessairement » être réalisée in vivo, et les tue pour la doser dans leurs organes.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Chaque jour, le cerveau humain utilise 20% de l’énergie apportée par l’alimentation. Ce besoin énergétique est encore plus important chez l’enfant, ce qui rend le cerveau particulièrement sensible aux perturbations énergétiques survenant pendant le développement embryonnaire et l’enfance, et qui peuvent causer des pathologies du neurodéveloppement telles qu’épilepsie ou retard mental, dont la prévalence est estimée à une naissance sur 100 dans les pays industrialisés. L’objectif de ce projet est d’étudier une molécule d’intérêt thérapeutique qui promeut la production d’énergie cérébrale. C’est une molécule très peu toxique, utilisée comme complément alimentaire, et qui a montré son intérêt chez la souris dans des modèles de troubles neuropsychiatriques (dépression). Nous avons observé son efficacité dans des modèles de pathologie du développement neuronal, quand elle est donnée à des femelles gestantes ou allaitantes. Cependant, nous ne savons pas encore si la molécule agit directement sur l’embryon/le souriceau, ou a un effet bénéfique chez la mère qui bénéficie indirectement à l’embryon. D’autre part, nous ne savons pas quand la molécule doit être administrée pour agir au mieux. Pour répondre à ces questions, il est nécessaire de conduire une étude dite de pharmacocinétique qui permettra de connaitre la vitesse d’absorption, de transformation et d’élimination de cette molécule, ainsi que sa distribution dans les différents tissus et notamment le passage chez l’embryon ou dans le lait. A notre connaissance ces données ne figurent pas dans la littérature
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettra de mieux comprendre le mécanisme d’action de la molécule d’intérêt et d’affiner ses conditions d’utilisation dans des études de neurodéveloppement. Cela permettra de confirmer l’intérêt thérapeutique potentiel de cette molécule pour des maladies du neurodéveloppement, ainsi que de déterminer avec plus de précision les doses et voies d’administration. Ces données renseigneront les futures études sur cette molécule avant une éventuelle proposition d’application à l’homme.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Administration de la molécule d’intérêt, sous anesthésie par voie intraveineuse (1 seule fois), ou sur animaux vigiles (sans anesthésie) par voie orale (1 seule fois). Une partie des animaux subira des anesthésies répétées (5 anesthésies sur 24 heures) pour de l’imagerie. Les animaux seront placés en hébergement individuel après administration de la molécule d’intérêt, pour un maximum de 24 heures. Les animaux seront mis à mort en fin de procédure, selon une cinétique après l’administration de la molécule d’intérêt et au plus tard 24 heures après le début de la procédure.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux ne suburont pas d’effet secondaire lié à l’injection de la molécule. Un risque de réaction allergique ou de fausse route est en théorie possible suite à l’injection bien que jamais constaté en pratique. L’anesthésie répétée chez certains animaux peut engendrer un stress lié aux manipulations répétées et un changement du comportement (prostration, perte d’appétit). L’isolement de moins de 24 heures, nécessaire chez certains animaux, peut entraîner un stress.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort pour des prélèvements d’organe permettant le dosage de la molécule d’intérêt
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
La preuve de l’efficacité de la molécule d’intérêt a été obtenue dans un premier temps in vitro. L’analyse de la distribution d’une molécule implique tout l’organisme (absorption intestinale, distribution sanguine, captage par les différents organes) et doit nécessairement être réalisée in vivo. Dans la mesure du possible les paramètres de l’expérience sont basés sur l’analyse de la littérature et notamment de la cinétique d’élimination de molécules similaires.
2. Réduction
L’étude sera conduite sur des groupes d’animaux réduits au minimum de façon à obtenir une information biologique pertinente. Des mesures de la répartition de la molécule dans les différents organes seront réalisées sur des lots de trois animaux, qui est le minimum permettant de faire une analyse statistique. En parallèle, un suivi longitudinal qui n’entraînera pas d’analyse statistique, sera réalisé sur deux animaux par condition pour confirmer que les résultats sont reproductibles.
3. Raffinement
Les animaux auront un temps d’acclimatation de 7 jours avant l’étude pour limiter le stress lié au nouvel environnement. Pour chaque groupe d’animaux, deux semaines sépareront les groupes expérimentaux, permettant d’analyser rapidement les résultats et d’adapter les paramètres de l’expérience d’un groupe à l’autre. Des points limite, adaptés et prédictifs, ont été définis pour limiter les souffrances que pourraient subir les animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Notre étude précédente démontrant l’efficacité de la molécule d’intérêt sur des modèles de troubles autistiques a été réalisée chez la souris. Conduire l’étude de la biodistribution de la molécule d’intérêt chez la souris permettra d’éclairer les mécanismes qui ont abouti à ce résultat positif lors de la première étude, et de guider des études ultérieures en raffinant les doses employées ou le moment auquel le traitement doit être administré. Procédure 1 : animaux adultes. Dans cette procédure l’objectif est d’obtenir des paramètres de base avant d’étudier l’effet de la molécule d’intérêt chez des femelles reproductrices (procédure 2). Procédure 2 : animaux adultes (femelles gestantes et allaitantes) et embryons de 15j (E15)/souriceaux de 5 jours (P5). Ces stades correspondent à des étapes clés du développement cortical.