
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-04-04 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-502838)
Quatre jours de contention à blanc dans une cage chauffée à 37 °C, une nuit de quinze heures sans nourriture, une injection de traceur radioactif dans l’abdomen, trente minutes d’imagerie sous anesthésie, puis le même enchaînement une seconde fois après douze jours de traitement dans l’eau de boisson. 40 souris mâles vont être utilisées ainsi, dans des procédures déclarées d’un niveau de souffrance léger. Elles portent l’inactivation d’un gène du chromosome X associé à l’autisme et à la déficience intellectuelle, et le porteur cherche à objectiver par imagerie l’effet de l’arbaclofène sur leur métabolisme cérébral. Toutes sont tuées à l’issue du projet et leurs cerveaux prélevés.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les troubles du spectre de l’autisme (TSA) font partie des troubles du neurodéveloppement qui sont la conséquence d’un développement cérébral atypique sous l’influence de facteurs génétiques et environnementaux. Ces troubles se manifestent tôt dans la vie de l’enfant et ont des conséquences sévères sur leur intégration sociale et scolaire. Des études montrent qu’une grande contribution dans ce développement cérébral atypique serait d’ordre génétique. Plus de 800 gènes ont été associés aux troubles du spectre de l’autisme (TSA), dont notamment des gènes localisés sur le chromosome X. L’objectif général de ce projet est de mieux comprendre le rôle de mutations génétiques retrouvées dans un gène qui contribue à la physiopathologie de la déficience intellectuelle et des troubles du spectre de l’autisme (TSA). L’objectif de cette saisine est de comparer l’activité métabolique cérébrale et la connectivité cérébrale par imagerie, d’un modèle murin. De plus, nous évaluerons l’effet d’un traitement pharmacologique dans ce modèle animal par imagerie.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet va apporter des informations sur les conséquences de l’inactivation d’un gène spécifique de la physiopathologie des TSA et de la déficience intellectuelle. De plus, ce projet a pour but d’objectiver les effets d’un traitement pharmacologique sur l’activité métabolique cérébrale dans ce contexte.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Habituation des souris : mimer injection Intra-péritonéale (IP) 30 secondes et mettre l’animal dans sa cage et poser dans une cage étuve à 37°C pendant 20 min durant 4 jours avant chaque imagerie – Les animaux auront deux mises à jeun durant le projet, la veille de chaque imagerie (jeûne de 15 heures maximum). L’animal recevra 2 injections de radiotraceur en IP durant le projet : durée 30 secondes chaque injection – souris dans cage étuve : 2 fois 45 min d’habituation durant le projet – Imagerie : 2 fois 30min – traitement pharmacologique dans l’eau de boisson pendant 12 jours.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La contention/ manipulation de l’animal, la mise à jeun et le déplacement de l’animal dans une autre pièce de manipulation peuvent engendrer un stress. L’injection intrapéritonéale peut engendrer une lègère douleur au site d’injection.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront euthanasiés à l’issue du projet et les cerveaux seront prélevés pour des analyses immunohistochimiques.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le modèle utilisé dans cette étude présente des anomalies comportementales similaires à celles observées chez des patients atteints de TSA et nous souhaitons tester in vivo l’impact du traitement proposé, pour cela il est nécessaire que nous travaillions dans un contexte moléculaire et physiologique que l’on retrouve seulement chez l’animal intègre.
2. Réduction
Afin de réduire au maximum le nombre d’animaux, les animaux seront imagés plusieurs fois. A partir des images acquises avec le radiotraceur, nous réaliserons des analyses statistiques appropriées pour ce projet afin de comparer les 2 groupes d’animaux. Le nombre d’animaux dans ce projet est dicté par des études antérieures menées au sein de notre laboratoire qui ont montré qu’un effectif de n=20 par groupe est nécessaire. Nous utiliserons 40 animaux sur 3 ans pour répondre à notre objectif.
3. Raffinement
Les animaux seront hébergés en groupe avec présence d’enrichissement (bâton à ronger, papier absorbant, maison ou tube en plastique). Les animaux seront observés une à deux fois par jour. Toutes les stratégies d’analgésie, d’anesthésie et de soin seront mises en œuvre pour réduire au maximum tout inconfort qui pourrait être induit par les procédures. Pendant le prototocole, si nous constatons des conflits dans les cages, nous procèderons à une séparation des individus. En cas de blessures, nous appliquerons de la Vétédine savon et solution sur la plaie jusqu’à la cicatrisation complète. Pendant le projet, le point d’injection, les expressions faciales, la posture de l’animal, la réactivité de l’animal à des stimuli externes (bruit…) seront monitorés chaque jour. Une perte de poids de plus de 15%, une réactivité anormale à des stimuli externes (bruits), une posture et des expressions associées à une souffrance de l’animal impliqueront sa mise à mort. Pendant 4 jours avant l’imagerie, pour minimiser leurs stress, une habituation des animaux sera réalisée. Cette période d’habituation consiste pendant les 4 jours précédents l’imagerie à prendre l’animal en contention pour mimer l’injection du traceur en intra-péritonéale et à le placer dans une cage, elle-même déposée dans une cage étuve maintenue à 37°C pour une durée de 20 min, puis replacer l’animal dans sa cage. Le jour de l’imagerie, l’induction d’anesthésie sera réalisée en gazeux à 3% et pendant les imageries les animaux seront maintenus à 1,8-2%. Une protection oculaire sera appliquée. L’animal sera maintenu durant toutes les expérimentations d’imagerie sur tapis chauffant, le rythme respiratoire et la température corporelle seront surveillés. Dès son réveil, l’animal sera remis dans sa cage d’hébergement.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les modèles murins sont des modèles d’expérimentation animale de choix pour l’étude du système nerveux en conditions normale et pathologique, la souris partage environ 99% de ses gènes avec l’homme. Le modèle utilisé dans cette étude présente des anomalies comportementales similaires à celles observées chez des patients atteints de TSA. Nous utiliserons des souris mâles adultes afin d’avoir une taille de cerveau compatible avec la technique d’imagerie utilisée dans ce protocole.