
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 23/01/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-504508)
Toutes tuées pour prélever leurs tissus, 2 068 souris vont être utilisées dans des procédures d’un niveau de souffrance modéré à sévère, 1 244 relevant du niveau sévère. Le porteur décrit un modèle de défaite sociale qui les isole puis les soumet dix jours durant à des agressions physiques répétées, avec une douleur physique brève, une détresse psychique et un stress qui persiste trois à quatre semaines. Six tests comportementaux de dix minutes suivent, dont une suspension par la queue, et une partie des souris reçoit quatorze jours d’injections intrapéritonéales. Sur le remplacement, il affirme qu’aucune méthode in vitro ne convient, l’étude reposant sur l’observation d’un animal « exprimant toute la variété de son répertoire comportemental ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les troubles dépressifs sont une cause majeure d’invalidité dans le monde. Cependant, les médicaments antidépresseurs ne fonctionnent pas bien pour un grand nombre de patients, environ 65 %. Il est donc très important de trouver de nouvelles cibles pour créer des médicaments qui puissent mieux aider les personnes souffrant de dépression. Parmi ces nouvelles cibles, nous avons identifié une cible qui semble prometteuse. Elle a la capacité de calmer l’activité de certains neurones qui sont trop actifs dans la dépression. Les objectifs de notre projet sont simples : comprendre comment ce récepteur est lié à la dépression causée par des expériences sociales difficiles, et étudier comment fonctionne la balance chimique dans le cerveau lorsqu’une personne est déprimée.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La prise en charge des patients atteints de troubles dépressifs demande la création de stratégies thérapeutiques novatrices. Le projet que nous proposons aura pour but : (1) d’améliorer notre compréhension des mécanismes neurologiques des troubles dépressifs à travers un modèle préclinique de la maladie, (2) d’étudier le rôle d’un récepteur du cerveau dans le développement des troubles dépressifs, et (3) de proposer de nouvelles solutions thérapeutiques pour soulager ces troubles.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Des animaux seront isolés et exposés au stress de la défaite sociale pendant 10 jours. Les réponses comportementales des animaux seront évaluées dans six tests, chaque test d’une durée de 10 minutes. Des animaux seront soumis à un traitement pharmacologique par injection intrapéritonéale pendant 14 jours. L’injection nécessite une contention légère de la souris et ne dure que quelques secondes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le modèle de défaite sociale, qui repose sur des agressions physiques répétées, provoquera une douleur physique de très courte durée, sauf en cas de blessure, qui sera gérée par les expérimentateurs. Il engendrera également une détresse psychique et un état de stress aigu pendant la procédure, devenant persistant après les répétitions (l’impact comportemental observé dans la littérature persiste jusqu’à 3-4 semaines). Ce contexte entraîne des phénotypes anxio-dépressifs chez les souris exposées au modèle. Certains animaux des procédures expérimentales seront soumis à des injections chroniques (pendant 14 jours) de composés par voie intrapéritonéale. Lors des tests de la suspension codale, certains animaux pourraient ressentir une légère douleur due au poids de la souris sur la queue. De plus, certains animaux seront hébergés de manière isolée.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront mis a mort dans le but de prélever des tissus pour des expériences ex-vivo
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Aucune méthode alternative in vitro n’est actuellement disponible pour répondre à la problématique posée. Le stress chez l’animal, en tant que modèle de pathologie psychiatrique humaine, repose sur l’observation du comportement de l’animal exprimant toute la variété de son répertoire comportemental.
2. Réduction
Nous utilisons des outils statistiques adéquats pour calculer précisément le nombre d’animaux nécessaire pour réaliser les expériences.
3. Raffinement
Nous prendrons en charge l’ensemble des contraintes que subissent les animaux au cours des expériences. Concernant l’hébergement, nous mettrons à disposition des animaux le matériel nécessaire pour faire un nid (ouate et cabane en carton) et en manipulant quotidiennement les animaux par le même expérimentateur. Comme la dépression est une pathologie qui touche aussi bien les hommes que les femmes, nous utiliserons des animaux des deux sexes. Pendant les expériences, nous suivrons quotidiennement le bien-être de nos animaux, en particulier leur poids, leur posture et leur point d’injection. Nous mettrons en place des points limites adaptés afin d’éviter de faire souffrir inutilement les animaux. Nous testerons chaque animal dans différentes tâches comportementales et nous utiliserons les tests statistiques adéquats pour analyser nos résultats.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris sont des animaux modèle, pour étudier la dépression. Par ailleurs, le répertoire comportemental de ces animaux est suffisamment étendu pour compléter cette étude par une évaluation de nombreuses autres réponses comportementales connues pour être affectées par la pathologie dépressive. Les déficits comportementaux détectés chez les souris sont suffisamment importants et robustes pour tester la validité de l’aspect du modèle et, le cas échéant, permettre de révéler des effets bénéfiques potentiels de composés pharmacologiques. Les animaux seront utilisés à l’âge adulte (8-12 semaines), alors que le répertoire comportemental est totalement développé et les déficits comportementaux sont fixés