
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 20/03/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-502297)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif principal est de comprendre comment les cellules du cerveau communiquent lorsqu’une mémoire se forme ou lorsqu’un comportement se produit, que ce soit dans des situations normales ou lors de maladies. Pour cela, le projet prévoit de créer un microscope couplé à une fibre optique (un fibroscope) permettant de suivre la souris pendant un comportement de façon peu invasive. Ce dispositif permettra d’observer directement, chez un animal vivant, l’activité de groupes de neurones pendant un apprentissage (mémorisation).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Cette étude permettra de comprendre, à moyen terme, le déroulé des évenements conduisant à l’adaptation de la communication entre deux neurones (la plasticité synaptique). Cette plasticité, impliquant des réseaux de neurones, est nécessaire à l’adaptation à l’environnement via des processus d’apprentissage et de mémorisation. Ainsi, une meilleure compréhension de ces phénomènes, répond parfaitement aux contraintes liées au fonctionnement cérébral. Les résultats de ce projet seront accessibles via des publications. Sur le long terme, ce projet permettra de mieux comprendre le phénomène d’apprentissage et de mieux connaitre les potentielles cibles thérapeutiques en cas de maladies.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à des chirurgies comme des injections à l’intérieur du cerveau (environ 45 minutes) et la fixation d’un implant (environ 1h30) ainsi qu’une légère restriction alimentaire permettant de motiver la souris lors des tâches comportementales de navigation spatiale (environ 1-2h).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les manipulations par les expérimentateurs et les expériences de navigation spatiale peuvent induire un stress chez la souris. La chirurgie peut également induire des douleurs secondaire. Enfin, la restriction alimentaire engendrera une perte de masse qui peut etre excessive ou associée à des signes de souffrance.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Afin d’observer la signalisation dans chaque cellule, nous devons récupérer en fin d’expérience les tissus. Nous devons pour cela procéder a euthanasie de l’ensemble des animaux du projet afin d’obtenir un maximum d’information de l’animal.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Pour bien étudier la plasticité neuronale (c’est-à-dire la façon dont les connexions entre neurones changent), il faut absolument observer cela chez un animal vivant, car les résultats varient beaucoup selon les conditions de l’expérience. En particulier, une tâche de navigation dans l’espace (comme faire parcourir un labyrinthe à un animal) est nécessaire, et elle ne peut être réalisée que sur un animal vivant. Elle renforce les connexions dans l’hippocampe, une partie du cerveau impliquée dans la mémoire spatiale. Cela fournit des données précises et réalistes. Ces données sont ensuite utilisées pour nourrir un modèle mathématique prédictif. Ce modèle permet de prévoir ce qui pourrait se passer et ainsi guider les futures expériences pour les rendre plus efficaces.
2. Réduction
Afin de réduire le nombre d’animaux utilisés, la mise au point des biosenseurs sera intégralement réalisée in vitro. De plus, l’étude histologique post-mortem, réalisée sur les animaux utilisés pour les tâches de comportement, permet d’acquérir le plus d’information possible en utilisant le moins d’animaux possible. Le modèle de prédiction théorique alimenté par les données vise également à réduire l’utilisation des animaux dans les futurs projets. Les souris utilisées pour la mise en place et l’optimisation de notre technique est associé à un maximum de 80 animaux. Ce nombre sera réduit autant que possible. Chaque fois que cela sera possible, cette mise au point sera effectuée chez des animaux déjà présents dans l’animalerie pour d’autres projets.
3. Raffinement
L’état de santé des animaux sera quotidiennement suivi et l’administration d’analgésique sera systématique en cas de signe de douleur. Le stress des souris sera réduit par l’habituation de ces dernières à l’expérimentateur et à l’environnement ainsi que des enrichissements de cages, avec a minima du matériel de nidification (igloo et coton). Les manipulations de souris sont faites dans une pièce différente, hors de vision des souris en stabulation d’hébergement.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est le modèle idéal pour ce type d’étude car il s’agit d’un mammifère, ayant donc des mécanismes cérébraux généralisables dans une grande mesure à l’homme, chez qui l’expression de biosenseurs est bien caractérisée. Nous utiliserons des animaux adultes, afin de découpler la plasticité induite par le comportement de celle inhérente au neurodéveloppement.